Pogacar victorieux du Tour de France 2020 : des Champs-Elysées aux couleurs slovènes

Les drapeaux de la Slovénie étaient de sortie sur les Champs-Elysées ce dimanche pour saluer le héros du pays, Tadej Pogacar, vainqueur de son premier Tour.

 Il n’y avait que 5000 personnes mais de nombreux Slovènes sur les Champs-Elysées ce dimanche pour assister au sacre de Tadej Pogacar.
Il n’y avait que 5000 personnes mais de nombreux Slovènes sur les Champs-Elysées ce dimanche pour assister au sacre de Tadej Pogacar.  LP/E.M.

Ce samedi encore, Katia était devant sa télé à Ljubljana, capitale de la Slovénie. Elle ne ratait rien du duel épique entre ses deux chouchous Tadej Pogacar, vainqueur du Tour 2020, et Primoz Roglic. Ce dimanche, elle secouait fièrement ses drapeaux slovènes à bout de bras en haut des Champs-Elysées, aux côtés de son mari et de ses deux enfants, dans la seule zone ouverte pour les 5000 spectateurs autorisés. « Nous nous sommes décidés samedi à venir, sur un coup de tête. On a pris l'avion à l'aube et on repart dans la soirée pour être au bureau lundi matin. Mais on ne pouvait pas rater ça : c'est un jour historique pour notre pays », confie Katia.

A deux pas, Alen et ses amis abordent avec la même fierté les couleurs blanc, bleu, rouge à l'horizontal de cette petite nation des Balkans qui a reçu un vrai coup de projecteur, l'histoire d'un tour. Eux aussi sont venus exprès à Paris pour l'occasion : « On est venus pour chanter notre hymne national quand Tadej et Primoz passeront devant nous, expliquent-ils. On en a déjà les poils qui se dressent sur la peau en y pensant. L'émotion de toute notre nation est très forte. On vit un très grand moment. Ce qui se passe autour du Tour en Slovénie est une pure folie. »

« Entre Primoz et Tadej, on n'avait pas de préférence. Les deux sont de grands champions, des héros à égalité », assure Samo, qui a aussi fait le voyage. Il n'y en a pourtant qu'un qui inscrit pour la première fois son nom au prestigieux palmarès de la plus grande course du monde : Tadej Pogacar. Un gamin au visage d'ado qui fête son 22e anniversaire ce lundi. Un prodige pressé sur lesquels les experts du cyclisme vont maintenant se pencher. Que vont-ils trouver alors que Pogacar est sorti propre après tous ses contrôles antidopage.

Katia, son mari et leurs enfants ont pris un avion à l’aube ce dimanche matin depuis Ljubljana pour assister à ce moment historique./LP/E.M.
Katia, son mari et leurs enfants ont pris un avion à l’aube ce dimanche matin depuis Ljubljana pour assister à ce moment historique./LP/E.M.  

Mais dans son équipe, UAE Emirates, tout le monde n'affiche pas un passé sans tache. A l'image du directeur sportif suisse, Mauro Gianetti, et du manager espagnol, Joxean Matxin Fernandez, manger. Les deux hommes étaient déjà sur le Tour en 2008, dans l'équipe hispanique Saunier-Duval, un fabricant de chaudières… le surnom donné aux dopés dans le peloton. Ils faisaient bloc autour de l'Italien Riccardo Ricco, un prodige lui aussi, expulsé du Tour par la police pour dopage cette année-là.

Mais soupçon est un mot qui ne semble pas se traduire en slovène. « C'est bien français de penser des choses pareilles, sourit Jaka, arborant un tee-shirt jaune à l'effigie des deux stars du jour. Vous oubliez que Pogacar est un immense champion. Ne cherchez pas le mal ! » Metka Ipavic, l'ambassadrice de Slovénie en France, met aussi en avant le côté positif : « Les exploits de nos coureurs permettent à des millions de gens de mieux connaître notre pays. Un Slovène qui gagne la plus grande course du monde, c'est incroyable. Qui aurait pu imaginer que ça arriverait un jour ? »

Pas grand monde, pas même le président de la République du pays, Borut Pahor qui, masque jaune sur le visage, jubile : « Ce qui se passe chez nous avec le Tour de France est quelque chose d'immense. Je suis moi-même un grand fan de cyclisme, je pense que c'est un des meilleurs Tour que nous avons vécu. Je connais personnellement nos deux champions et j'espère que Tadej, qui est encore tout jeune, va en gagner d'autres. Je lui souhaite, je nous le souhaite, à nous les Slovènes. »