Crise sanitaire : une pétition pour la reprise du sport amateur rencontre un certain succès

Jonathan Zwikel, ancien international de hockey sur glace, souhaite mobiliser le monde amateur pour interpeller le ministère des Sports de l’importance de reprendre une activité physique dans les clubs pour les enfants.

 La pétition «Je suis un sportif en détresse» soulève une large adhésion du monde du sport amateur.
La pétition «Je suis un sportif en détresse» soulève une large adhésion du monde du sport amateur. Anthony Dibon / Icon Sport

Ils étaient à peine 9000 lundi dernier, ce jeudi on comptait déjà presque 21000 signatures. Lancée fin janvier, suite aux annonces gouvernementales sur la généralisation à tout le territoire du couvre-feu à 18 heures et l'arrêt des sports en intérieur (dans les gymnases et les patinoires) pour les mineurs, la pétition « Je suis un sportif en détresse » soulève une large adhésion du monde du sport amateur.

Imaginée et lancée par Jonathan Zwikel, ancien international de hockey sur glace (199 sélections entre 1997 et 2009) et Jason Lorcher, ex-hockeyeur professionnel, cette initiative est un cri d'alarme adressé à la ministre des Sports. Les deux amis demandent la reprise de l'activité pour les millions de sportifs amateurs en France.

«Le monde du sport est en retrait des débats»

« Le principe n'est pas de créer une polémique, on est tous conscients que la situation sanitaire est catastrophique, explique Jonathan Zwikel. Mais j'ai l'impression que le monde du sport est en retrait des débats par rapport à d'autres secteurs comme la restauration — et je suis moi-même concerné car j'ai deux restaurants à Marseille — ou le monde culturel. Je n'aime pas le terme essentiel mais je ne comprends pas pourquoi on estime que le sport n'est pas essentiel. »

Pour celui qui a disputé les Jeux olympiques de Nagano en 1998 puis de Salt Lake City en 2002, au-delà de l'aspect économique qui risque de provoquer la disparition de nombreux clubs amateurs — « Les licenciés qui partent ne reviendront peut-être jamais » — le sport est avant tout un enjeu d'utilité de « santé public ».

« Le sport a une légitimité sanitaire, psychologique et social, poursuit Zwikel. Une étude de l'OMS a prouvé que 10 % des décès en Europe étaient la conséquence de la sédentarité. En privant les enfants de sports, on les incite à regarder la télé ou jouer à des jeux vidéo. C'est une catastrophe pour l'avenir. On va recevoir les Jeux olympiques en 2024 mais nos enfants n'auront plus le réflexe de pratiquer une activité. Est-ce qu'on veut que nos enfants ne pratiquent plus de sports? Le sport m'a construit, a fait de moi l'homme que je suis. La situation sanitaire est grave mais stopper le sport n'est pas une solution, c'est créer un nouveau problème. C'est un non-sens. »

Conscient que la priorité reste la maîtrise de la pandémie, ce papa de 3 enfants de 8 à 15 ans, par ailleurs président du club de hockey sur glace de Marseille, avait proposé des exercices en extérieur pour les jeunes licenciés de son club. « On faisait tous des efforts pour continuer à pratiquer malgré les contraintes sanitaires, les enfants se changeaient sur le parking car les vestiaires étaient interdits d'accès, on prenait la température avant chaque séance, mais on s'était adapté parce qu'on était prêt à tout pour continuer de jouer. Au final tout a été arrêté d'un revers de la main. C'était choquant. On veut juste s'exprimer et être entendu. C'est la démocratie. » Cette initiative rappelle celle des propriétaires des salles de sport et de fitness qui, dès septembre, avait lancé une pétition. Elle a été signée depuis par plus de 85 000 personnes.