«Les joueurs ont besoin de Jump» : l’OM en deuil après la mort d’Eddie Van Halen

«Jump», le tube du guitariste disparu ce mardi, accompagne l’entrée des Marseillais au Stade Vélodrome depuis 1986. Des amoureux du club nous racontent l’importance de ce titre.

 C’est Bernard Tapie qui a imposé « Jump » à l’entrée des joueurs au Vélodrome. Certains de ses successeurs ont voulu changer de chanson, en vain.
C’est Bernard Tapie qui a imposé « Jump » à l’entrée des joueurs au Vélodrome. Certains de ses successeurs ont voulu changer de chanson, en vain. LP/ Frédéric Dugit

Il a suffi qu'il entende quelques notes de « Jump » à la radio, ce mercredi, pour qu'Alain Giresse se retrouve propulsé sur la pelouse du Stade Vélodrome. « Je me suis demandé si l'OM jouait le matin », sourit l'ancien milieu de terrain marseillais. Depuis 1986, le tube de Van Halen est l'hymne d'entrée des joueurs de la cité phocéenne. Alain Giresse a donc été ému en apprenant la mort du guitariste Eddie Van Halen, décédé ce mardi à l'âge de 65 ans. L'OM a rendu hommage au fondateur du groupe Van Halen sur Twitter et réfléchit à une commémoration lors du prochain match, le 17 octobre.

« Les joueurs ont besoin de Jump, je dirais presque que ça les galvanise », raconte Alain Giresse. Il venait de signer à l'OM, en 1986, quand Bernard Tapie a instauré cette musique d'entrée devenue un tube dès sa sortie en 1984 : « Tout le monde a adhéré tout de suite. Ça déclenche l'enthousiasme des supporteurs. Et nous, sur la pelouse, on sent un élan qui nous mène jusqu'au milieu du terrain. Ça donne un peu d'excitation, un dernier élément de motivation ! »

Marco (le prénom a été modifié), un des fondateurs du Commando Ultra 84, a eu un « pincement au cœur » en apprenant la disparition du musicien « C'est assez fou que ça me fasse cet effet, s'émeut ce supporteur. Il était complètement étranger à l'OM, pourtant, on a l'impression qu'il faisait partie de la famille. »

Pour cet Ultra, les trois accords de synthé provoquent presque un « réflexe pavlovien » et font ressurgir « tout un univers de sensations, de sons, de couleurs ». Depuis 34 ans, « Jump » sert de top départ aux supporters pour coordonner leurs animations : craquage de fumigènes, dévoilement des tifos ou des voiles qui recouvrent les virages du Vélodrome.

Les moments avant et après les rencontres ont été révolutionnés par Bernard Tapie et ses équipes. Quand l'homme d'affaires a repris l'OM, au printemps 1986, « il a voulu faire des matchs un vrai spectacle, une vraie fête, au-delà de l'aspect purement sportif », se souvient Alain Giresse.

« Bernard Tapie venait de faire venir des grands joueurs, comme Jean-François Domergue, Alain Giresse ou Jean-Pierre Papin, ajoute Thierry, fidèle du Vélodrome. Et en plus, il ajoutait un écran géant, un grand spectacle autour du match, un feu d'artifice à la fin, une projection laser sur la pelouse… »

« C'était une première en France. Tout ce qui s'est fait ensuite en termes d'animations, c'est grâce à nous », assure le speaker de l'OM, André Fournel. Il se souvient des réflexions autour du choix du morceau : « Jump passait beaucoup en radio à ce moment-là. Il y avait aussi The Final Countdown d'Europe, un morceau de Phil Collins… Mais Jump s'est imposé de lui-même ! » L'hymne est un talisman pour les Marseillais. « Les dirigeants qui ont succédé à Bernard Tapie ont essayé de le supprimer, relate André Fournel. Mais vu qu'on n'a pas gagné un seul match pendant cette période, ils l'ont tout de suite remis ! »