Le coureur de Nogent Conn McDunphy «heureux d’être en vie» après sa terrible chute

Victime d’une fracture du crâne dimanche lors d’une chute collective dans la troisième manche de la Coupe de France DN1, le cycliste irlandais sait qu’il revient de loin. Il espérait quitter ce mardi l’hôpital de Lyon où il avait été héliporté.

 « Quand tu chutes à 60 km/heure ou plus, tu as de la chance de t’en sortir », souligne Conn McDunphy, qui souffre d’une fracture de l’os occipital.
« Quand tu chutes à 60 km/heure ou plus, tu as de la chance de t’en sortir », souligne Conn McDunphy, qui souffre d’une fracture de l’os occipital. Photo DR.

« Quand tu chutes à 60 km/heure ou plus, tu as de la chance de t'en sortir. Je vois les choses comme ça : j'ai eu de la chance, je suis juste heureux d'être vivant. » Allongé sur son lit à l'hôpital Edouard Herriot de Lyon (Rhône), la nuque immobilisée par une minerve rouge, Conn McDunphy se montre positif ce lundi 12 octobre au lendemain de son grave accident dans la troisième des quatre manches de Coupe de France de DN1.

Le coureur irlandais du CC Nogent-sur-Oise sait qu'il revient de très loin après avoir été pris dans une chute collective à une trentaine de kilomètres de l'arrivée d'Arbent-Bourg-Arbent, dans l'Ain.

Une chute impressionnante qui l'a laissé inconscient pendant plusieurs minutes et qui lui a occasionné une fracture du crâne au niveau de l'os occipital, sans lésion neurologique ni au niveau du rachis. « Je ne suis pas bien aujourd'hui, confie celui qui avait été sacré champion d'Irlande du chrono Elite le 1er octobre. Ça me fait mal si j'essaie de bouger. »

«Dix minutes très compliquées»

D'abord évacué par le Smur sur l'hôpital d'Oyonnax (Ain) dimanche, il a été héliporté à Lyon dans la foulée. Vingt-quatre heures après, il ne se souvient pas de la chute, dans laquelle son coéquipier Romain Bacon a également été pris (touché à une cheville). « Je me souviens juste qu'avant l'accident j'étais dans un groupe de trente, je me sentais bien, raconte Conn McDunphy. C'est tout ce dont je me souviens. Après… Je n'ai pas réalisé jusqu'à ce que je me réveille à l'hôpital. Puis je me suis retrouvé dans l'hélico. »

Entre-temps, un gros black-out pour lui, et une énorme frayeur pour son directeur sportif. « Il passe un ralentisseur dans la descente, se souvient Nicolas Louis, puis il y avait une courbe à droite. Avec la vitesse, la route humide et des pneus qui n'accrochent pas forcément, un coureur a fait un tout droit. Ça ne pardonne pas. Les mecs dans sa roue sont partis avec lui. Tu ne te rattrapes pas à cette vitesse, tu ne peux pas. Ils se sont encastrés à cinq ou six dans une haie de thuyas. Ils sont passés de 60 km/heure à zéro en deux mètres… »

La chute est très violente. « Je suis arrivé, il y avait zéro réponse, poursuit le directeur sportif de Nogent. Zéro réaction, incapable de serrer la main. Avec le choc, son cerveau s'est mis en off. Conn était en court-circuit complet. Pas de son, pas d'image, les yeux révulsés. Il était froid comme la pierre. Je l'ai eu dans mes bras dix minutes, à un moment je me suis dit ça y est, il s'en va. Je n'en menais pas large. Ça a été 10 minutes très compliquées. » Après un temps qui lui a paru une éternité, le premier frémissement encourageant est apparu.

Deux mois de rééducation

« Tu essaies de le réchauffer, de lui parler, de le maintenir en vie, explique Nicolas Louis. Au bout d'un moment, il a pris une inspiration, les yeux ont bougé, les pieds et les mains aussi, il voulait sortir du fossé. Je me suis dit : c'est bon, il revient un peu, la moelle épinière n'est pas touchée. Mais j'avais peur d'une hémorragie cérébrale. Avant qu'il soit dans l'ambulance, on m'avait dit qu'un hélico était déjà en attente à l'hôpital d'Oyonnax, ce n'est pas rassurant. » Jusqu'à ce que les examens passés permettent aux Nogentais de souffler.

« Il va bien, il est tiré d'affaire, ça ne nécessite pas d'intervention, embraie Nicolas Louis, toujours présent au chevet de son coureur ce lundi et jusqu'à sa sortie de l'hôpital. Mais, forcément, il n'a pas trop bien dormi, il est fatigué, il a mal un peu partout, le squelette a dû se tasser… Je le ramènerai en voiture. » « J'espère sortir d'ici ce mardi, confie Conn McDunphy. Et rentrer chez moi en Irlande dès que possible. »

Conn McDunphy devra porter une minerve pendant six semaines, puis suivre une rééducation de deux mois. Sa saison est évidemment terminée. Un moindre mal. « Le sport, je n'y pensais même pas hier (dimanche), confie Nicolas Louis. Je pensais juste à ce qu'il s'en sorte sans séquelles et qu'il puisse remarcher. »