Croatie-France : retour vers le futur

Pour leur 4e sortie en Ligue des nations, les Bleus veulent retrouver le chemin de la victoire en Croatie, afin de conserver intactes leurs chances de finir en tête de la poule.

 Antoine Griezmann retrouvera ce mercredi soir Luka Modric, perdant malheureux de la victoire (4-2) des Bleus en Coupe du monde il y a deux ans.
Antoine Griezmann retrouvera ce mercredi soir Luka Modric, perdant malheureux de la victoire (4-2) des Bleus en Coupe du monde il y a deux ans.  LP/Arnaud Journois

En passant par Zagreb, les Bleus goûtent à nouveau au monde d'avant. Il y a ce stade, posé en ville comme un vestige de l'architecture communiste, vieillot comme une enceinte pour amateurs, avec ses quatre tribunes distinctes, sans virage, son béton bleu et jaune qui le défigure à chaque endroit. On ne s'éclaire pas à la bougie mais avec quatre pylônes qui chauffent. Cela pourrait être un terrain du bord du périphérique parisien ou de la Creuse profonde, bref, qui sent le football de la sueur et de la buvette, pas vraiment du standing d'un vice-champion du monde. Dejan Lovren, l'ancien Lyonnais, s'en est même ému en conférence de presse.

Il y aura du bruit aussi au stade Maksimir, avec la présence de 7000 personnes, une jauge qui rappelle presque une vie sans virus, dans une ville où le port du masque n'est pas obligatoire dans les rues, seulement dans les espaces confinés. Cela va donc ressembler à du foot à l'ancienne, avec des tacles et de la mauvaise foi, comme dans une chanson de Miossec d'il y a 20 ans rééditée en 2020.

En rembobinant dans leur vie passée, les Bleus auraient raison de retrouver leur allant des mois précédents la crise sanitaire. Tout est devenu dur, comme retrouver la foi, l'envie, les automatismes devant des tribunes vides et après des mois d'arrêt, mais c'est le moment de changer. La Croatie dispute sa dernière chance d'accrocher la tête du classement du groupe, conjointement dominé par le Portugal et la France. Il leur reste une voie et leur seule boussole consiste à gagner, aiguillé dans ce sens par Luka Modric, absent au Stade de France le 8 septembre.

Le 8 septembre, Antoine Griezmann et Olivier Giroud ont de nouveau imposé aux Croates un score de 4-2. LP/Olivier Lejeune
Le 8 septembre, Antoine Griezmann et Olivier Giroud ont de nouveau imposé aux Croates un score de 4-2. LP/Olivier Lejeune  

C'est à la fois leur salut du moment, mais aussi une inspiration pleine de revanche alors que les Croates de Zlatko Dalic n'ont toujours pas digéré leurs deux dernières défaites face aux Bleus. « Nous ferons de notre mieux, mais le résultat ne doit pas en pâtir, il faut aller chercher une victoire, détaille le sélectionneur. Nous avons été meilleurs qu'eux en finale de la Coupe du monde et en Ligue des nations, mais nous avons quand même perdu. C'est l'équipe qui vous punit pour chaque erreur et nous devons être prudents. » A la fin, ça finit en effet toujours pareil, au moins du point de vue comptable : 4-2 contre eux.

Finir cette phase en beauté à Lisbonne

Un troisième d'affilée réjouirait Didier Deschamps, sans doute agacé par la purge qu'il a vue dimanche face au Portugal (0-0). Si tout a bien fonctionné, d'Hugo Lloris jusqu'au milieu de terrain, le jeu dans les couloirs et devant s'est enfoui dans la nuit du Stade de France.

Avant le triple rendez-vous de novembre qui établira le bilan de cette première phase de Ligue des nations, les Bleus ne peuvent pas nous laisser sur deux mauvaises impressions. Ce n'est pas leur histoire et ce n'est pas l'idée, alors qu'ils souhaitent toujours coiffer les amis de Cristiano Ronaldo pour la première place. Il est prévu qu'elle se décide le 14 novembre à Lisbonne et une contre-performance ce soir ôterait à ce rendez-vous tout son sel. Elle dirait également que le monde d'après est vraiment pire. La sélection tricolore n'a plus vraiment le choix : c'est le moment de se souvenir des belles choses et de construire son futur en s'appuyant sur son passé, dans le monde d'avant.