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Couvre-feu : le monde sportif professionnel s’organise

Les clubs concernés par le couvre-feu et les ligues professionnels de rugby, volley et basket tentent de s’adapter aux nouvelles mesures sanitaires pour poursuivre les championnats.

 James Robert Hall et ses partenaires du Stade Français joueront le derby contre le Racing samedi devant 1000 personnes. Les deux clubs, soumis au couvre-feu, se sont entendus pour avancer le match et éviter le huis clos.
James Robert Hall et ses partenaires du Stade Français joueront le derby contre le Racing samedi devant 1000 personnes. Les deux clubs, soumis au couvre-feu, se sont entendus pour avancer le match et éviter le huis clos.  AFP/THIERRY BRETON

Les téléphones ont sonné, chauffé, les visioconférences se sont, elles, multipliées ce jeudi. Au lendemain des annonces présidentielles - avec un couvre-feu entre 21 heures et 6 heures pour l'Ile-de-France et 8 autres métropoles dès demain -, les clubs professionnels concernés par ces mesures ont contacté leurs instances de tutelle pour s'organiser. L'objectif est de passer sans trop de casse cette période estimée, pour le moment, entre 4 et 6 semaines. Si le sport amateur risque d'entrer en hibernation avec l'impossibilité de jouer ou de s'entraîner le soir, l'élite elle espère poursuivre son activité grâce aux dérogations pour le haut niveau. L'objectif aussi est d'éviter de disputer des matchs à huis clos. Une rencontre sans public représente une perte de « 150 000 euros par match par rapport à la jauge des 1000 spectateurs », a calculé Thomas Lombard, directeur général du Stade Français rugby. Pour les clubs de basket ou de volley, un huis clos pourrait même être synonyme de faillite.

Pour éviter cette issue dramatique, les clubs ont demandé à avancer l'horaire de leurs matchs. Pour le moment, ils ont été entendus. Ainsi, le choc francilien de Top 14 entre le Stade Français et le Racing, initialement prévu le dimanche 25 octobre à 21h05 sur Canal +, a été programmé la veille à 18 heures. « On travaille avec Canal + pour que les matchs des équipes concernées par ces mesures ne soient pas programmés en soirée », confirme la Ligue de rugby.

Le basket opte pour des matchs avancés

La démarche est identique pour le basket dont le championnat de Jeep Elite est diffusé sur L'Equipe et Sport en France. A la différence que les clubs ne perçoivent aucun droit télé et que des matchs à huis clos auraient donc des conséquences encore plus dramatiques. Nanterre (Jeep Elite) a été le premier à réagir en demandant - et en obtenant - que son match contre Strasbourg se joue à 16 heures samedi. Il était initialement prévu à 20h45. Strasbourg aura ainsi le temps de quitter la région francilienne avant le couvre-feu et Nanterre évite donc le huis clos. Il pourra accueillir 1000 spectateurs, dont les partenaires et les abonnés.

« Jouer devant un public est vital pour nous », affirme Frédéric Donnadieu, manager général du club. Nanterre a fait cette demande pour tous ses matchs à domicile jusqu'à fin novembre. En Jeep Elite, il devrait obtenir gain de cause mais c'est moins évident pour les rencontres de Coupe d'Europe. Son voisin de Boulogne-Levallois, dont le budget est principalement constitué autour d'un pool de partenaires, aurait lui décidé de maintenir ses matchs en soirée et jouer à huis clos.

« La situation est préoccupante mais cela aurait pu être pire car elle ne concerne que quelques clubs, pas tout le championnat, souligne Michel Mimran, directeur général de la Ligue de basket. Les clubs peuvent donc s'organiser entre eux. Si on peut aussi inverser l'ordre d'une rencontre on le fera. Pour les matchs télévisés il faut qu'on s'entende pour qu'il soit avancé ou qu'un autre soit diffusé à la place. On doit tous s'adapter et être le plus conciliant possible dans l'intérêt général. »

Le volley se dit flexible

Même exigence pour le volley. « On n'a pas de droits télé, donc les recettes billetteries font partie intégrante du budget des clubs, explique Eric Tanguy, président de la Fédération français qui organise les championnats amateurs et professionnels. Il n'y a pas de raison qu'on ne trouve pas de solution quand on a une vision commune de sauver notre sport. On sera plus flexible pour que le maximum de matchs puisse se tenir. On va accorder des reports de match mais on n'imagine pas de stopper le championnat. » La survie des clubs en dépend.