Droits TV du foot : pourquoi les Anglo-saxons s’intéressent à la Ligue 1

Amazon, DAZN, Discovery… La totalité des participants à l’appel d’offres infructueux de la LFP, lundi, étaient américains ou anglais.

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 Fortement pressenti pour participer à l’appel d’offres, Amazon s’est bel et bien lancé, mais sans atteindre le prix plancher souhaité par la Ligue.
Fortement pressenti pour participer à l’appel d’offres, Amazon s’est bel et bien lancé, mais sans atteindre le prix plancher souhaité par la Ligue. LP/Arnaud Journois
Ligue 1 Uber Eats

Se peut-il que la Ligue 1 soit prochainement diffusée en VO sous-titrée en français? A priori non, mais toujours est-il que les trois diffuseurs qui se sont manifestés lors de l' appel d'offres de ce lundi étaient l'un anglais, DAZN, et les deux autres américains, Amazon et Discovery. Si aucun n'a fait une offre suffisamment élevée pour décrocher de lot, la présence de ces trois groupes est-elle annonciatrice d'un appétit anglo-saxon pour la Ligue 1, appelé à prendre de l'épaisseur à l'avenir?

« Ce qui est intéressant, c'est qu'en l'absence d'offres de Canal + et de BeIN Sports, on est en présence seulement d'acteurs internationaux, ce qu'était déjà Mediapro, souligne Pierre Maes, consultant en droits télé. Je ne pense pas que le business s'américanise spécialement. Dazn est britannique, Discovery est certes américain mais a racheté Eurosport à TF 1 en 2015. Et pour Amazon, américain également, je parlerais davantage d' acteur global. Quant à leur présence simultanée, je pense qu'il s'agit d'une simple conjonction de circonstances. »

« Je ne sens ni chez les uns ni chez les autres de stratégie concertée, avance un autre spécialiste des droits tv, préférant garder l'anonymat. A ce stade, ça ne ressemble pas à une stratégie massive de leur part. Pour cet appel d'offres, il s'est agi d'une démarche d'opportunité, de voir un peu s'ils ne pouvaient pas faire un coup, entrer sur un lot avec une offre à très bas coût. S'ils doivent venir sur le marché français, ça sera de manière beaucoup plus anticipée, préparée et marketée. »

En revanche, la venue de ces groupes importants sur un appel d'offres de l'ampleur de celui de la LFP traduit bien la digitalisation en route de la télévision.

« Il n'est pas anodin que ce soit des acteurs de l'OTT (NDLR : diffusion « over the top », via une appli, sans box, ni abonnement obligatoire) qui répondent à cet appel d'offres, explique notre observateur. Canal + ayant fait le ménage sur le terrain de la Pay TV en France, il est logique que ses principaux concurrents soient aujourd'hui des diffuseurs digitaux. On peut même envisager que, dans quelques années, il ne reste plus sur le marché que des acteurs digitaux. En attendant, il se trouve que les plus grandes plateformes mondiales ont été lancées il y a longtemps déjà aux Etats-Unis et ont acquis une maturité de marché qui leur donne une grosse puissance financière. » Et permet donc à ces seules plateformes de placer dans leur enveloppe des offres de plusieurs dizaines de millions d'euros.

La LFP ne peut pas se montrer difficile

« Mais il s'agit d'un mouvement général et, selon moi, tout un ensemble d'offres OTT va se lancer, prédit notre observateur. L'OTT est un marché qui démarre et va se déployer très vite. À travers des applis payantes, telles que celles déjà connues, Netflix, Amazon, etc., qui vont se substituer à la télévision traditionnelle. Mais beaucoup de nouveaux acteurs vont émerger, de toutes tailles et toutes natures : locale, régionale, nationale ou internationale. Canal + est distribué aussi via MyCanal, consommable en OTT, de même qu'Eurosport avec Eurosport Player. »

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Dans sa situation, la LFP ne fera pas la difficile. Peu importe la provenance et la nature du prince charmant, pourvu qu'il ait les fonds nécessaires et qu'il soit solvable.