Tour de France : les Slovènes Roglic et Pogacar écrasent (déjà) la concurrence

Alors que les Français ont vécu une véritable déroute sur les pentes du Puy Mary, le Maillot jaune Primoz Roglic et son dauphin Tadej Pogacar, les deux Slovènes ont assommé la concurrence.

 Puy-Mary (Cantal), le 11 septembre 2020. Primoz Roglic devance son compatriote Tadej Pogacar sur la ligne d’arrivée.
Puy-Mary (Cantal), le 11 septembre 2020. Primoz Roglic devance son compatriote Tadej Pogacar sur la ligne d’arrivée. AFP

Le Tour s'est éclairci au sommet du Puy Mary. Loin derrière le Colombien Daniel Martinez (Education First), vainqueur du Dauphiné au mois d'août, et l'Allemand Lennard Kamna (Bora) son dauphin sur l'étape, les favoris se sont expliqués. Entre grands. Et il n'y a plus de doute désormais.

Le Massif central a établi une hiérarchie très nette sur la Grande Boucle. Primoz Roglic (Jumbo Visma), le Maillot jaune file vers un destin doré à Paris. Ce vendredi, il a terminé au sprint devant son jeune compatriote Tadej Pogacar (Emirates), qui pointe à 44'' au général. Et on voit mal qui pourrait venir perturber ce duo slovène d'ici les Champs-Elysées. Egan Bernal (Ineos Grenadiers) qui a laissé 38'' dans la bataille, navigue aujourd'hui à la troisième place du général, à 59'' du Maillot jaune. Le souffle court, la tête basse, il a rallié l'arrivée avec le visage défait du grand battu. Le Colombien, tenant du titre, n'a pas les armes cette saison pour rivaliser avec ses adversaires venus de Slovénie. Et les autres ?

Les Français ont montré leurs limites

Tous les Tricolores ont sombré ou montré leurs limites. Romain Bardet (AG2R), qui a chuté en cours d'étape et s'est blessé à la hanche droite notamment, a fini à 2'30'' de Roglic. Guillaume Martin (Cofidis), troisième au général le matin, a déboursé 2'46'' sur le Maillot jaune. Ces deux-là, respectivement 11e et 12e du général à plus de 3' vont courir pour un top 10 sur ce Tour. Thibaut Pinot (Groupama FDJ) avait lui disparu dès les premières rampes de la montée finale. Au point qu'un succès d'estime dans les Alpes semble aujourd'hui plus qu'utopique.

Julian Alaphilippe (Deceuninck Quick Step), qui avait brillé au début du Tour, victorieux à Nice et tunique jaune sur le dos durant trois jours, a lui tenté sa chance dans l'échappée. Mais il n'a pas amorti le relief. Dès que la route et le rythme se sont élevés, il s'est redressé et a fini en roue libre.

Au Puy Mary, le bleu-blanc-rouge a été effacé par le blanc-bleu-rouge : les couleurs du drapeau slovène. Qui flotte très haut sur ce Tour. « C'était une dure journée de labeur et je suis content d'avoir suivi les cadors (sic), confie, un brin modeste, Primoz Roglic. Mais même si tous les jours, on se rapproche de Paris, il y a encore pas mal de route d'ici là. »