Incidents à la Commanderie : l’OM met ses supporters en demeure

Les six groupes de supporters officiels ont reçu, ce lundi, un courrier de mise en demeure dans lequel le club phocéen leur indique qu’il ne « tolérera plus aucune violence ».

 L’OM a indiqué ce lundi aux supporters vouloir lancer une « concertation », qui vise à ce que « direction et supporters s’unissent dans la définition du supportérisme ».
L’OM a indiqué ce lundi aux supporters vouloir lancer une « concertation », qui vise à ce que « direction et supporters s’unissent dans la définition du supportérisme ». LP/Frédéric Dugit
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« C'est une déclaration de guerre. » Plusieurs supporters marseillais ont employé cette expression en découvrant le projet « d'Agora » conçu par Jacques-Henri Eyraud en réponse à l'envahissement de la Commanderie. Cette « concertation », qui débutera en mars, vise à ce que « direction et supporters s'unissent dans la définition du supportérisme. » Elle s'affranchit des groupes de supporters, que l'OM semble même menacer : cette Agora « permettra de se réapproprier le terme de supporter pour que celui-ci ne soit plus capté par des bandes violentes. »

Les six groupes de supporters officiels ont reçu, ce lundi, un courrier de mise en demeure dans lequel l'OM leur indique qu'il ne « tolérera plus aucune violence ». Hugues Ouvrard, le directeur général délégué phocéen, indique dans ce texte qu'il envisage de rompre la convention qui lie le club aux groupes de supporters. Il évoque un préjudice d'image et estime que les groupes n'ont pas respecté l'article qui leur impose de « limiter le débordement de leurs adhérents. » Joint par le Parisien, un porte-parole de l'OM précise : « En aucun cas, la convention n'est rompue. » Selon cette source, le club a demandé à chaque groupe de s'expliquer au sujet des incidents du 30 janvier : « Nous attendrons ces observations pour envisager ce que le club prendra comme mesure. »

La rupture de la convention est la sanction la plus sévère dans l'arsenal des mesures. Grâce à ce texte, chaque association bénéficie d'un quota d'abonnements et d'une zone dédiée au Vélodrome. Une rupture du contrat signifierait la mort des groupes de supporters — les Yankee en ont déjà fait les frais en 2018. Ce scénario, qui rappelle le plan Leproux au PSG, inquiète la mairie de Marseille. « Les supporters sont l'âme du club, a réagi le maire socialiste Benoît Payan. Leur mise en demeure par la direction est incompréhensible. »

Héritage de l'ère Tapie, à une période où le club fournissait plusieurs dizaines de milliers d'abonnements aux associations de supporters qui les revendaient à leurs membres, la question des abonnements demeure toujours un sujet très sensible à Marseille.