Tour de France : Stéphane Heulot a eu envie de «vomir» devant les performances de Pogacar

Stéphane Heulot, porteur du maillot jaune en 1996, a confié avoir été très dérangé par les performances de Tadej Pogacar, dont l’équipe UAE est managée par Mauro Gianetti, au passé très sulfureux.

 Champs-Elysées, le 20 septembre. Le Slovène Tadej Pogacar (UAE) a remporté le Tour de France dès sa première participation. Un exploit réalisé par les plus grands comme Merckx, Hinault, Anquetil ou Fignon.
Champs-Elysées, le 20 septembre. Le Slovène Tadej Pogacar (UAE) a remporté le Tour de France dès sa première participation. Un exploit réalisé par les plus grands comme Merckx, Hinault, Anquetil ou Fignon. AFP/Anne-Christine Poujoulat

C'est un pavé de plus dans la mare de Tadej Pogacar. Si le Tour de France 2020, qui est arrivé à Paris ce dimanche soir, a résisté au Covid-19, la suspicion est, elle, toujours présente après les performances extraordinaires du jeune coureur slovène (qui fête ses 22 ans ce lundi), sacré lors de sa première participation à la Grande Boucle.

Porteur du maillot jaune en 1996, le Français Stéphane Heulot a confié s'être senti mal à l'aise devant le sacre de Pogacar, pensionnaire de l'équipe UAE, managée par le sulfureux Mauro Gianetti, que Heulot connaît bien pour avoir été son équipier à la Française des Jeux en 1998.

A cette époque, le Suisse était resté trois jours dans le coma après avoir consommé du PFC (substance utilisée à titre expérimental dans les hôpitaux, proche de l'EPO). Il était ensuite devenu manager de la formation Saunier-Duval, exclue du Tour en 2008 après le contrôle positif de l'Italien Riccardo Ricco.

« Honnêtement, je ne regarde plus le Tour depuis dimanche (13 septembre) et la montée du Grand-Colombier (victoire de Tadej Pogacar), confie-t-il dans Ouest-France. Je n'y arrive plus, en fait… Il y a des choses assez faciles à évaluer, quand même, en termes de performance. J'ai du mal à comprendre comment un coureur de 75 kg peut monter à une vitesse folle un col et maintenir sa montée ensuite. En termes de vitesse ascensionnelle, on a vu des trucs qui n'étaient pas possibles, non plus, pour certains… »

« On est peut-être sur du dopage chimique, mais aussi électrique… »

A l'instar de Romain Feillu, autre ancien maillot jaune français qui disait cette semaine que « ceux qui connaissent le vélo savent que ce n'est pas normal », Heulot confie avoir « de sérieuses interrogations ». « Je pense qu'on a encore passé un cran, embraie le Breton. Car on est peut-être sur du dopage chimique, mais aussi électrique… » « Vous voyez l'émoticone avec l'envie de vomir, et bien je ressens ça, ça me dégoûte… » poursuit-il en ciblant, selon lui, le vrai mal qui ronge encore ce sport.

« Que des personnes comme ça (Gianetti), ou comme d'autres, soient encore dans le cyclisme aujourd'hui, c'est impensable, s'étouffe-t-il. C'est une vraie faute. À mon sens, on ne pourra jamais changer le système si l'on ne change pas les hommes ! Le dopage sera là tant que des gens seront indéboulonnables. C'est comme si demain, Al Capone était ministre de la Justice… Comment se sortir de tout ça quand 80 % du staff de Jumbo-Visma vient de Rabobank et de l'époque Michael Rasmussen (NDLR : qui a dû quitter le Tour en 2007) ? Non, ce n'est pas possible… Heureusement, des mecs ont changé, plein de mecs ont changé, mais il y a encore des tricheurs malheureusement, et il faut en avoir conscience. »

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