Football : «Le projet Boudjellal, c’est de la communication…», estime le propriétaire du SC Toulon

Claude Joye, l’actionnaire majoritaire du Sporting Club de Toulon (National), n’est pas disposé à vendre ses parts à Mourad Boudjellal. Mais il n’exclut pas de travailler avec l’ancien président du RC Toulon.

 Claude Joye, président et actionnaire majoritaire du SC Toulon, et Mourad Boudjellal ont discuté à deux reprises d’une éventuelle collaboration.
Claude Joye, président et actionnaire majoritaire du SC Toulon, et Mourad Boudjellal ont discuté à deux reprises d’une éventuelle collaboration. AFP/Bertrand Langlois ; LP/Evelina Llewellyn

Mourad Boudjellal n'avait pas quitté son club de rugby (le RC Toulon vendu à Bernard Lemaître en décembre 2019) qu'il avait déjà celui de football local, le Sporting Club de Toulon en ligne de mire. Et depuis un mois, Boudjellal, 59 ans, clame haut et fort qu'il va réaliser une authentique OPA sur le « Sporting », actuel 18e et dernier de National (3e Division). En substance, il laisse entendre qu'un pool de nouveaux actionnaires ne cesse de grandir, que l'argent va couler à flots, qu'un chanteur « très, très connu » va s'impliquer et qu'un retour en Ligue 1 est envisageable dans les cinq ans…

Bref, les dirigeants actuels peuvent désormais s'effacer. A commencer par Claude Joye, 59 ans, président et actionnaire majoritaire depuis 2011. « Pour réaliser une OPA, il faut que des actions soient à vendre », ironise au téléphone le propriétaire du groupe d'expertises comptables Joye, qui avait racheté le club après sa rétrogradation de CFA en DH sur décision de la DNCG, le gendarme financier de la FFF. Vendre n'est pas mon projet. On a repris le club en Division d'Honneur en vue de ramener le Sporting au niveau professionnel, au minimum en Ligue 2. On n'a pas fait tout ça pour lâcher avant… »

«Nous ne sommes pas incompatibles, à condition que tout soit bien cadré»

Depuis 2011, sous l'ère Joye, le club est remonté de trois échelons tandis que les finances étaient maîtrisées. Des pointures sont arrivées en octobre aux postes d'entraîneur et de manager général : Victor Zvunka et Jean-Marc Ferreri.

« Le club a passé 12 ans en L1 et 32 ans en L2, pose Joye. Notre projet initial, c'est de rejoindre rapidement la L2. Pas comme cela a été fait par le passé mais de manière structurée, afin d'éviter de faire l'ascenseur. On ne veut pas faire ce qu'a fait le Gazélec Ajaccio : L1, L2, National, relégable... Nous avons commencé les travaux de structuration dès la DH : centre médical, salle de musculation, musée, équipe U19 en National. En termes de licenciés, nous sommes évidemment le premier club du Var mais le 2e de la région Paca, avec 900 licenciés, soit notre record historique. Le projet Boudjellal est plus rapide mais c'est de la communication… »

Joye sourit de l'opportunisme de ce dernier qui, selon lui, ne serait jamais passé à l'offensive sans la mauvaise passe actuelle du club varois. Il n'est pas dupe des intentions de l'ancien président du RCT mais lui manifeste de l'intérêt malgré tout. « Boudjellal le dit clairement : l'association, la formation, tout ça ne m'intéresse pas… Il est porteur d'un projet marketing avant tout : raconter une histoire, ramener les gens au stade… Nous, nous sommes davantage dans le développement durable. »

Pour autant, Joye et Boudjellal se parlent. Ils se sont vus deux fois, la dernière vendredi 21 février. « Il sait que le club n'est pas à vendre mais il peut lui être très utile, dit Joye. Il est très fort en communication et en marketing. Nous, on est costaud et rigoureux dans la gestion financière. Nous ne sommes pas incompatibles, à condition que tout soit bien cadré. Nous nous sommes fixés pour échéance début avril. A cette période, je devrai travailler pour la saison prochaine. Nous verrons alors si c'est avec ou sans lui… »