Clarisse Crémer, 12e du Vendée Globe : «Je n’ai pas assez pris soin de moi en mer»

La tournée se poursuit pour Clarisse Crémer, qui a bouclé son tour du monde mercredi 3 février, après 87 jours en solitaire.

 Paris XVe, le 8 février. Clarisse Crémer, 12e du Vendée Globe 2020, est de retour sur la terre ferme.
Paris XVe, le 8 février. Clarisse Crémer, 12e du Vendée Globe 2020, est de retour sur la terre ferme.  LP/Fred Dugit

La voilà, les deux pieds sur terre, la tête encore quelque part sur les océans. Six jours après son arrivée du Vendée Globe - le tour du monde en solitaire - Clarisse Crémer s'est lancée dans un marathon médiatique, avec un détour par les locaux du « Parisien - Aujourd'hui en France ». L'occasion de retrouver celle qui chaque semaine, tenait un carnet de bord dans nos colonnes.

Elle a troqué son ciré pour un pantalon en velours marron et un petit pull bleu. Maquillée, coiffée, la première femme du Vendée Globe 2020 est apprêtée. « Je n'ai pas assez pris soin de moi en mer », estime celle qui a bouclé son tour du monde en un peu plus de 87 jours. Elle raconte ainsi ne pas s'être lavée « entre le 24 novembre et le 12 janvier ». « L'idée de dépenser de l'énergie pour faire chauffer de l'eau et me laver les cheveux me dépassait, j'étais en mode animal… Pourtant se laver, se changer permet de rythmer la journée. »

Au large du golfe de Gascogne elle a rangé ses affaires et lavé son bateau. « J'ai, en quelque sorte, fait mes valises. J'avais dû ralentir pour laisser passer la dépression. Cette petite pause m'a permis de me projeter sur l'arrivée. Mais on ne se prépare pas vraiment en fait. Dans le chenal des Sables-d'Olonne, je ne comprenais pas trop ce qui m'arrivait. »

Trois mois à écouter son bateau

Jamais la navigatrice de Banque Populaire ne s'est ennuyée. Elle a dévoré une dizaine de romans, regardé des comédies romantiques mais rarement téléphoné à ses proches « parce que d'entendre les voix peut te faire craquer ». Surtout, elle a beaucoup écouté… son bateau. « En rentrant, je me suis rendu compte combien le silence était fascinant. Pendant trois mois, j'ai analysé le moindre bruit, dans 99 % des cas, un nouveau bruit est synonyme de nouveau problème. Comme cette fois où je dormais et où, d'un coup, le bruit des vagues n'était plus le même, en fait l'eau était rentrée dans mon bateau ! »

Les pépins techniques ont été nombreux. « J'ai parfois travaillé huit heures de suite sur une réparation. Avec la fatigue, tout te paraît plus compliqué, sur le coup tu dis que tu n'y arriveras jamais ! » A aucun moment, elle ne s'est ennuyée. « Les trois premiers jours je me suis dit que je n'allais pas survivre à ce truc, mais je me suis jamais demandé ce que je faisais là. »

Dans la nuit de samedi à dimanche, elle a enfin pu retrouver le sommeil. « De 23 heures à 9 heures, non-stop, comme une enfant. » Clarisse va faire une pause, prendre des vacances. Et réfléchir à la suite et à un éventuel nouveau tour du monde.