Démission d’André Villas-Boas : «On savait tous qu’il finirait par partir», confient des joueurs de l’OM

La décision du coach portugais de quitter Marseille, annoncée en conférence de presse, n’a étonné personne au sein du club phocéen.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Le désormais ex-entraîneur marseillais avait de plus en plus de mal à cacher son dépit vis-à-vis de ses dirigeants.
Le désormais ex-entraîneur marseillais avait de plus en plus de mal à cacher son dépit vis-à-vis de ses dirigeants. Reuters/Eric Gaillard
Ligue 1 Uber Eats

« On ne va pas se prendre une grève des joueurs quand même? » Les suiveurs de l'Olympique de Marseille ont l'habitude des journées tumultueuses. Pourtant, en voyant qu'à 14h10, aucun professionnel ne sortait du vestiaire, certains ont pris peur. Mais Valère Germain a pointé son nez, puis Michaël Cuisance, et derrière eux tous les hommes qui vont essayer de sauver leur saison, ce mercredi soir, face à Lens (21 heures).

Pas de grève, donc. Les joueurs ont simplement pris le temps de digérer l'annonce du départ de leur coach. Avant de les laisser, André Villas-Boas leur a donné quelques explications. « Il a redit qu'il ne cautionnait pas la politique sportive, qu'on lui imposait des joueurs », témoigne-t-on dans l'entourage d'un cadre. Ce dernier n'était pas surpris.

A l'entraînement, André Villas-Boas a pris le temps de s'entretenir avec plusieurs d'entre eux : Hiroki Sakai, Jordan Amavi ou, bien sûr, le capitaine Steve Mandanda. L'international français, très proche du technicien, fait partie du groupe qui a convaincu le Portugais de rempiler pour une saison supplémentaire, au printemps dernier. Cette fois, il n'a rien pu faire.

Désormais, il rêve de présider le FC Porto

« On connaît le football, on savait tous qu'il finirait par partir », soupire un salarié du club, qui s'étonne, toutefois, du timing choisi par le Portugais. Il a décidé de partir en pleine fronde des supporters, à la veille d'un match crucial sur le plan comptable et à cinq jours du clasico. « On espérait qu'il joue l'apaisement, confie une autre source. Il remet de l'huile sur le feu vis-à-vis des supporters. » Un bon connaisseur du club comprend, au contraire, cette décision : « Il avait conscience qu'il n'était plus bon depuis un moment. » Depuis la mi-décembre, l'OM n'a remporté qu'un seul match.

Ces mauvais résultats, comme le recrutement non désiré d'Olivier Ntcham, ne constituent qu'une partie de l'explication. Le divorce entre AVB et les dirigeants marseillais a commencé il y a plus d'un an. En janvier 2020, déjà, il taclait le choix de Jacques-Henri Eyraud de recruter Paul Aldridge comme conseiller spécial : « Je ne pense pas que ça facilite les ventes vers les clubs anglais. » En mai, le départ d'Andoni Zubizarreta l'a attristé. Il n'a jamais eu le même rapport de confiance avec Pablo Longoria. Il lui reproche, notamment, de lui avoir présenté Luis Henrique comme un attaquant polyvalent.

André Villas-Boas assure que l'action violente des supporters, samedi, à la Commanderie, n'a pas eu d'impact sur sa décision. L'ambitieux entraîneur, qui rêve de présider le FC Porto, a tenté de partir avec panache : « Je ne veux pas être viré. » Jacques-Henri Eyraud en a décidé autrement.