Equipe de France : la dure vie de supporter des Bleus au temps du Covid

En raison des conditions sanitaires drastiques liées au Covid-19 et une jauge à 1000 spectateurs, peu de supporters de l’Equipe de France peuvent assister aux matchs. Une situation qui les frustre.

 Seulement 150 fans issus des groupes de supporters des Bleus ont assisté à la victoire de la France face à l’Ukraine.
Seulement 150 fans issus des groupes de supporters des Bleus ont assisté à la victoire de la France face à l’Ukraine. LP/Frédéric Dugit

« Ah enfin on retrouve notre Stade de France! » Presque un an après avoir assisté à leur dernier match des Bleus contre la Moldavie (2-1), Julien et sa compagne Julie ont fait leur retour mercredi dans l'enceinte de Saint-Denis pour le match amical de la France face à l'Ukraine (7-1). « J'ai sauté de joie lorsque j'ai reçu le mail nous indiquant que nous avions été tirés au sort », confie cette adhérente aux Irrésistibles Français, l'un des groupes de supporters des Bleus. Sur les 1 000 places prévues pour le match, 150 avaient été octroyées aux différents groupes de supporters de l'équipe de France situés dans le virage Nord.

« Je préfère assister au match en portant un masque plutôt que de regarder le match devant ma télé », lance Julie. « C'est difficile de se contenter de foot uniquement par la télé mais on comprend que l'évolution de la pandémie de Covid-19 complique les choses, ajoute Julien. Ce soir (mercredi), nous sommes 1 000 privilégiés donc on a la responsabilité de donner encore plus de voix que d'habitude. »

Une dizaine de rangs au-dessus du couple, Arthur savoure, lui, aussi son premier match des Bleus au stade depuis longtemps. « C'est très bizarre de se trouver dans une enceinte aussi grande et presque vide, déclare ce Parisien qui supporte Auxerre. Le confinement n'a pas été simple à vivre car je n'ai pas vu un seul match de foot pendant 5 mois. Le ballon, c'est comme une drogue. Pour pallier le manque, je suis allé voir des matchs amateurs en plus de ceux d'Auxerre à domicile depuis un mois. »

« Cette situation risque de durer encore longtemps »

A quelques mètres de lui, Joseph fait de l'humour avec une amie. « C'est incroyable le foot, j'ai vécu la meilleure ambiance dans un stade pour un France - Ukraine en 2013 et aujourd'hui je vais vivre la pire pour la même affiche, rigole celui qui habite Ivry. Il y a eu un véritable manque cet été pendant l'Euro car on avait calé nos vacances avec les matchs des Bleus. »

« C'était une superbe soirée avec beaucoup de buts, insiste Céline à l'issue de la rencontre. Les joueurs de l'équipe de France nous ont beaucoup manqué pendant cette période de crise sanitaire et j'ai l'impression que l'inverse est aussi vrai. Plusieurs d'entre eux nous ont adressé un signe après une chanson et ils sont presque tous venus nous saluer à la fin. »

Devant son poste de télévision, Sully encourage les Bleus mais il bout d'impatience. Le cinquantenaire n'a pas pu récolter un précieux sésame pour ce France - Ukraine et aussi pour le match face aux Portugais dimanche. « C'est frustrant de ne pas venir voir les copains au stade, avoue l'infirmier. Je comprends les règles sanitaires même si je trouve que la jauge est trop basse. La réglementation devrait passer à une jauge à 5 % de la capacité du stade pour pouvoir accueillir un peu plus de monde. Je fais preuve de patience même si cette situation risque de durer encore longtemps… »

A Alfortville, Cynthia regarde, elle, en famille, la démonstration des Bleus. « Ce n'est pas évident d'être privé de stade pour une passionnée de foot comme moi, indique-t-elle. On se contente de regarder les matchs à la télé mais ce n'est pas la même chose. On espère pouvoir revenir bientôt massivement au stade et encourager les Bleus même si la situation sanitaire nous incite à la plus grande prudence. J'ai vraiment peur que l'Euro se déroule à huis clos. »