Équipe de France : Deschamps veut «répartir le temps de jeu» entre les 24 joueurs

Le sélectionneur des Bleus assure, ce lundi, en conférence de presse, qu’il utilisera un maximum de joueurs lors des trois rencontres à venir.

 Avant les trois rencontres à venir, à commencer par l’Ukraine en amical, ce mercredi, le sélectionneur de l’équipe de France a fait le point sur son effectif.
Avant les trois rencontres à venir, à commencer par l’Ukraine en amical, ce mercredi, le sélectionneur de l’équipe de France a fait le point sur son effectif. AFP/Bertrand Guay

Après avoir annoncé, en préambule, l'absence (qu'il espère provisoire) d'Adrien Rabiot, identifié comme cas contact, Didier Deschamps s'est présenté devant l'écran, depuis Clairefontaine, pour sa première conférence de presse virtuelle de l'année 2020. Avant les trois rencontres à venir lors de ce rassemblement, à commencer par l'Ukraine en amical, ce mercredi, le sélectionneur de l'équipe de France a fait le point sur son effectif.

Compte tenu de la situation sanitaire et du calendrier infernal, quel est l'intérêt de maintenir ce match amical contre l'Ukraine ?

DIDIER DESCHAMPS. Il est prévu. Toutes les équipes ont un match amical en début de stage, mercredi ou jeudi. Cela fait partie du calendrier international. L'intérêt est là. On a trois matchs. Le fait qu'il y ait des cas de Covid-19 du côté de l'Ukraine ne pose pas de problème. Le sélectionneur les récupère pour ses deux autres matchs. Ça va permettre de répartir le temps de jeu entre tous les joueurs. Je ne vais pas me plaindre d'avoir des matchs. Ce sera le cas sur les futures dates internationales. Il faut s'y habituer. Je tiendrai compte des différentes situations personnelles. La présence de six changements me permet d'essayer des choses. Je vais affiner tout ça.

Pas de public au Stade de France, du public en Croatie le 14 octobre… Ne serait-il pas plus juste de jouer à huis clos pour tous les matchs ?

Il y a les règles de l'UEFA et celles des autorités locales. On a eu l'occasion de jouer à huis clos en septembre. Avoir du public, ça reste toujours un avantage pour l'équipe qui reçoit. Je l'ai déjà dit le jour de la liste : les recommandations de l'UEFA sont fortes. D'un pays à l'autre, les protocoles diffèrent et les autorités ne prennent pas les mêmes décisions. Tant mieux pour les Croates. Je n'ai pas d'élément par rapport à leur situation sanitaire. On aura un petit peu de monde, même si 1000 personnes sur 80 000, c'est peu.

Surveillez-vous la situation de Jules Koundé, qui brille avec le Séville FC ?

Il est sélectionné avec les espoirs. C'est un secteur où la concurrence est forte. Il est jeune, à lui de continuer sur ses performances avec son club et en espoirs. D'autres sont passés par là et sont venus rapidement vers moi. La concurrence existe un peu partout. Les postes sont chers en défense centrale. D'autres, dont fait partie Koundé, postulent à rejoindre un jour le groupe France.

Quel souvenir gardez-vous du France-Ukraine de 2013 et cette qualification pour la Coupe du monde. Est-ce là où tout a commencé pour vous ?

Tout aurait pu s'arrêter. Je ne suis pas sûr que je puisse parler avec vous en ce moment… C'était un moment charnière de renverser la situation et se qualifier pour le Mondial dans une ambiance très particulière. Ça remonte à sept ans, c'était à mes débuts. Pour ce groupe, qui était en train de se construire, c'était quelque chose de très important.

Comptez-vous poursuivre avec un système à trois défenseurs et effectuer une large revue d'effectif ?

Je ne l'occulte pas. Je ferai peut-être des choses différentes. Je considère que c'est la bonne période pour tester des choses. Il y a du bien, du moins bien. Tout dépend des joueurs disponibles aussi. Je vais répartir le temps de jeu, donc forcément, je ferai déjà des premiers choix en tenant compte du match de dimanche (NDLR : contre le Portugal), des joueurs qui ont joué dimanche, qui n'ont pas ou peu joué. Les 24 sélectionnés sont tous amenés à jouer. Ils auront du temps de jeu, à eux d'en tirer profit.

Steve Mandanda jouera-t-il mercredi contre l'Ukraine ?

Il n'y a pas de lien de cause à effet avec les événements de la dernière sélection (NDLR : imbroglio autour d'un test positif au Covid-19). Mais il y a trois matchs et c'est fort probable que Steve ait sa chance contre l'Ukraine.

Comment arrivez-vous à vous projeter sur l'avenir ?

