Croatie-France : du doublé de Thuram à l’apothéose de Moscou

Pour la deuxième fois de son histoire, la France se déplace, ce mercredi soir, en Croatie. Un adversaire face auquel elle demeure invaincue.

 Kylian Mbappé, Blaise Matuidi, et Lucas Hernandez se congratulent lors du match de la Coupe du monde contre la Croatie, le 15 juillet 2018, à Moscou (Russie).
Kylian Mbappé, Blaise Matuidi, et Lucas Hernandez se congratulent lors du match de la Coupe du monde contre la Croatie, le 15 juillet 2018, à Moscou (Russie).  LP/Arnaud Journois

« Crna zvijer » signifie bête noire en croate. La France mérite cette appellation pour l'équipe aux damiers. En sept confrontations, les Bleus n'ont, il est vrai, jamais connu l'échec face aux partenaires de Modric. Ils n'entendent pas déroger à cette tradition, ce mercredi soir à Zagreb en Ligue des nations. Du premier match entre les deux sélections en demi-finale du Mondial 1998 à l'inoubliable finale moscovite, du 15 juillet 2018, ces rencontres n'ont jamais engendré la monotonie.

Thuram né un 8 juillet

L'image : un genou à terre, le doigt sur la bouche est insensible à la patine du temps. En ce 8 juillet 1998, en demi-finale de la Coupe du monde, la France du football se découvre avec Lilian Thuram un héros inattendu. « Une sorte de réflexe. Je ne comprenais plus rien. J'me disais : Mais qu'est-ce que je fous là? » racontera ensuite le Guadeloupéen. Auteur, en 23 minutes (47e, 70e) d'un incroyable doublé, il extirpe le pays d'organisateur d'un bien mauvais pas. Piégés par un but de Davor Suker en tout début de seconde période, les Bleus se remettent, ainsi, à l'endroit par l'entremise d'un joueur touché par la grâce et valident, au passage, leur billet pour la finale (2-1).

Trezeguet évite la casse

Mis sur orbite par un succès inaugural, mais tard venu contre l'Angleterre (2-1), les champions d'Europe en titre sont loin de survoler leur deuxième match de la poule B de cet Euro 2004. L'adversaire croate leur donne bel et bien du fil à retordre. Qualifiés en cas de succès, ils ouvrent, pourtant, le score par Zidane. La Croatie efface son handicap et prend l'avantage, marquant 2 fois coup sur coup en l'espace de 5 minutes, sur un pénalty de Milan Rapaic, puis grâce à une demi-volée du Monégasque Dado Prso, consécutive à une erreur de Marcel Desailly. Mais l'opportuniste David Trezeguet remet les pendules à l'heure peu après l'heure de jeu.

Les deux nations se quittent dos à dos. La France oblitère sa qualification le match suivant en dominant la Suisse (3-1). Son chemin quelque peu chaotique s'arrête en quart contre les improbable Grecs, futurs lauréats du tournoi (1-0).

La deuxième étoile

Didier Deschamps avait trouvé son équipe dès le Pérou, pour le deuxième match de poule (1-0). Il y est demeuré fidèle jusqu'au bout et a été payé en retour. Excepté face au Danemark, lors d'un 3 e match de groupe verrouillé et dénué d'enjeu (0-0), puis contre l'Uruguay (2-0), en raison de la suspension de Blaise Matuidi, le technicien basque a toujours maintenu sa confiance aux mêmes hommes. Contre la Croatie, le 15 juillet 2018 à Moscou en finale du Mondial russe, les Tricolores, exemplaires de solidarité, ont toutefois souffert, techniquement et physiquement lors d'une première période quasiment miraculeuse et terminée avec un avantage au score (un CSC de Mario Mandzukic, puis un pénalty d'Antoine Griezmann).

A la reprise, ils ont su hausser leur niveau de jeu et s'appuyer sur leurs forces qui n'allaient pas tarder à précipiter la défaite croate. Kylian Mbappé et l'efficacité bleue incarnée aussi par Paul Pogba ont fait le reste (4-2). La France tient son succès et peut coudre sur son maillot une deuxième étoile.