Equipe de France : «Je ne me fixe aucune limite», confie Olivier Giroud

Le meilleur buteur des Bleus en activité s’est exprimé, ce jeudi, à deux jours de l’entrée en lice de l’équipe de France contre la Suède en Ligue des nations.

 Olivier Giroud affiche 97 sélections et 39 buts chez les Bleus.
Olivier Giroud affiche 97 sélections et 39 buts chez les Bleus. LP/Arnaud Journois

Avec une seule semaine de préparation dans les jambes, Olivier Giroud a rejoint Clairefontaine lundi. Ce jeudi, il a répondu ( NDLR : en raison du contexte sanitaire, les médias, qui n'ont pas accès au site de Clairefontaine, ont transmis leurs questions aux services de communication de la FFF qui les a relayées au joueur ) aux questions des médias escorté par une confiance décuplée par sa prolifique fin de saison avec Chelsea. Du haut de ses 97 sélections assorties de 39 buts, l'attaquant champion du monde se fixe plusieurs objectifs pour les mois à venir avec l'Euro en filigrane.

Eu égard à la situation qui était la vôtre en club, considérez-vous que le report d'un an de l'Euro soit une bonne chose ?

OLIVIER GIROUD. Je ne pense pas que ça change grand-chose pour moi. J'ai toujours autant de motivation et une grande détermination à jouer cet Euro. J'ai travaillé pour ça et j'ai hâte que ce tournoi arrive.

Vous voyez-vous aller au-delà de l'Euro 2021 avec les Bleus ?

Je n'en sais rien. Je suis concentré sur le court et le moyen terme. J'ai encore de belles années devant moi. À partir du moment où je reste décisif, je serai toujours présent si le coach a besoin de moi. Je ne me fixe aucune limite pour l'instant.

Finir par vous imposer à Chelsea, est-ce le plus beau et le plus dur challenge que vous ayez eu à relever ?

J'ai vécu six premiers mois très difficiles avant le confinement. Tout le monde savait que j'étais proche d'un départ. Après la fin du mercato hivernal, j'ai clairement saisi la chance offerte par le coach. Ça a été une grande victoire pour moi. C'était un défi important. Je suis très heureux d'être parvenu à renverser cette tendance.

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Êtes-vous prêt mentalement à remettre ça dans les prochains mois ?

Comme dans chaque grand club, il y a de la concurrence. Elle a toujours été une source de motivation pour me battre et gagner ma place. Je ne suis pas naïf. Le club a acheté Werner à Leipzig pour le faire jouer. On n'a pas le même profil. Il aime s'excentrer en club comme en sélection. Si un attaquant au profil comparable au mien avait été recruté, j'aurais été plus inquiet. J'espère vraiment avoir du temps de jeu pour m'inscrire sur ma lancée de l'été. Même à bientôt 34 ans, je ne lâcherai jamais rien.

Quel est aujourd'hui l'état de votre relation avec Lampard ?

Elle a évolué. Dans la période où j'étais proche d'un départ, j'ai appris un peu mieux à le connaître et réciproquement. On a eu quelques entretiens en tête à tête. On a établi une relation de confiance. Il m'a donné ma chance après le confinement. Il me l'avait clairement annoncé. Je lui ai rendu cette confiance sur le terrain. Il connaît mes valeurs et mon professionnalisme. Il les a loués dans la presse. J'ai une bonne relation avec lui. Ça ne veut pas dire qu'il me fera jouer tous les matchs. Il m'appartiendra de continuer à être performant et de lui montrer mon désir d'être titulaire.

Avez-vous le sentiment de traverser la meilleure période de votre carrière ?

Pour être honnête, moi qui suis très attaché aux stats, quand j'ai rejoué, j'ai marqué 8 buts sur mes 10 dernières titularisations en Premier League. C'est très positif. Mais il y a eu d'autres périodes de ma carrière où j'ai été assez prolifique comme lors de la saison 2015-2016. Ce regain d'efficacité était un peu comme une seconde jeunesse après quelques mois difficiles. Revenir sur le terrain et enchaîner, ça m'a fait le plus grand bien.

Pensez-vous que l'arrivée de Thiago Silva à Chelsea soit une bonne chose ?

Il peut beaucoup nous apporter par son expérience, son vécu et son leadership. On a beaucoup de jeunes, il a aussi été recruté pour les encadrer. Ses qualités sont toujours là même si, comme moi, il vieillit. Il va beaucoup nous apporter. C'est un nouveau championnat pour lui. Il va je pense s'y habituer très rapidement. On a beaucoup d'ambition et j'espère qu'on va pouvoir se mêler à cette course au titre qui me tient à cœur.

Est-ce que la barre des 100 sélections est un objectif ?

Oui, clairement, tout comme le classement des buteurs en équipe de France. Cela me ferait un peu plus rentrer dans l'histoire des Bleus car il n'y a que huit joueurs qui ont passé ce chiffre de 100 sélections. Dépasser Michel Platini (NDLR : 41 buts) n'est pas quelque chose qui m'obsède, mais c'est un objectif qui me tient à cœur.

Jouer dans un stade à huis clos, est-ce pour vous du foot ?

Il s'agit d'une bonne question. C'est un tout autre métier, mais on doit faire avec. On a hâte de rejouer devant du public. Le foot sans public perd de son charme. On n'est pas le seul sport touché. On relativise. On se concentre sur le terrain. S'il faut disputer une grande compétition dans ces conditions, on le fera. On est des pros. J'espère vivement que pour l'Euro il y aura le retour du public sinon ça manquera beaucoup de saveur.

Quel est l'enjeu de cette Ligue des nations ?

La gagner. On est ambitieux. On est champion du monde. On a beaucoup de confiance et de nouveaux talents qui arrivent. On a beaucoup d'espoir quant à l'avenir. Ça commence par la Ligue des nations, même si ce n'est pas une grande compétition. Elle doit nous permettre d'engranger pas mal de confiance et pour les plus jeunes de l'expérience. On se frotte à de grandes équipes européennes. Il va falloir faire mieux que lors de la 1 re édition où on a été éliminés un peu trop tôt à mon goût.

Quand vous voyez débarquer Camavinga à 17 ans, est-ce que ça vous donne un coup de vieux ou ça vous motive encore plus à performer et à durer en sélection ?

17 ans, c'est très jeune et on prend un petit coup de vieux. J'en aurai 34 à la fin du mois. C'est le choc des générations. J'ai connu ça au début de ma carrière, où je côtoyais des mecs de 35. Ça me donne envie d'être là pour lui, de lui donner des conseils pour l'intégrer du mieux possible même si par son naturel et sa maturité, il n'a eu aucune difficulté à se fondre dans ce groupe. Il nous bluffe un peu. Il est très à l'aise avec tout monde, très sociable. C'est un très bon petit.