Equipe de France : «Upamecano est capable de faire beaucoup mieux», estime Didier Deschamps

Le sélectionneur des Bleus a convoqué, ce jeudi, 24 joueurs pour les trois matchs du mois d’octobre face à l’Ukraine, le Portugal et la Croatie. Il a notamment rappelé le jeune défenseur central de Leipzig.

 Didier Deschamps a tenu à maintenir sa confiance à Dayot Upamecano, malgré des débuts délicats sous le maillot des Bleus en septembre.
Didier Deschamps a tenu à maintenir sa confiance à Dayot Upamecano, malgré des débuts délicats sous le maillot des Bleus en septembre. AFP/Bertrand Guay

Dans la foulée de l'annonce de sa liste de 24 joueurs appelés à disputer 3 matchs avec l'équipe de France - l'Ukraine (7 octobre), le Portugal (11 octobre) et la Croatie (14 octobre), Didier Deschamps a loué les qualités d'Eduardo Camavinga et a encouragé Dayot Upamecano à faire mieux. Le sélectionneur s'est aussi réjoui du retour de Paul Pogba après 16 mois d'absence.

Vous aviez la possibilité d'opter pour une liste élargie à l'occasion de ce rassemblement. Pourquoi ne pas avoir saisi cette opportunité ?

DIDIER DESCHAMPS. J'ai toujours eu cette possibilité. Après sur la feuille de match, je ne peux mettre que 23 joueurs. Et puis il y a un joueur de plus, donc cette liste est élargie.

Vous allez enchaîner 3 matchs en 7 jours. Est-ce que ce n'est pas trop dans une période où les joueurs ont un calendrier très rempli ?

Je ne vais pas me plaindre, et je ne vais pas dire que c'est trop ou pas assez. Un match a été rajouté, on s'adapte. Il y aura de la rotation évidemment. Le côté positif c'est d'avoir un temps de jeu plus important pour les joueurs. Comme l'UEFA a eu la bonne idée de revenir à 5 changements, c'est important pour l'intégrité physique des joueurs. Je vais même dire que s'ils pouvaient le faire pendant l'Euro, ça serait très bien. Ces trois matchs sont là pour tout le monde, on va les prendre comme ils se présentent.

Paul Pogba effectue son vrai retour après 16 mois d'absence. Comment avez-vous fait pour qu'il continue de se sentir important pendant cette période ?

Le premier malheureux c'est lui avec tout ce qu'il a vécu en équipe de France. Il a eu une saison dernière très compliquée avec une opération à une cheville, ce qui n'est jamais très agréable. Le contact est toujours là, mais il y avait la frustration et le manque pour lui. Il a toujours été heureux d'être en équipe de France et 16 mois c'est beaucoup. Même s'il n'a pas manqué beaucoup de rassemblements. Mais je préfère l'avoir là, disponible.

C'est la vraie première d'Aouar. Avez-vous discuté avec lui d'un départ de l'OL et de son possible transfert ?

C'est une décision personnelle. Les joueurs peuvent me demander un conseil, mais ils ont suffisamment de personnes autour d'eux pour les conseiller. Jusqu'à lundi minuit, il y a un certain nombre de joueurs qui peuvent être concernés. Mais je ne sais même pas s'il (NDLR : Aouar) sait, lui, s'il peut rester ou partir.

Quelle analyse faites-vous de la défense à trois utilisée lors des deux matchs de septembre ?

On a fait une analyse avec le staff. C'est une possibilité qu'on a. On peut aussi passer à autre chose. Je n'ai pas encore complètement décidé pour le match de l'Ukraine si on aura le même système. Cela dépendra des joueurs que je choisirai. C'est un système qui a des avantages, mais il faut aussi voir l'adversaire. Mon objectif, c'est toujours de mettre en difficulté l'adversaire et d'être le plus dangereux possible.

Qu'est-ce que vous appréciez chez Eduardo Camavinga ?

Il a cette capacité, malgré son jeune âge, de faire des choses très très bien dans l'utilisation du ballon. Au-delà de son enthousiasme, il y a de la qualité dans ses prises de balle, ses orientations, ses passes, en plus avec un volume de jeu très intéressant. Et de surcroît il est polyvalent, donc c'est déjà un bon acquis. Il a tout pour lui. Mais il y a des étapes, c'est évident. Le lendemain du rassemblement a été compliqué, son match à Nîmes ce n'était pas le même Eduardo que 4 jours avant en équipe de France. Mais c'est un passage obligé et ça me paraît logique qu'il soit encore avec nous dans le court et moyen terme.

Comment vous situez-vous par rapport à la pandémie. Est-ce que vous avez appris des choses lors de votre premier rassemblement ?

On a quelques repères. Les recommandations de l'UEFA sont drastiques. A partir du moment où le groupe de joueurs et le staff sont réunis, on prend des précautions maximales. Après il y a des cas où je n'ai pas eu d'explications. Ne serait-ce que le cas de Kylian Mbappé qui était dans une bulle et a été le seul joueur à être positif. Donc le risque zéro n'existe pas, mais on fait en sorte qu'il soit le moins élevé possible.

Quel regard portez-vous sur la MLS, le championnat de football nord-américain ? En signant là-bas, est-ce qu'un joueur se ferme la porte de l'équipe de France ?

Blaise (Matuidi), puisque c'est de lui dont vous parlez, est parti là-bas (NDLR : à Miami). C'est un choix de carrière et de vie. Il sait très bien qu'en prenant cette décision, c'est plus compliqué pour le groupe France. Ce n'est pas un non catégorique, mais la concurrence pousse. Blaise le sait, on en a parlé. Après il reste un joueur de haut niveau.

Quel regard portez-vous sur la décision de la commission de discipline de la Ligue qui a décidé de ne pas sanctionner Neymar et Alvaro Gonzalez ?

C'est décidé, il faut l'accepter que la décision plaise ou non. Je n'ai pas grand-chose à dire. C'est une commission avec des experts indépendants, des éléments à charge et à décharge, des preuves ou non, je n'ai rien à ajouter.

Avez-vous envie de réagir aux propos de Patrice Evra sur le racisme quand il s'en prend à Noël Le Graët ?

Je n'ai aucune envie de répondre à ça. Cela ne sert à rien, je n'ai pas envie de participer à ce débat-là.

Pourquoi avoir choisi de rappeler Dayot Upamecano qui n'a pas semblé très à l'aise lors de ses deux premiers matchs ?

Il dégage une sérénité, une aisance technique, au-dessus de la moyenne. Et c'est vrai qu'il n'a pas été au mieux de ce qu'il est capable de faire. Mais vouloir y être (NDLR : en équipe de France), et y être, ce n'est pas la même chose. Il est capable de faire beaucoup mieux. Quand je prends quelqu'un, ce n'est pas un one shot.