Tour des Flandres : le motard en cause dans la chute d’Alaphilippe se sent coupable

Le pilote de la moto à l’origine de la chute et de l’abandon de Julian Alaphilippe dimanche dans la classique belge se sent responsable de l’accident et envisage d’arrêter.

 Toute la chute du champion du monde résumée en quatre images.
Toute la chute du champion du monde résumée en quatre images. AFP/Nico Vereecken et Luc Claessen

Il a accompagné toutes les courses depuis vingt ans. Mais Eddy Lissens a peut-être fait sa dernière dimanche. Le pilote de moto belge de 64 ans est l'homme à l'origine de la chute du champion du monde Julian Alaphilippe à 35 km de l'arrivée du Tour des Flandres : « Je me sens coupable mais je ne pouvais rien faire d'autre », a confié le motard à nos confrères de Het Nieuwsblad.

Rappelons les faits : à 40 km de l'arrivée, le Français s'échappe en compagnie de Wout Van Aert (Jumbo-Visma) et du futur vainqueur néerlandais Mathieu Van Der Poel (Alpecin-Fenix). Dans un virage sur la droite un peu plus loin, Julian Alaphilippe ne voit pas une moto d'un commissaire de course qui a ralenti. Van Der Poel a le temps de l'éviter mais pas le champion du monde qui la heurte et tombe violemment. Il ne repart pas et l'examen médical fait état d'une double fracture de la main droite.

« Ce motard du jury n'avait rien à faire là, s'est emporté Patrick Lefevere, le patron d'Alaphilippe chez Deceuninck-Quick Step. Sa place n'était pas non plus à l'intérieur du virage mais bien à l'extérieur. Les coureurs prennent toujours la trajectoire la plus courte ! »

« Fucking motard de merde !!!! » a twitté Remco Evenepoel, le partenaire d'Alaphilippe alors que celui-ci était encore à terre.

«On a eu juste de la malchance»

Eddy Lissens a-t-il commis une faute ? Oui dans la mesure où il aurait dû ralentir sur la gauche de la route pour ne pas gêner les coureurs. Mais il faut rappeler que le Code de la route habituel ordonne aux véhicules de rester à droite. Si la moto du jury a ralenti, c'est aussi parce que celle d'assistance neutre juste devant elle l'a fait aussi : « Je n'ai rien fait d'inhabituel, se défend Eddy Lissens. L'avance des hommes de tête avait dépassé les 20 secondes. A ce moment-là, j'ai décidé avec la moto de Shimano (NDLR : l'assistance neutre) de me positionner derrière le groupe. On s'est laissé défiler. Pourquoi étions-nous sur la droite de la route ? Ceux qui se posent la question n'ont jamais participé à une course de vélo. Je n'ai rien fait d'inhabituel. Ces choses-là se passent 100 fois par course. On a eu juste de la malchance. »

Et le malheur pour lui de toucher un champion du monde en direct et en mondiovision. L'incident n'est évidemment pas passé inaperçu et le policier à la retraite a rapidement été la cible des réseaux sociaux : « J'ai été fort affecté par cette chute, glisse le motard. Les blessures d'Alaphilippe sont conséquentes et il a perdu la chance de remporter le Tour des Flandres. Cela me touche beaucoup. Après la course, j'ai été la cible des réseaux sociaux dans le monde entier. Cela m'a blessé profondément. Je me sens coupable même si je ne pouvais rien faire d'autre dans cette situation. J'envisage d'arrêter. »