Droits télé : la Ligue menace Mediapro de se tourner vers d’autres diffuseurs

La Ligue de football professionnel a mis en demeure Mediapro afin qu’il s’acquitte de son dû et n’écarte pas un recours à d’autres diffuseurs.

 Le patron de Mediapro, principal diffuseur de la Ligue 1, réclame un délai de paiement et une renégociation à la baisse des droits télévisés.
Le patron de Mediapro, principal diffuseur de la Ligue 1, réclame un délai de paiement et une renégociation à la baisse des droits télévisés. LP/Arnaud Journois

La Ligue de football professionnel (LFP) a mis en demeure Mediapro de régler ses échéances de droits télévisés. Faute de quoi, elle n'exclut pas de se tourner vers d'autres diffuseurs. Le groupe sino-espagnol, principal diffuseur de la Ligue 1, détenteurs des droits de L1 et de L2 pour la période 2020-2024 contre 814 millions d'euros annuels, n'a pas honoré le 2e versement de 172 millions d'euros le 5 octobre.

Le patron de Mediapro, Jaume Roures, s'est engagé dans un bras de fer avec la Ligue, réclamant un délai de paiement - qui lui a été refusé - et une renégociation à la baisse des droits, que Mediapro exploite par le biais de sa nouvelle chaîne Téléfoot.

Selon une lettre de la LFP envoyée aux présidents de club, Mediapro s'est engagé auprès du tribunal de commerce de Nanterre dans une procédure de médiation, qui permet aux entreprises de négocier avec leurs créanciers. « La LFP a bien fait, comme la procédure le commande, une proposition au mandataire ad hoc, précise Arnaud Rouger, nouveau directeur général de la FFF. Celle-ci a été suivie par une réponse de Mediapro qui a été totalement inacceptable au regard des incertitudes financières pour les clubs. »

«Mis en demeure de régler les échéances des 1er et 5 octobre»

Dans son courrier, la LFP dit aussi ne pas écarter de se tourner vers d'autres opérateurs et en a informé les clubs dans un récent courrier à ces derniers. « Nous avons donc fait application du contrat qui nous lie avec Mediapro et les avons mis en demeure de régler les échéances des 1er et 5 octobre, tout en activant la garantie donnée par la société mère du groupe Mediapro, le fonds chinois Orient Hontai Capital », écrit Arnaud Rouger.

« La médiation en cours bloque le recours à la caution » de la maison mère, précise néanmoins une source proche du dossier. « La LFP est en train de traverser ce que vivent beaucoup de TPE (NDLR : très petites entreprises) et de PME en France, avec un fournisseur qui ne paye pas. »

Le conseil d'administration de la LFP se réunissait jeudi matin pour valider un emprunt visant à pallier les montants que Mediapro refuse de verser aux clubs, dont environ un tiers des revenus, en moyenne, dépendent des droits TV.