Le jour où Jacques Santini a battu Maradona avec Toulouse

En 1986, le Toulouse FC avait éliminé le Naples de Maradona en Coupe de l’UEFA grâce à un plan tactique pour neutraliser l’Argentin.

 Jacques Santini, coach du Toulouse Football Club en 1986, avait alors imaginé un «plan anti-Maradona», avec Benoît Tihy au marquage de l’Argentin.
Jacques Santini, coach du Toulouse Football Club en 1986, avait alors imaginé un «plan anti-Maradona», avec Benoît Tihy au marquage de l’Argentin. LP

Le 1er octobre 1986, les Toulousains, dirigés par Jacques Santini, le futur sélectionneur des Bleus, réussissent l'exploit de sortir, en 16es de finale de la Coupe de l'UEFA, le Naples de Diego Maradona, tout juste auréolé de son titre de champion du monde avec l'Argentine. Battu 1-0 à San Paolo, Toulouse s'impose sur le même score au Stadium et passe aux tirs au but. Ce jour-là, c'est un choix tactique osé de Santini qui a eu raison de l'idole argentine.

Trente-quatre ans après, vous souvenez-vous de ce match ?

JACQUES SANTINI. Complètement. C'est d'ailleurs immédiatement à ça que j'ai pensé quand j'ai appris son décès. C'est un match qui m'a marqué. En face, c'était le grand Naples qui allait devenir champion d'Italie quelques mois plus tard.

Comment avez-vous procédé ?

J'avais préparé un plan anti-Maradona qui a fonctionné. Quelques jours plus tôt, j'avais assisté à un match des Napolitains en Coupe d'Italie et, là, j'ai su ce que j'allais faire.

C'est-à-dire ?

Au marquage, tout le monde a cru que c'était le regretté Patrice Lestage qui allait se charger de Maradona. Et j'ai décidé que ce serait mon arrière gauche, Benoît Tihy. Il avait le même gabarit et la même taille que Maradona. Donc, au niveau du centre de gravité, il pouvait répondre. Et j'ai décalé Jean-Philippe Durand sur le côté gauche. Benoît a fait un très grand match mais il fallait que les autres soient au niveau et ils ont été formidables. De mon capitaine, Philippe Bergeroo, à Beto Marcico. Juste avant les tirs au but, j'ai aussi fait entrer Jean-Jacques Marx, très à l'aise dans cet exercice.

Vous souvenez-vous des tirs au but ?

Parfaitement. Il y a 4-3 pour nous et Maradona s'apprête à tirer. J'étais tellement sûr qu'il allait marquer que je cherchais mon sixième tireur. Je me retourne et je vois Bergeroo stopper sa frappe. Cela reste un des grands souvenirs de ma carrière.