Incidents à Marseille : le clasico OM-PSG de dimanche sous la menace

Après les graves événements de ce samedi au centre d’entraînements de l’équipe marseillaise, le clasico de dimanche prochain contre le PSG tombe mal. Si la tenue du match n’est pas encore en danger, les forces de l’ordre promettent une sécurité maximale.

 Une humiliation contre le rival parisien au Vélodrome pourrait jeter une nouvelle étincelle sur la poudrière marseillaise.
Une humiliation contre le rival parisien au Vélodrome pourrait jeter une nouvelle étincelle sur la poudrière marseillaise. AFP/Nicolas Tucat

La grosse cylindrée de Dimitri Payet a quitté la Commanderie sous une volée d'insultes, ce dimanche midi. « Il n'a pas intérêt à se louper contre Paris », commente un supporter. De nombreux curieux sont passés devant le centre d'entraînement, ce dimanche après-midi, pour faire une photo des cyprès calcinés ou du PC sécurité saccagé. La barrière, qui fait habituellement du centre Robert-Louis-Dreyfus une citadelle, a cédé en plusieurs endroits. Derrière une des brèches, un stadier soupire : « C'est ici que les plus violents sont rentrés. » Derrière lui, le bâtiment sportif dans lequel les joueurs faisaient leur mise au vert. C'est à cet endroit-là qu'Alvaro Gonzalez a été touché par un projectile.

Deux employés de l'OM ont été blessés, confirme le club, qui insiste surtout sur les dégâts matériels : les vitres explosées par des projectiles, les vols dans le bâtiment, les voitures et le car de l'équipe endommagés. Jacques-Henri Eyraud a évoqué sur France Info une « expédition punitive. » Le propriétaire de l'OM Frank McCourt a lui évoqué des « forces obscures », allant jusqu'à comparer l'intrusion de samedi à l'envahissement du Capitole par des partisans de Donald Trump.

Il renouvelle sa confiance à Jacques-Henri Eyraud, particulièrement ciblé par les supporters. « Ils ne se reconnaissent pas dans sa façon de diriger le club et ils avaient envie de le dire, à la marseillaise », confie une source proche des Ultras. JHE compte leur répondre par le droit et par le dialogue. L'OM a déposé plusieurs plaintes. Ce dimanche soir, 14 supporters sont toujours en garde à vue.

«On a atteint un niveau maximum dans la contestation»

A une semaine de la réception du PSG, les autorités ont aussi tenu un discours offensif. Les policiers seront « ultra-vigilants » dit-on en coulisses. Le dispositif autour du stade et à la Commanderie devrait être renforcé : samedi, les 30 agents qui montaient la garde au centre d'entraînement ont été rapidement débordés. « Le Clasico va être chaud bouillant », annonce un stadier. Agacés par les déclarations de Jacques-Henri Eyraud, qui se dit soutenu par une « majorité silencieuse », certains ultras appellent déjà à un nouveau rassemblement. « Tout le monde devant le stade, on verra s'il est soutenu par la majorité », lance un fan.

Passera-t-il de la parole aux actes, alors que les rassemblements sont bien sûr interdits en raison du couvre-feu ? « Nous serons très vigilants, mais nous ne sommes pas inquiets », glisse-t-on à la mairie des 6e et 8e arrondissements. « Je pense qu'on a atteint un niveau maximum dans la contestation, opine un très bon connaisseur des supporters marseillais. Tout dépendra du match à Lens (NDLR : ce mercredi), mais je ne pense pas que des violences se produisent avec la réception de Paris. » En revanche, une humiliation contre le rival parisien pourrait, selon cet expert, jeter une nouvelle étincelle sur la poudrière marseillaise.

La préfète de police compte prononcer de longues interdictions de stade et brandit même la menace des dissolutions de groupes de supporters. « Je suis très sceptique, commente l'avocat de l'Association nationale des supporters, Pierre Barthélemy. La dissolution d'un groupe est une compétence du ministère de l'Intérieur et la procédure est très longue. »