Tour de France : (presque) comme un air de juillet

Notre reporter a suivi l’étape de ce samedi à moto, au cœur du peloton et des efforts des échappées devant une foule plus nombreuse que d’ordinaire.

 Les amateurs du Tour sont montés à pied ou à vélo jusqu’au sommet du col de Peyresourde pour encourager Nans Peters.
Les amateurs du Tour sont montés à pied ou à vélo jusqu’au sommet du col de Peyresourde pour encourager Nans Peters. AFP/Anne-Christine Poujoulat

Soudain, au sommet, un air de juillet. Le Tour de France comme si de rien n'était : une rangée continue de spectateurs sur plusieurs centaines de mètres, un mur des fans qui s'ouvre sur notre passage et celui des coureurs. Les drapeaux qui s'agitent, la foule qui hurle quand Nans Peters passe au sommet du col de Peyresourde. Elle ne sait pas encore qu'elle va attendre longtemps avant de voir passer l'infortuné Thibaut Pinot.

Ici, dans des paysages somptueux, on retrouve le Tour comme avant : festif, joyeux et coloré. « Le Tour, c'est mythique, c'est magique. J'ai retrouvé celui qu'on aime, populaire et bon enfant » se félicite un régional de l'étape, le Premier ministre Jean Castex, présent ce samedi sur la course.

Sous les masques de tissu ou de papier, on devine les sourires et le bonheur. Les pancartes en carton « Vive le Tour », « Vive le vélo » et les hommages à « Poupou » fleurissent. Et d'un coup, les maillots « Mercier » jaune et violet de l'éternel second de quelques passionnés nous propulsent en arrière. Le col de Menté nous rappelle Luis Ocana et sa lourde chute en 1971. Le Tour, et c'est pour ça qu'on l'adore encore, a le goût retrouvé d'une madeleine de Proust. On se revoit jouant aux petits coureurs en plastique sur des circuits en carton fabriqués par le paternel.

Un public franco-français

Nous sommes pourtant bien en 2020. Même si les spectateurs sont parfois agglutinés par endroits, 98 % d'entre eux portent religieusement le masque pour respecter les règles sanitaires. Dans ce Tour si particulier, véhicules et camping-cars, habituellement dispersés dans les lacets, sont interdits dans les cols. Du coup, il se mérite encore plus que les autres. Pour monter aux sommets, il faut y aller à pied ou à vélo, sans autre solution.

Et une fois arrivé, pour parler avec ses voisins, inutile d'être bilingue : le français est la seule langue nécessaire. Malgré la frontière toute proche, les Espagnols sont à la maison, les vagues oranges de Néerlandais ne sont pas là et les étrangers restent rivés devant la télé. En dehors des villages, des derniers virages avant les cols ou à leur sommet, la foule est moins dense et moins nombreuse qu'à l'ordinaire. C'est ainsi depuis le départ de Nice et c'est une évidence.

Sur le Tour de France, le mot Covid n'est plus prononcé depuis quelques jours mais il pèse toujours. On redoute surtout qu'il revienne.