Décès de Maradona : le vibrant hommage de la presse mondiale

La disparition de la légende du football argentin Diego Maradona a fait la une de la plupart des quotidiens à travers le monde.

 De L'Equipe à la Gazetta Dello Sport en passant par le Daily Mirror, la presse internationale rend hommage à Maradona.
De L'Equipe à la Gazetta Dello Sport en passant par le Daily Mirror, la presse internationale rend hommage à Maradona. Montage LP

De l'Argentine à l'Angleterre en passant par l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne… Ce jeudi matin, toute la presse internationale a salué la disparition de Diego Maradona.

En France, l'Equipe a titré « Dieu est mort » en évoquant « une une vie de tous les diables » et les « exploits immenses d'un joueur venu de la rue et les faiblesses d'un homme attiré par les ténèbres ».

« CELESTE. Maradona (1960-2020) » titre de son côté Libération, avec Maradona, à la Une avec la tenue de l'Albiceleste, avançant les bras écartés, un fanion dans la main droite. « Mercredi, aucune intervention de Dieu ne put l'aider. L'Argentine a déclaré trois jours de deuil national, ce qui nous semble bien mesquin », écrit le quotidien.

Dans 20 minutes, « Grand Dieu » apparaît en Une avec une photo montrant l'Argentin jonglant de la tête avec le globe. Maradona « était au football ce qu'Elvis Presley était au rock'n'roll, ce que Michael Jackson était à la pop music ou ce que Gérard Depardieu est au cinéma », écrit de son côté Benoît Lasserre dans Sud Ouest.

« Diego Maradona est mort, le football est mort », appuie le magazine So Foot, en mettant en avant un personnage tout en paradoxes, dont les « prouesses diaboliques se sont finalement retournées contre lui », « une icône populaire et controversée, loin des champions comme il faut », « une idole du Sud, pouvant à la fois être pote avec Castro et Chavez comme il l'avait été un temps avec Carlos Menem, le président droitier de l'Argentine et faire de la pub pour Coca-Cola ». « Être un génie n'est pas une condition de tout repos. » L'Humanité titre « Adios companero ».

En Argentine, Diego Maradona était presque un Dieu et les hommages sont à la hauteur de l'amour que lui portait toute une Nation. « Maradona est mort et le monde pleure » : le site du journal Clarin annonce trois jours de deuil national et livre les moindres détails, presque minute par minute, des heures qui ont précédé la mort du joueur, sa dernière photo, les circonstances de son décès, provoqué par une crise cardiaque. Le quotidien évoque une « permanente montagne russe entre ses merveilleuses surenchères et ses chutes brutales, (car) personne n'avait jamais donné à Diego Maradona les règles du jeu ».

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« Merci Diego » : sur le site de La Nacion avec l'hommage des dessinateurs. Un simple ballon de foot, envoyé depuis le ciel, comme un ultime clin d'œil, pour l'illustrateur Tute. Maradona, la dernière envolée céleste, avec un dessin signé Max Aguirre, qui rend hommage aux origines modestes du « pibe de oro », du « gamin en or : « Les dieux populaires sont toujours boueux, comme tous les leurs ».

En Italie où Maradona a laissé une trace indélébile lors de son passage à Naples entre 1984 et 1991, la Corriere della Sera salue « le génie rebelle qui a rendu le football plus beau ». « AD10S » reprend Il Messaggero. La Repubblica pose « Diego Maradona 1960-2020 », avec une photo du Mondial 1986 immortalisant l'Argentin les bras en croix. « Le calcio va au paradis » : d'après La Repubblica, le nom de Maradona, « joueur immense et unique, pratiquement une divinité », n'aurait même pas à être évoqué, tant il serait « évident, superflu ». « Ce serait comme dire qui était Ulysse, qui était Dante Alighieri, qui était Jésus-Christ notre Seigneur, qui était Einstein ».

VIDÉO. Mort de Maradona : Naples a perdu son roi

La Gazzetta dello Sport consacrant sa Une à la « mort du Dieu du foot ». « Merci », titre Il Matino, « Adieu à Maradona le roi du football ». Il Fatto Quotidiano évoque « l'histoire d'amour » entre le Napoli et le joueur, « ce roi Midas du football, (qui) avait réussi l'exploit de transformer la périphérie en centre », la ville de Naples en capitale du calcio, le championnat italien.

« Un astre », « une tempête »

En Espagne, ABC expose une photo géante du champion une photo géante du champion du monde 1986 le jour du sacre à Mexico avec comme titre : « Diego ». Ce Maradona que tous les amoureux du football s'appropriaient. « D1OS ha muerto » (Dieu est mort) appuie As dans un montage. « AD1OS » pour Mundo Deportivo. « D10S est déjà au paradis » pour Sport.

« Au revoir Maradona, légende du football mondial, dieu des Argentins et icône du XXe siècle », pour La Vanguardia quand Marca met en avant une phrase du stratège argentin comme épitaphe : « Si je meurs, je veux renaître et je veux être un footballeur. Et je veux être à nouveau Diego Armando Maradona. Je suis un joueur qui a donné de la joie aux gens. C'est suffisant pour moi. » « Un Dieu du football. L'étoile argentine a eu une carrière mythique et une vie d'excès », rappelle de son côté El Pais. Le journal catalan El Periodico écrit « aDios », « pour Dieu, au revoir à jamais ». « Le footballeur qui a joué, qui va jouer à être Dieu, à être le numéro dix » : en hommage au joueur, qu'il compare à la fois à « un astre » et à « une tempête », Ara, un autre quotidien catalan, lance « Idolâtré pour son football et puni pour ses péchés, Maradona est mort à l'âge de 60 ans ».

La presse anglaise n'a pas oublié, 34 ans après, « la Main de Dieu » mais salue, comme The Daily Mirror le « grand » Maradona, désormais « entre les mains de Dieu ». The Independent rappelle, lui, le « Génie imparfait ». « Des millions de personnes pleurent la mort de Maradona », souligne le Times en Une sous une photo de Diego Maradona « le génie argentin considéré par beaucoup comme le plus grand joueur de tous les temps » juché sur des épaules brandissant fièrement la Coupe du monde en 1986. Aux Etats-Unis, « Le football rend hommage au génial Argentin mort à 60 ans », écrit le Financial Times.

VIDÉO. Coupe du monde 1990 : Maradona régale les journalistes avant Argentine-URSS