Cyclisme : «Je veux retrouver le plaisir et gagner», Stéphane Rossetto rejoint Auber

Non conservé après six ans passés chez Cofidis, Stéphane Rossetto va pouvoir poursuivre sa carrière. Il a signé ce jeudi un contrat d’un an avec St Michel-Auber 93.

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 Après avoir redouté de devoir stopper sa carrière, Stéphane Rossetto a retrouvé le sourire en signant avec St Michel-Auber 93
Après avoir redouté de devoir stopper sa carrière, Stéphane Rossetto a retrouvé le sourire en signant avec St Michel-Auber 93 Thomas Maheux

Le 1er décembre, Stéphane Rossetto (33 ans) qui avait vu son contrat non renouvelé après 6 ans passés chez Cofidis ne cachait pas son inquiétude dans nos colonnes. Sans équipe, le coureur Seine-et-Marnais redoutait de devoir stopper sa carrière et la suite… Mais Stéphane Javalet et St Michel-Auber 93 lui ont tendu la main. Un retour aux sources pour Rossetto qui avait déjà évolué dans cette équipe (alors BigMat) en 2013 et 2014. Rossetto, remarqué par ses échappées lors du Tour de France 2019, effectuera sa première course avec Auber lors du Tour de la Provence (11-14 février).

Après plusieurs semaines d'incertitudes, retrouver une équipe doit être un soulagement pour vous ?

STÉPHANE ROSSETTO. Je suis apaisé, bien dans ma tête, et excité de retrouver cette équipe. Je connais son fonctionnement, celui du staff et eux connaissent le mien. Bien sûr, depuis 7 ans, on a chacun évolué. Mais je sais où je mets les pieds. C'est une structure qui tient la route, qui a du bon matériel. Son fonctionnement n'a rien à envier à certaines grandes équipes. Je suis content de mon choix.

Vous signez au mois de février alors que la saison vient de reprendre. Avez-vous craint de devoir arrêter votre carrière ?

J'ai vécu une période très difficile, je ne vais pas le cacher. Quand on est fin décembre, que presque toutes les portes se sont refermées les unes après les autres, tu te dis que c'est la fin, que seul un miracle pourrait te sauver… Evidemment que je pensais que je n'allais plus courir cette année.

Qui a fait le premier pas : Stéphane Javalet ou vous ?

C'est moi qui ai appelé Stéphane. En toute honnêteté, bien sûr que ce n'est pas ce que je recherchais au départ. J'aspirais à rester en WorldTour ou en Continental pro (NDLR : les deux premières divisions)… Ma longue période d'incertitude m'a au moins permis de réfléchir, sur moi-même, sur ce que je voulais vraiment, ce que je ne voulais plus. L'idée de revenir à Auber s'est peu à peu imposée à moi. Mes très proches m'ont encouragé dans ce sens. J'avais besoin de retrouver l'essentiel. L'essentiel est là… De l'humain, de la simplicité. On a beaucoup parlé avec Stéphane. Je ne voulais pas revenir comme un Petit Prince (sic) sous prétexte que je viens du World Tour…

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En signant chez St Michel-Auber, vous ne pourrez plus disputer les grandes épreuves du calendrier mondial comme le Tour de France. N'est-ce pas frustrant ?

J'adore les classiques, Liège-Bastogne-Liège, le Tour de Lombardie, j'ai eu la chance de disputer le Tour de France, la Vuelta, le Giro. C'est pour ça que je faisais du vélo… Mais je ne suis pas frustré. Le pire, c'est quand ton équipe a accès à ce calendrier mais qu'elle te laisse à la maison, sans raison. Je l'ai vécu. En revenant à Auber, je sais ce que je vais pouvoir faire et ne pas pouvoir faire. Peut-être que sur mon canapé quand je regarderais le Tour de France ou la Vuelta, j'aurais un petit pincement au cœur car je sais que j'y ai ma place. Mais, c'est la vie… Je vais vivre quelque chose de différent qui est tout aussi motivant que disputer un grand Tour.

Son coup de gueule au Tour 2019

Quel sera votre rôle chez St Michel-Auber 93 ?

Je vais être protégé et leader sur certaines courses qui correspondent à mon profil. Ça fait longtemps que cela ne m'était pas arrivé. Chez Cofidis, j'ai beaucoup travaillé pour les autres. À Auber, je veux retrouver le plaisir et gagner. Ce serait aussi une manière de remercier ceux qui m'ont tendu la main et leur rendre ce qu'ils m'ont apporté. Se sentir un peu considéré, ressentir de la confiance, ça met de la bonne pression. Si des personnes attendent après toi, mais de manière sincère, c'est forcément gratifiant.

Vous aviez déclaré regretter la manière dont Cofidis s'est comporté avec vous. Etes-vous amer et revanchard ?

Je sais très bien quelle équipe, quelles personnes m'ont vraiment aidé, ceux qui ont voulu m'enfoncer, m'ont mis des bâtons dans les roues ou ont colporté des choses fausses sur moi… Mais j'ai fait le tri. Je ne suis plus amer, même plus dégoûté. J'ai dépassé ce stade. Je regarde devant maintenant. Cofidis, je n'y pense plus. Ils font leur vie et moi la mienne. Ça s'est mal terminé mais ils m'ont apporté, fait progresser, j'y ai gagné un peu d'argent. Maintenant, je suis passé à autre chose. Mais au fond de moi, si on arrive à deux pour la victoire avec un Cofidis et que je le bats, je serais content…

Dans votre esprit, espérez-vous que cette année à Auber vous permettra de vous montrer pour rebondir dans une plus grande équipe pour 2022 ?

Je ne regarde pas à long terme. J'ai juste envie de briller pour moi et pour mon équipe. En France, la plupart des courses sont maintenant télévisées, c'est une chance. Si ça peut me donner accès à autre chose, tant mieux… Mais ce n'est pas ma préoccupation actuelle. J'espère être au top pour mai-juin avec des beaux objectifs comme les Championnats de France de chrono (NDLR : il a terminé deux fois 2e). Durant le mois de février, on va affronter le haut niveau mondial. Je ne suis pas un coureur de début de saison mais ma condition n'est pas trop mauvaise. Malgré cette période d'incertitude, j'ai toujours continué à m'entraîner.