Je ne suis pas las. On est obligé de vivre avec. On n'est pas à l'abri, même en prenant le maximum de précautions. Le Covid-19 prend de la place, certainement trop. On s'adapte, on gère la situation au mieux. Il n'y a pas toujours d'explications rationnelles, comme ce qu'il s'est passé lors du dernier stage. Le risque zéro n'existe pas. Ce ne sera pas différent en novembre. J'espère que ça aura évolué dans le bon sens en mars. Mais on ne sait pas, on n'a pas les réponses et on fait juste en sorte de bien se préparer.

Pourquoi n'avoir sélectionné que 24 joueurs quand d'autres sélections en choisissent 30 ?

Chaque sélectionneur a la liberté de choisir. Je fais des prélistes avec une bonne cinquantaine de joueurs susceptibles d'être appelés. Avec les deux premiers matchs en France, si j'avais à changer ou à rappeler des joueurs, ça ne serait pas un problème. Roberto Mancini en a pris 32 avec l'Italie. Je n'aime pas trop cette situation. Je préfère que les 23 ou 24 se sentent concernés par le stage.

Avez-vous demandé aux joueurs de régler leur situation personnelle avant de rejoindre Clairefontaine ?

Je n'ai pas établi de date limite. C'est mieux s'ils arrivent tous à régler leur contrat. À partir de cet après-midi, il n'y aura pas d'exception. La seule chose que je peux accepter, c'est que les clubs qui veulent un joueur se déplacent jusqu'ici.

Que peut vous apporter Houssem Aouar ?

En ce qui concerne Houssem (Aouar), il n'était pas avec nous la dernière fois en raison du Covid-19. Il y est cette fois-ci, avec ses qualités de passe, les buts qu'il peut marquer. Je l'ai vu utilisé dans plusieurs systèmes, plusieurs positions. Il est mieux actuellement dans la dernière zone, offensive. Il lui reste une marge de progression dans le volume de jeu.

Comment va Kingsley Coman, forfait dimanche avec le Bayern Munich ?

Je n'ai pas de nouvelles encore. Il n'est pas blessé, ce n'est pas rédhibitoire. Il faut voir comment ça évolue, comment il se sent. Nous avons trois matchs dont un dimanche. Ça lui laisse près d'une semaine. Le point médical n'a pas encore été effectué, mais on a l'assurance qu'il n'est pas blessé. Il ne se sentait pas à 100 %.

Pour revenir au système à trois défenseurs, quels sont ses avantages ?

Ce n'est pas pour être plus solide derrière. Je cherche à mettre les joueurs offensifs dans les meilleures dispositions. Que ce soit pour Antoine (Griezmann) ou Kylian (Mbappé). Le triangle d'attaque leur va bien à tous les deux. Le système à trois défenseurs a ses avantages et inconvénients. Mais il a permis d'apporter du danger offensivement. En premier lieu, c'est pour apporter de l'organisation à l'attaque. Le système demande répétition. La gestion des couloirs est importante et peut amener des difficultés, de l'infériorité numérique. Mais la présence de trois offensifs amène du danger.

N'est-ce pas le système le plus dur à travailler pour une sélection ?

Pas forcément. Les joueurs défensifs connaissent ce système grâce à leur club. Il faut du temps. Ça se trouve lors des matchs et par rapport aux compositions adverses. On le refera. Si j'ai à faire ce choix sur un match décisif, on aura des repères importants.

Dans le cas où vous jouez avec trois défenseurs, les deux joueurs de couloirs sont-ils forcément des latéraux ou peuvent-ils être des milieux ?

Ce système repose beaucoup sur ces deux latéraux, notamment sur le plan offensif. Ils sont censés être quasiment des ailiers. Dribbler, provoquer… C'est plus le travail d'un milieu offensif. Mais, à l'inverse, défensivement, ils seront plus en difficulté. Leur rôle est très important dans ce système.

Pensez-vous que Griezmann est mal utilisé au Barça ?

Je ne me mêle pas de ça, sinon Koeman ne sera pas heureux de mes déclarations (sourire). Il est utilisé dans un système qui le place sur le côté droit. Ce que je peux dire, c'est ce que Griezmann lui a dit à un moment. Il ne comprend pas pourquoi il ne joue pas dans l'axe. J'ai utilisé Antoine sur le côté, il peut le faire, il est généreux. Mais il est le plus efficace quand il est dans l'axe, au cœur du jeu. Il est subtil dans ses déplacements, mais il a surtout besoin de toucher énormément le ballon. J'échange avec lui. Je suis convaincu qu'il n'est pas heureux de la situation, mais il fait au mieux en tenant compte des différentes conditions du Barça. Il ne rechigne jamais, même si un joueur dans sa meilleure position est toujours plus bénéfique.