Cyclisme : Thibaut Pinot dénonce les coureurs qui prennent des corticoïdes en compétition

Le grimpeur de la FDJ-Groupama s’élève contre « un cyclisme à deux vitesses ».

 Le Français, dont le Tour de France 2020 a été plombé par les douleurs dorsales, disputera le Giro cette année.
Le Français, dont le Tour de France 2020 a été plombé par les douleurs dorsales, disputera le Giro cette année. AFP/Marco Bertorello

C'est un vieux débat dans le peloton. Et il agace Thibaut Pinot. Dans une longue interview accordée ce mardi à L'Equipe pour évoquer la saison 2021, le grimpeur de la FDJ-Groupama évoque le sujet des corticoïdes, encore utilisés par une partie du peloton professionnel.

« Quand tu fais une infiltration ou que tu utilises de la cortisone, il y en a au moins pour trois semaines d'effets… Certains en font juste avant les courses. Tu es hors compétition, mais l'effet est là, souligne celui qui a renoncé à disputer le Tour de France cette saison pour s'aligner sur le Giro. Je suis complètement à l'opposé de tout ça, mais on est toujours dans un cyclisme à deux vitesses je pense. »

« Un mec qui a une AUT (NDLR : autorisation à usage thérapeutique) n'a rien à faire sur un vélo, explique celui qui a eu recours, hors compétition cet hiver, à une infiltration pour soigner les douleurs dorsales qu'il traîne depuis son Tour de France en septembre. Il n'est pas apte à être en compétition. Je ne comprends pas que les mecs fassent du vélo sous cortisone. »

« Arrêter le vélo, j'y pense très souvent »

L'Union cycliste internationale (UCI) vient d'annoncer que les corticoïdes seraient bannis du peloton à partir de 2022. Mais ce n'est pas le seul point qui agace Thibaut Pinot, également remonté contre les cétones, ce « carburant » musculaire utilisé notamment par l'équipe Jumbo-Visma, dont les performances avaient marqué la dernière Grande Boucle.

« Mais pourquoi les coureurs continuent de jeter leurs bidons dans la nature et par contre les petites fioles de cétones, ils les gardent dans les poches ? Je ne comprends pas, lance le grimpeur. On nous dit que ça fait maigrir, mais le plus dur dans le vélo, ce n'est pas de faire six ou sept heures, c'est justement le poids, de maigrir en gardant sa puissance et sa force. »

A 30 ans, le Français affirme également dans l'entretien ne jamais avoir envisagé de ne plus revenir sur le Tour malgré ses désillusions de 2019, où il avait été contraint à l'abandon, et de 2020. Mais raconte être parfois laissé des exigences de son sport.

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« Ah mais, arrêter le vélo, j'y pense très souvent ça. Depuis toujours, depuis que j'ai 18 ans, explique-t-il. J'ai toujours dit que quand je verrais que je ne suis plus capable de gagner des courses, j'arrêterais. Mais là ce n'est pas encore le cas, sinon je ne serais pas là. »