Ligue 1 : à Nice, de l’ambition mais pas de folie

Le club appartenant au milliardaire anglais Jim Ratcliffe, opposé ce dimanche au PSG, aspire à grandir et compte viser le très haut niveau à terme.

 La manne financière du milliardaire Jim Ratcliffe (ici en 2019) a permis au Gym des coups sur le marché des transferts.
La manne financière du milliardaire Jim Ratcliffe (ici en 2019) a permis au Gym des coups sur le marché des transferts. EPA/Sébastien Nogier

Racheté il y a un an par le milliardaire anglais Jim Ratcliffe, l'OGC Nice aspire à se rapprocher des grosses écuries même s'il n'a pas vocation à faire le match avec le PSG. Revue de détails.

Le fantasme INEOS

C'est une idée reçue que combattent les dirigeants niçois depuis le rachat du club par le groupe INEOS, propriété de Jim Ratcliffe, l'une des plus grosses fortunes du Royaume-Uni. « Ils ne sont pas là pour signer des chèques, mais créer quelque chose de pérenne, précise Julien Fournier, le directeur du football. Acheter des joueurs à cinquante millions d'euros, ce n'est pas du tout le projet. Je me bats contre le fantasme INEOS. »

Depuis l'été dernier, la manne financière de l'actionnaire britannique a néanmoins permis à Nice de faire quelques jolis coups sur le marché des transferts. À commencer par Kasper Dolberg, acheté 20 millions d'euros et auteur de onze buts la saison dernière. Avec un doublé à Strasbourg qui a permis à son équipe de l'emporter, le Danois de 22 ans est reparti sur les mêmes bases. Testé positif au Covid, il manquera le match de dimanche. « L'idée, c'est de devenir une équipe qui joue régulièrement l'Europe, avance Jean-Pierre Rivère, le président du club qualifié pour la Ligue Europa cette saison. On veut se rapprocher des équipes comme Lyon, Monaco et Marseille. Paris, c'est un autre monde. »

Vieira, enfin serein

Arrivé à l'été 2018, Patrick Vieira entame sa troisième saison sur le banc niçois. Les deux premières ont été animées, compte tenu de la longueur des négociations lors de la vente du club. Il a également dû composer avec les écarts de certains de ses joueurs, dont des cadres. En privé, l'ancien international français assure qu'il n'y aura plus jamais de passe-droit. « On a été obsédé par la mentalité des recrues », confirme Fournier.

Revenu aux affaires, le duo Rivère-Fournier lui fait une totale confiance, malgré un jeu qui n'a pas toujours emballé les habitués de l'Allianz Riviera. « On peut toujours faire mieux, concède Fournier. Mais au moment de l'arrêt du championnat, on commençait à voir de bonnes choses. Pour la première fois, Patrick aborde une saison normale. » « On structure le club à tous les niveaux pour se préparer au très haut niveau », annonce Rivère.

Un recrutement express

Sur le mercato, le Gym a pris de l'avance. Avec huit nouvelles têtes, Nice est le club le plus actif sur le marché des transferts mais il n'a pas fait de folies. « De grands noms ? Ce n'est pas possible car le club n'est pas encore crédible aux yeux des grands joueurs, considère Fournier. On n'existe pas à l'échelle internationale. » Malgré ce déficit d'image, les dirigeants niçois sont parvenus à convaincre Morgan Schneiderlin de les rejoindre. Le milieu international de 30 ans, qui n'a pas renoncé aux Bleus, a encore de grandes ambitions et a déjà endossé le rôle de cadre au sein du groupe.

Acheté 7 millions d'euros à Lyon, Amine Gouiri, 20 ans, a impressionné Vieira durant la préparation. Son doublé magnifique contre Lens, en ouverture du championnat, a marqué les esprits. Les supporters niçois sont déjà sous le charme. L'attaquant international Espoirs, dont le modèle est Karim Benzema, semble promis à un bel avenir.