Coupe de France : les amateurs ont rejoué au foot !

Après trois mois d'arrêt des compétitions non professionnelles, les joueurs amateurs ont rejoué ce samedi lors du 6e tour de la Coupe avec un protocole sanitaire drastique. Nous étions à Sainte-Geneviève qui s'est incliné de peu devant Créteil (1-2).

 L’attaquant de Sainte-Geneviève Salah Bekhadda (maillot rouge) tente d’échapper ici à deux joueurs de Créteil ce samedi lors du 6e tour de la Coupe de France.
L’attaquant de Sainte-Geneviève Salah Bekhadda (maillot rouge) tente d’échapper ici à deux joueurs de Créteil ce samedi lors du 6e tour de la Coupe de France. LP/Icon Sport/Michel Brisset

« Bonjour, vous faites partie de la délégation cristolienne ? Avez-vous une pièce d'identité ?» Chaque individu se présentant devant l'entrée du terrain d'honneur grillagé du complexe Léo-Lagrange, ce samedi, doit décliner son identité auprès de plusieurs dirigeants de Sainte-Geneviève. Jamais le club amateur de l'Essonne (N2, 4e division) n'avait eu à composer avec un protocole aussi drastique pour organiser une rencontre avec notamment des tests PCR et antigéniques pour le staff et les joueurs et un match devant se dérouler à huis-clos.

« Cela a demandé des efforts supplémentaires à l'ensemble du club mais ce n'était pas irréalisable », indique Jean-Claude Fernandes, le manageur essonnien. Pour ce 6e tour de Coupe de France, les joueurs de Sainte-Geneviève, qui n'ont disputé aucun match depuis trois mois, et ceux de Créteil, qui n'ont pas arrêté, sont arrivés à midi. Un médecin trouvé par le club recevant s'est chargé de contrôler les tests antigéniques des deux équipes. Une fois les vérifications terminées, les deux formations partent s'échauffer. En tribune, une poignée de spectateurs prennent place. Chaque club dispose de 7 invités et 10 dirigeants. La presse est également présente.

Le délégué de la Fédération félicite le staff des deux équipes

Il est 14 heures. La partie démarre dans un silence total. Les deux équipes peinent à développer du jeu. A la demi-heure de match, les Cristoliens ouvrent le score sur un but opportuniste de Pancrate. Un but qui déclenche les cris et applaudissements de la dizaine de supporters des Béliers installés... sur une petite butte qui surplombe le terrain d'honneur. A la pause, une discussion s'engage entre la gardienne du complexe et le référant sécurité de Créteil pour faire sortir les supporters de l'enceinte.

« La porte était ouverte et on ne fait rien de mal, on regarde seulement le match », lance Michel. « Oui, mais il faut partir car vous n'avez pas le droit et, si on apprend que vous êtes entrés dans le complexe via les réseaux sociaux, des supporters de Sainte-Geneviève vont également souhaiter venir ici », répond la gardienne. Les supporters campent sur leur position et regarderont la seconde période. « Je connaissais ce stade et je savais qu'on pourrait voir le match de cette butte, nous explique Michel. Le football est ma passion. Je n'ai pas vu un match de Créteil depuis la fin octobre et ça me manque. C'est très dur de rester enfermer chez soi. »

La partie reprend avec une égalisation sur corner de Sainte-Geneviève mais les Cristoliens l'emportent à la dernière minute du temps additionnel grâce à un doublé de Pancrate. Au coup de sifflet final, les joueurs rentrent immédiatement au vestiaire. Le délégué de la FFF félicite le staff des deux équipes pour l'organisation et le déroulement de la rencontre. « Si on peut sanitairement organiser un match de Coupe de France, pourquoi ne peut-on pas le faire pour un match de N2 ? », s'interroge Jean-Claude Fernandes. En sortant du stade, les joueurs essonniens nous confient leur joie d'avoir pu disputer un match de foot. Le premier depuis longtemps.

« C'est génial de rejouer, on a éprouvé du plaisir sur le terrain »

« Cela fait plaisir de rejouer même si c'était dur physiquement, avoue l'attaquant essonnien Yven Moyo. L'environnement était spécial mais les contraintes sanitaires ne m'ont pas dérangé. On voulait montrer à notre coach qu'on était capables de réaliser un exploit. C'est dommage d'avoir manqué de lucidité à la fin. » « On a compensé notre déficit physique par le mental, ajoute son coéquipier Adama Doucouré. C'est génial de rejouer, on a éprouvé du plaisir sur le terrain. Maintenant, je ne sais pas quand on disputera un nouveau match cette saison... » « Il n'y a désormais plus aucun objectif à l'horizon, la coupe nous permettait de rester éveiller», appuie le coach essonnien Emmanuel Dorado.

Les Cristoliens sortent à leur tour du stade. « On est contents, on ne voulait pas galvauder la compétition même si cela va alourdir notre calendrier », commente Rui Pataca, le directeur sportif val-de-marnais. « On s'attendait à ce que nos adversaires jouent 15 à 30 minutes à bloc avant de baisser de pied physiquement mais ils n'ont rien lâché jusqu'au bout, analyse le défenseur cristolien Zakaria Belkouche. Nos adversaires étaient très motivés et je les comprend. Quand le foot s'arrête, il y a un gros manque pour nous. »