Covid-19 : la jauge des 5000 spectateurs crispe la Ligue 1 et les supporters

La Ligue 1 reprend ce vendredi soir avec le match Bordeaux-Nantes. Sauf exception préfectorale, les matchs ne pourront regrouper que 5000 personnes.

 Les supporters devront être masqués et respecter la distanciation sociale dans des tribunes clairsemées.
Les supporters devront être masqués et respecter la distanciation sociale dans des tribunes clairsemées. LP/Frédéric Dugit

Cette saison, il y aura les matchs reportés à cause des cas de Covid-19 dans les équipes. Et ceux qui vont se disputer devant peu ou pas de public. La Ligue 1, qui reprend ce vendredi soir avec Bordeaux-Nantes, va devoir jongler avec les contraintes sanitaires liées à la pandémie de Covid-19. Et comme tout événement public, les matchs ne pourront réunir que 5000 personnes – joueurs, officiels et personnel de sécurité du stade inclus – au moins jusqu'au 30 octobre.

Seul à pouvoir leur faire dépasser cette jauge : les préfets de département. Mais pour l'instant, toutes les demandes pour des événements sportifs ont été refusées, à l'exception de celle du club de ProD2 de Perpignan, qui pourra accueillir 8000 personnes dans son stade vendredi pour son match de préparation contre Colomiers. Au ministère des Sports, on insiste sur le caractère exceptionnel de ces dérogations, liés à l'avancée locale de l'épidémie et au protocole sanitaire particulier présenté par chaque club.

« On a déposé un dossier à la préfecture, mais on n'y croit pas trop, souffle un dirigeant d'une équipe de Ligue 1. Je comprends aussi leur position. On tente de leur donner tous les gages du monde, mais on n'est pas capables de leur garantir à 100 % que les gens ne vont pas se jeter dans les bras des uns des autres en cas de but. »

Le boycott des ultras

Au sein des clubs, on redoute également de se faire désigner comme déclencheur d'un cluster. Nice a même décidé de jouer son premier match contre Lens à huis clos au regard de la situation sanitaire de la région. Dans son protocole sanitaire, la Ligue de football professionnel (LFP) impose déjà aux clubs un certain nombre de mesures à mettre en place dans ses tribunes : favoriser la voiture ou le vélo pour faire venir ses supporters, imposer le port du masque et faire respecter la distanciation sociale.

« 5000 personnes, c'est un chiffre brut qui ne correspond pas à grande chose. Ça n'est pas du tout pareil de dépasser cette limite dans un petit stade qu'au Parc des Princes ou au Vélodrome, souligne Marc, porte-parole de l'Association nationale des supporters (ANS). Et quand on voit toutes les contraintes au stade, on peut se poser la question si ça valait vraiment le coup de reprendre à tout prix. »

Au sein du mouvement ultra, la notion même de jauge hérisse. Plusieurs groupes, de Bordeaux à Lens en passant par Nantes ou Reims, ont décidé de déserter les tribunes de leur stade pour l'instant, refusant de choisir parmi leurs membres.

«Il faut un roulement entre abonnés»

Face à ces contraintes et à l'incertitude d'une saison sous la menace du Covid-19, certains clubs ont même gelé ou renoncé à lancer leur campagne d'abonnements, comme l'OM, l'OL ou Saint-Etienne. Pour ceux qui ont dépassé la barre des 5000 abonnés – le RC Lens a ainsi déjà enregistré 20 000 abonnements – les fans auront la possibilité de se faire rembourser ou de bénéficier d'un avoir.

Le PSG a envoyé il y a une semaine un email à ses abonnés pour leur prévenir qu'ils ne pourraient pas disposer de leur place « dans la mesure où nous ne sommes pas en capacité d'accueillir l'intégralité de notre public au Parc des Princes ». « Le stade me manque vraiment, j'espère que je vais pouvoir aller voir un match cette saison, explique Julien, abonné en Virage Auteuil depuis cinq ans. En même temps, je suis partagé : le stade risque de faire très vide et ça fera bizarre à vivre. J'ai tellement l'habitude de voir le Parc rempli… »

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Nouvel abonné au Stade Rennais, Marco espère surtout « que la jauge va évoluer dans les mois à venir. Sinon, il faut que le club organise un roulement entre les abonnés pour que ce soit équitable ». Une donnée déjà intégrée par certains : à Nîmes, le club a mis en place une répartition des affiches prestigieuses de la saison entre les supporters.