Croatie-France : «Recevoir l’équipe qui nous a battus en finale du Mondial a toujours une certaine saveur»

7000 spectateurs assisteront au match dans un stade Maksimir vétuste et en partie fermé en raison du tremblement de terre de mars dernier.

 Dans les rues de Zagreb, Sacha et sa fille Macha découvrent les photos des heures glorieuses des Bleus qui défient l’équipe de Croatie ce mercredi.
Dans les rues de Zagreb, Sacha et sa fille Macha découvrent les photos des heures glorieuses des Bleus qui défient l’équipe de Croatie ce mercredi.  LP/Guillaume Georges

La photo de Didier Deschamps brandissant le trophée de l'Euro 2000 attire l'œil des passants se baladant sur la rue Preradovićeva de Zagreb. A l'occasion du match entre la Croatie et les champions du monde, l'ambassade de France organise à l'institut français une exposition consacrée au football tricolore. Les clichés des champions du monde de 2018 côtoient ainsi ceux de 1998 mais aussi des féminines ou des équipes de jeunes.

« Mais c'est Deschamps que j'ai vu en premier, comment ne pas le reconnaître, sourit malicieusement Sacha qui égraine avec précision à sa fille Macha les noms des icônes françaises. Le foot pour nous est quelque chose d'important et recevoir l'équipe qui nous a battus en finale du Mondial a toujours une certaine saveur. Même si ce match-là a moins d'enjeux, c'est un honneur de recevoir les Bleus. »

« Tout était par terre dans le centre-ville »

Sur la place Ban-Jelačić, où l'automne sans touristes donne une impression de vide, on se presse pourtant sur le marché avec aussi peu de masques que de passion pour la Ligue des Nations. L'épidémie de Covid est sous contrôle en Croatie qui dénombre moins de 21 000 cas. Hormis les lieux publics et les transports, le port du masque n'est pas obligatoire. Les esprits sont en revanche encore encombrés par ce petit matin du 22 mars où la terre a tremblé. « Tout était par terre dans le centre-ville, c'était terrifiant », se souvient Svetlana. Les stigmates de la catastrophe sont encore visibles. Y compris lorsqu'on lève les yeux vers la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption dont une partie de la tour sud s'est effondrée.

A moins de trois kilomètres des ruelles proprettes du centre-ville, le vieux stade Maksimir n'a lui non plus pas les atours d'un jour de fête. Ses murs s'effritent sous les lumières de projecteurs sans âge, les peintures n'ont pas été refaites depuis des lustres et on espère que la météo sera clémente en apercevant ses tribunes sans toit. « C'est un des stades les plus laids d'Europe, tacle Dejan Lovren, le défenseur croate. C'est inacceptable qu'une équipe comme la Croatie ait un tel stade. »

Une partie du stade fermée à cause du tremblement de terre du 22 mars./LP/Guillaume Georges
Une partie du stade fermée à cause du tremblement de terre du 22 mars./LP/Guillaume Georges  

L'habituel antre du Dynamo et du Lokomotiv n'a aussi plus rien de la citadelle imprenable, où la Croatie est restée invaincue de 1992 à 2008. Le tremblement de terre y a également poursuivi son œuvre de destruction. Une partie des tribunes est désormais fermée. De quoi faire baisser la jauge à 7000 spectateurs suite à l'autorisation de l'UEFA d'ouvrir les stades à 30 % de leurs capacités si les autorités locales le permettent.

A l’occasion de la sortie de son 23e album, Philippe Geluck, le père du Chat, illustre le Parisien-Aujourd’hui en France du mercredi 14 octobre. /Philippe Geluck
A l’occasion de la sortie de son 23e album, Philippe Geluck, le père du Chat, illustre le Parisien-Aujourd’hui en France du mercredi 14 octobre. /Philippe Geluck  

Un retour du public que les Bleus voient d'un bon œil, eux qui n'ont pu jouer que devant quelques centaines de personnes au Stade de France face à l'Ukraine (7-1) et le Portugal (0-0). « Il y aura certainement un peu d'hostilité mais cela fera du bien aux joueurs français pour se surpasser, souffle Hugo Lloris. On se servira de tout pour trouver l'énergie et réaliser une belle performance ». Les supporters croates de leur côté espèrent prendre une revanche. Histoire de faire trembler encore un peu leurs vieilles tribunes. Pour une bonne raison cette fois.