Julian Alaphilippe comme à la maison au Tour de la Provence

Quatre mois après son abandon sur chute lors du Tour des Flandres, le champion du monde tricolore, redémarre une nouvelle saison. En France et en songeant à sa future paternité.

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 Si Alaphilippe a choisi le Tour de La Provence, c’est notamment pour son ascension, ce samedi, d’une partie du mythique mont Ventoux.
Si Alaphilippe a choisi le Tour de La Provence, c’est notamment pour son ascension, ce samedi, d’une partie du mythique mont Ventoux. LP/Philippe de Poulpiquet

En 2021, Julian Alaphilippe va découvrir son monde d'après. Chez le champion du monde, le changement c'est maintenant et partout. Et pas seulement parce qu'il ne va pas commencer, contrairement à ses habitudes, sa saison en Amérique du Sud. Cette année, ce sera la France et le Tour de La Provence où il s'alignera jusqu'à dimanche.

L'épreuve, coorganisée par sa compagne Marion Rousse, lui convient bien. Mais ce n'est pas une fleur qu'il a faite à cette dernière pour redonner de l'éclat à cette course. Il avait envie de la recourir depuis qu'il l'avait abandonnée en 2016. « Il a fait les choses dans les règles, explique Pierre-Maurice Courtade le directeur de l'épreuve et aussi son ami. Tout est passé par son équipe Deceuninck-Quick Step et il n'a absolument rien demandé pour s'aligner. Mon seul interlocuteur a été le directeur sportif de son équipe, Ricardo Scheidecker. »

« J'ai hâte de devenir papa»

Si Alaphilippe a choisi l'épreuve provençale, c'est notamment pour son ascension, ce samedi, d'une partie du mythique mont Ventoux où il n'a plus mis une roue depuis 2016. « Je crois que je ne me souviens même plus du parcours », sourit-il. Mais l'heure et l'humeur ne sont pas à convoquer les souvenirs et à parler au passé. Le futur s'annonce bien plus intense pour lui. Si après le Tour de La Provence, Alaphilippe mettra le cap sur l'Italie et un triptyque Strade Bianche, Tirreno-Adriatico et Milan-San Remo, l'épreuve qui le passionne le plus dure neuf mois.

L'annonce de sa prochaine paternité bouleverse sa vie et il l'avoue avec des mots aussi simples que sincères. « Cela change beaucoup de choses, lâche-t-il. Pas dans ma façon de me préparer sportivement mais dans celle de penser. Je suis très heureux et j'ai hâte de devenir papa. Je commence à parler aux gens dans l'équipe qui sont pères de famille et j'écoute leur expérience. Mais je me dis aussi que je suis chanceux d'avoir une super girlfriend comme Marion. Grâce à elle, je peux rester concentré sur mon programme sportif et mon travail. »

Cette année, Alaphilippe a tout bouleversé dans son travail. Avant même que les Tour de San Juan et de Colombie soient annulés, il avait décidé de ne pas mettre un océan entre la France et lui. Avec le Covid, il ne voulait pas qu'une quarantaine intempestive l'empêche de rentrer. Ni revenir malade comme c'était le cas depuis plusieurs années à cause des changements de température dus à l'altitude.

Aucune pression

Sportivement, Alaphilippe ne se met en tout cas aucune pression sur le Tour de La Provence. Lui qui mettait un point d'honneur sur Paris-Nice quand il revenait d'Argentine et de Colombie, sait qu'il n'est pas encore au mieux.

Les jambes répondent toujours mais sa main droite, cassée lors de sa chute pendant le dernier Tour des Flandres le 18 octobre où il commençait à songer la victoire, lui fait encore mal. « Je ne suis pas encore remis à 100 % de cette blessure, soupire-t-il. Car si les deux fractures aux doigts sont consolidées, j'ai aussi eu une déchirure d'un tendon qui reste très douloureuse. Je dois beaucoup m'échauffer avant de faire du vélo. Mais, d'après les médecins, l'évolution de la douleur est normale. Il y a un mois, je ne pouvais pas sprinter. Là, j'y arrive mais il me faut encore du temps. Mais ne comptez pas sur moi pour me plaindre. Je suis hyperheureux. »