Coupes d’Europe : quarantaine, reports de matchs, mesures sanitaires, quand le Covid sème la zizanie

Entre interdictions de voyager et restrictions en tout genre, les clubs de foot, de handball, de basket et de volley essaient de s’organiser au mieux.

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 Le PSG handball, engagé en Ligue des champions, est confronté à un calendrier chamboulé par les mesures prises pour limiter la circulation du Covid.
Le PSG handball, engagé en Ligue des champions, est confronté à un calendrier chamboulé par les mesures prises pour limiter la circulation du Covid. LP/Icon Sport/Hervé Bellenger

Organiser des coupes d'Europe à l'heure du Covid-19 et de ses nouveaux variants commence à virer au cauchemar. Songez que les footballeurs de Liverpool sont contraints de se déplacer à Budapest pour y disputer leur 8e de finale aller de Ligue des champions contre Leipzig. Les autorités allemandes ont refusé l'entrée sur leur territoire du club anglais. En Ligue Europa, Molde (Norvège) - Hoffenheim est délocalisé à Villarreal en Espagne. Quant à Benfica-Arsenal, le match se tiendra à Rome!

La poussée des variants et notamment la version britannique inquiète les autorités sanitaires européennes qui ont toutes opéré un tour de vis. Dans leur viseur, les rencontres sportives européennes, possible vecteur du virus en raison des multiples déplacements. Les délocalisations, quand il ne s'agit pas purement d'annulations, ne se limitent pas au foot. Avec une difficulté supplémentaire : les rencontres peuvent mettre aux prises des équipes en provenance de pays affiliés aux instances sportives européennes mais situées hors Union Européenne comme la Norvège, la Macédoine ou encore la Russie.

Vendredi dernier, le PSG Handball était encore heureux d'accueillir ce mardi le Vardar Skopje, après un premier report en octobre. Entre-temps, l'EHF, la fédération européenne, a annoncé que les Macédoniens n'étaient finalement pas autorisés à se déplacer dans la capitale, faisant ainsi écho aux dernières mesures gouvernementales, qui stipulent que « toute entrée en France et toute sortie de notre territoire à destination ou en provenance d'un pays extérieur à l'Union européenne est interdite à compter du 31 janvier minuit, sauf motif impérieux. » Si l'autorisation est accordée, il faut ensuite se soumettre à une septaine. Impensable pour un sport où on joue tous les trois jours.

Le PSG Hand a déjà trois matchs à rejouer

« On est dans une période où il faut s'adapter en permanence, reconnaît Thierry Omeyer, le nouveau manager du club parisien, qui compte déjà trois matches à rejouer en Ligue des champions. Chaque pays impose des règles sanitaires différentes et on est obligés de subir ces restrictions. La phase de poules qualificative doit se terminer le 3 mars, ça s'annonce très compliqué… »

A ce jour, onze rencontres ont déjà été remises concernant les clubs tricolores (huit pour les garçons, et trois chez les filles). En prenant en compte la spécificité de la localisation hors Union Européenne, entrée en vigueur le 1er février, trois matches à venir sont potentiellement injouables chez les garçons, et sept chez les féminines car programmées hors UE.

« C'est très problématique pour un club comme le nôtre, qui ne joue pas tout le temps la Coupe d'Europe, explique Fabien Roy, le directeur administratif de Toulouse, engagé en European League, la compétition bis. Notre challenge est de sortir des poules qualificatives pour jouer ensuite des clubs prestigieux. »

En volley, le club de Montpellier est également dans l'expectative. Alors qu'ils doivent se rendre à Moscou pour affronter le Dinamo le 24 février pour la demi-finale aller de la Coupe de la CEV (C2), les joueurs de l'Hérault ne savent toujours pas s'ils auront le droit de s'y rendre. « On est dans une situation indécise, explique-t-on au club de Montpellier. Pour le moment, la CEV (confédération européenne de volley) maintient le match mais on attend l'accord de la cellule interministérielle de crise (CIC) du gouvernement pour être sûr qu'on ne sera pas soumis à une septaine en rentrant. Cela aurait des répercussions sur notre calendrier. »

Les coupes d'Europe, un motif impérieux ?

Selon nos informations, un arbitrage final pour trouver un moyen d'éviter cette fameuse mise en septaine pour les clubs professionnels, serait en passe d'être mis en place par le gouvernement, et ce au titre de motif impérieux. « Les délais d'incubation des variants, surtout l'anglais, ne sont pas totalement maîtrisés, indique-t-on au ministère des Sports. Il faut que nous puissions apporter toutes les garanties nécessaires afin que les joueurs puissent reprendre sereinement les entraînements. »

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Selon l'Euroligue de basket, qui gère la compétition éponyme et l'Eurocoupe, seuls deux matchs concernant le Maccabi Tel Aviv n'ont pu se dérouler normalement. Les compétitions continentales – à l'exception de l'Euroligue – vont observer une pause en février en raison des matchs des équipes nationales. Mais la question est plus que jamais d'actualité avec des pays qui renforcent les mesures d'entrée sur leur territoire. « On attend des réponses du ministère pour savoir comment s'organiser, indique-t-on à la Ligue Nationale de basket. On n'aura d'autres choix que d'appliquer les consignes gouvernementales. »

«Les instances devront peut-être revoir les formats»

« Nous faisons tout pour rester optimistes, assure Fabien Roy. Depuis le début de cette pandémie, nous sommes capables de trouver des plans B, C, D… les moins pénalisants. » « On a la possibilité et la chance de continuer à s'entraîner et à jouer, conclut Thierry Omeyer. Etant donné qu'il n'y a pas énormément de visibilité, on se prépare du mieux possible pour chaque match. »

Le ministère a donc encore du pain sur la planche pour éclaircir les horizons de toutes les disciplines. Avec à la clé « un gros travail pour identifier les compétitions et donner s'il y a lieu ou non l'autorisation de venue sur le territoire ». « Concernant les équipes de France, ajoute-t-on, nous souhaitons qu'il n'y ait pas de septaine à leur retour. Nous allons saisir officiellement les fédérations qui pourront nous donner leurs propositions. C'est la même idée pour les compétitions sportives majeures, comme les grands tournois ou les qualifications pour les Jeux (NDLR : comme le prochain TQO de handball mi-mars avec la venue de la Tunisie à Montpellier) ».

Les autorités étudieront les compétitions « au cas par cas ». « L'idée est néanmoins de limiter les déplacements. À un moment, il faudra inévitablement revoir les formats et que les instances européennes s'adaptent pour remodeler les calendriers. » Avec peut-être à l'esprit l'idée de récréer pour certains tournois des bulles sanitaires à l'instar de celle mise en place pour la Ligue des champions à Lisbonne l'été dernier ou lors du dernier Championnat du monde de handball en Egypte.