Football : prêt garanti par l’Etat, exonération de charges... ce que la Ligue a réclamé aux ministres

Pendant plus d’une heure ce mardi, la Ligue de football professionnel (LFP) et quatre présidents de clubs ont réclamé des aides précises à trois ministres… qui réservent leurs réponses.

 Vincent Labrune, président de la LFP, et Jean-Michel Aulas, président de l’OL, ont soumis leurs doléances au gouvernement. (Illustration)
Vincent Labrune, président de la LFP, et Jean-Michel Aulas, président de l’OL, ont soumis leurs doléances au gouvernement. (Illustration) LP/Guillaume Georges

Une heure et dix minutes pour se parler, se plaindre et décider de monter un groupe de travail. La réunion de ce mardi matin par Zoom entre les acteurs du football professionnel et les pouvoirs publics n'a pas débouché sur des mesures immédiates. Mais ce n'était pas le but.

Devant leur écran, il y avait d'un côté Vincent Labrune, le patron de la Ligue de football professionnel (LFP), et les présidents de Lyon, Lorient, Montpellier et Rodez. De l'autre, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports, Roxana Maracineanu, la ministre déléguée aux Sports, et Alain Griset, ministre délégué chargé des Petites et moyennes entreprises et qui représentait Bruno Lemaire, le ministre de l'Economie.

Clairement, le football professionnel, exsangue avec la crise du Covid et le désastre des droits télé, était venu tendre sa sébile et réclamer des aides. Les quatre présidents de club ont d'abord exposé leur situation financière avant que Vincent Labrune ne prenne la parole en demandant des aides pour éviter la faillite. Les trois ministres ont alors rappelé le soutien de l'Etat en 2020, à travers des exonérations de charges et des aides pour compenser l'absence de public dans les stades.

La Ligue a alors exposé les pistes possibles, selon elle, pour aider le foot pro à court et moyen terme :

– non-remboursement du PGE (Prêt garanti par l'Etat) ou prolongation des délais de remboursement. La LFP doit rembourser cette saison 68 millions d'euros.

- augmentation du plafond d'exonération de charges (actuellement 1,8 million d'euros).

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– trouver un moyen pour compenser les non-recettes de billetterie (de janvier 2021 jusqu'au retour du public).

- exonération de la taxe Buffet (5 % des droits TV sont reversés au sport amateur). Les ministres ont alors rétorqué qu'il s'agirait là d'un mauvais signal envoyé au sport amateur. En clair, c'est non.

A plus long terme, la LFP réclame des crédits d'impôt, le plafonnement des frais de sécurité (les clubs paient utilisation de forces de police les jours de match) et la création d'une société commerciale rattachée à la Ligue. Evidemment, aucune mesure ne pouvait tomber à la fin de la réunion. Les participants à la réunion se sont mis d'accord pour constituer, d'ici à la fin de la semaine, un groupe de travail qui permettra de rendre le plus rapidement possible des arbitrages.

« Les clubs de football professionnel sont des acteurs sportifs, économiques à l'impact social majeur, a réagi Jean-Michel Blanquer dans un communiqué. Le ministère est à leurs côtés pour traverser cette crise et réfléchir à l'avenir pour ressortir plus forts. Nous sommes dans le même bateau. »

DE son coté, Roxana Maracineanu prévient« Parmi les 40 clubs qui composent la Ligue 1 et la Ligue 2, les pertes, les statuts juridiques des clubs et les difficultés de trésorerie sont très variables, nous allons donc étudier au cas par cas chaque situation et apporter des réponses concrètes et adaptées qui bénéficieront aux clubs de football mais aussi à l'ensemble du sport professionnel. »