France-Ukraine (7-1) : des buts, de la joie et des records

Deux records ont surgi de ce France-Ukraine amical, largement dominé par les Bleus. Camavinga et Giroud ont éclairé la nuit tricolore au Stade de France.

Le beau est souvent bizarre et surgit parfois de nulle part. Il fallait donc être à France-Ukraine ou plutôt devant sa télé (à cause du Covid-19) pour soulever le couvercle et découvrir les monts et merveilles d'une équipe de France bis décidée à enjailler la soirée. Dimanche, face au Portugal, la grande cavalerie reviendra, de Lloris à Griezmann, mais on n'aura rien oublié. Car, finalement, France-Ukraine a croqué dans l'histoire, avec un duo infernal, du plus jeune au plus âgé des joueurs de champ : l'improbable doublette Eduardo Camavinga-Olivier Giroud.

Le premier, d'un retourné soyeux et lobant Bushchan, s'est propulsé plus jeune buteur de l'équipe de France de l'après-guerre, le deuxième après Maurice Gastiger, buteur à 17 ans et 5 mois, le 8 mars 1914. On ne pourra pas les réunir pour une photo et il est possible que l'image de joie éternelle du prodige rennais de 17 ans et 10 mois (18 ans le 10 novembre prochain) s'impose à jamais.

C'est la même qu'un Alain Giresse au Mondial 1982 en demi-finale contre l'Allemagne, ce genre d'explosion qui doit autant à l'amour du football qu'à celui de la sélection nationale, le tout mêlé à des ressorts intimes qui renvoient au sens qu'ils donnent à leur existence dans leur métier. Ils sont là pour inscrire leur nom dans une histoire et ça se voit. Camavinga, suivi par le Real Madrid et le PSG, donne l'impression de vouloir tout prendre dans la même logique que Kylian Mbappé, apparu en Tricolore en mars 2017.

Platini égalé puis dépassé

On se souvient de tout, des premiers buts de Zinedine Zidane lors de sa première sélection comme Marvin Martin ou Julien Faubert (1 seule sélection) mais on sait déjà de quel côté l'histoire basculera. Il ne sera peut-être ni Ballon d'Or ni entraîneur du Real un jour mais Camavinga possède ce supplément technique, cette intelligence de jeu, cette patte gauche au goût de paradis qui permettent de se forger un destin. Le sien se poursuit et on peut désormais écrire dans la même phrase les noms de Michel Platini et Olivier Giroud, ce qui n'était pas gagné quand le Savoyard a débarqué en sélection en novembre 2011. Le second dépasse le premier au nombre de buts, assurant à chaque sortie un peu plus sa place dans les 23 de l'Euro 2021 quand bien même Chelsea le cantonne aux miettes.

Il ne faut pas en vouloir aux Blues : ils entretiennent physiquement un attaquant qui marque quand il rejoint son équipe nationale, son vrai club en fait. Merci pour lui. Le soir où il fallait, l'ancien Montpelliérain a égalé l'ex-patron de l'UEFA d'un but prodigieux, enroulant son rêve dans un ballon lové en pleine lucarne. Camavinga avait lancé la soirée du grand amour par une inspiration géniale et le vieux de la bande s'est senti obligé de se hisser à la hauteur, ajoutant même un second but personnel.

Pour le reste, les Bleus ont déroulé, avec un creux au retour des vestiaires, marqué par trois changements immédiats dont la première cape de Mike Maignan et un but ukrainien. Mais le score sera vite oublié, pas ces deux records offerts en 90 minutes par des Bleus vifs.

Feuille de match

Mi-temps : 4-0.

Spectateurs : 1000.

Arbitre : M. Treimanis (Let).

Buts. France : Camavinga (9e), Giroud (24e, 34e), Mykolenko (39e, c.s.c.), Tolisso (65e), Mbappé (82e), Griezmann (88e).

Ukraine : Tsygankov (52e).

Avertissements. Ukraine : Malinovskyi (43e), Kharatin (51e).

France : Mandanda (Maignan, 46e) - Pavard, Upamecano (Varane, 46e), Lenglet, Digne - Nzonzi, Camavinga (Pogba, 59e), Tolisso, Aouar (Griezmann, 59e) - Giroud (cap.) (Ben Yedder, 73e), Martial (Mbappé, 46e). Entr. : Deschamps.

Ukraine : Bushchan - Konoplia, Zabarnyi, Mykolenko, Mykhaylichenko (Sobol, 46e) - Makarenko (Shepelev, 62e), Kharatin, Shaparenko - Malinovskyi (Tsygankov, 46e), Yarmolenko (cap.) (Yaremchuk, 62e), Zubkov (Bezus, 71e). Entr. : Shevchenko.