FC Nantes : Domenech-Kita, chronique d’un fiasco annoncé

Le pari de Waldemar Kita de demander à Raymond Domenech de relancer le FC Nantes a échoué avec l’éviction de l’ex-patron des Bleus après 40 jours seulement. Mais dès le départ, tout était bancal.

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 Le curieux attelage entre Waldemar Kita et Raymond Domenech n’aura pas permis au club de Nantes de se redresser.
Le curieux attelage entre Waldemar Kita et Raymond Domenech n’aura pas permis au club de Nantes de se redresser. Icon Sport/Eddy Lemaistre
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La seule surprise, c'est peut-être la date. Mais au moins, Raymond Domenech aura marqué l'histoire du FC Nantes. Evincé par Waldemar Kita après 40 jours et sept matchs, l'ex-patron des Bleus a battu malgré lui le record du mandat de coach le plus court sous l'ère Kita.

Auparavant, c'est Jean-Marc Furlan raccompagné en 2010 vers la sortie de la Jonelière après deux mois et neuf rencontres qui détenait la triste palme. Place désormais à Antoine Kombouaré, un ancien de la maison, qui va devenir le 19e coach de Waldemar Kita. La chute se poursuit pour un club qui compte donc plus de coachs cette saison (4) que de succès (3)…

Même le dernier épisode est inélégant avec un Domenech viré pendant que son équipe se faisait éliminer à domicile en Coupe de France contre Lens (2-4). Lui, à cause d'un faux contrôle positif au Covid-19, avait été mis en quarantaine. Ce sera donc la quarantaine la plus longue du monde pour un coach qui comme d'autres avant lui, n'était donc pas immunisé contre son président.

L'échec de la câlinothérapie

Mais, même sans ça, l'histoire entre Kita et Domenech ne pouvait durer. Le président voulait un pompier pour éteindre le feu et l'entraîneur avait décidé de jouer les bâtisseurs. Et ce n'est pas avec une truelle qu'on calme l'impatience de Kita. C'est juste avant Noël que celui-ci avait choisi Domenech. Comme un achat impulsif à déposer au pied du sapin et basé sur l'instinct.

En chef d'entreprise, Kita a opté pour l'ancien sélectionneur de l'équipe de France. Un fluide, une assurance dans les yeux de ce dernier ont suffi pour tenter le pari. C'était oublier que l'ex-Lyonnais, 69 ans, n'avait plus dirigé un club depuis 28 ans et que son expérience de sélectionneur ne sert à rien. « Avant, quand Raymond n'était pas content d'un joueur, il en sélectionnait un autre. Là, il va être obligé de faire avec ce qu'il a sous la main, s'inquiétait un de ses proches. Ce n'est pas le même job. »

Les premiers jours ont pourtant été heureux. Domenech était sincère en narrant son plaisir de retrouver « l'odeur des pelouses. » Mais tout à son envie de revenir, il n'a pas mesuré à quel point il arrivait au chevet d'un moribond qui restait sur huit matchs sans victoire et dont le courant ne passait plus avec son prédécesseur Christian Gourcuff. Domenech a pris le contre-pied des méthodes du taiseux breton. Il a renoué le contact avec le reste des formateurs nantais, fâchés avec Gourcuff et tenté, en vain, la câlinothérapie et les petites blagues avec des joueurs dont la majorité avait tapé son nom sur Wikipédia pour connaître son pedigree à l'exception du fiasco de Knysna…

Sous l'ère Domenech, Nantes est devenu barragiste

Le calendrier ne l'a pas non plus aidé. Un derby breton glacé face à Rennes (0-0) pour commencer puis un autre nul un peu plus solide à Montpellier (1-1) ont instillé chez Domenech la certitude que c'est par le jeu bétonné qu'il allait s'en sortir. « Je veux qu'on soit chiant à jouer », avait-il lancé. Son équipe est surtout devenue affreuse à regarder.

Et le calendrier ne l'a pas aidé avec les réceptions de Monaco et Lille. Nantes n'a plus gagné et Kita s'est agacé. Le meneur d'hommes qu'il croyait avoir déniché s'empêtrait comme les autres avec son effectif brinquebalant. Ses changements de schéma tactique (4-4-2 puis 4-1-4-1) ou d'attaquant de pointe étaient inopérants. En sept matchs, Nantes n'a vraiment été bon qu'une seule fois, à Saint-Etienne mais sans réussir à gagner (1-1).

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Et Domenech a refusé, en fin de mercato, de faire venir deux joueurs (Stiven Mendoza d'Amiens et Adam Ounas de Crotone) proposés par Kita. Avec ce dernier, il faut des victoires pour faire passer des refus. Le dernier revers Lille (0-2) n'était pas le problème. Le souci, c'est qu'il a installé Nantes à la place de barragiste pendant que Saint-Etienne et Lorient gagnaient. Paniqué, Kita s'est rendu à l'évidence que son pari insensé ne pouvait plus durer. Et après 40 jours, Domenech a repris sa traversée du désert.