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Boxe : « Il est temps de passer à la vitesse supérieure », affirme Tony Yoka

En moins de deux minutes, Tony Yoka a battu Johann Duhaupas. Le choc des poids lourds tant attendu a tourné court mais permet au champion olympique de voir loin.

 Tony Yoka et son adversdaire malheureux, Johann Duhaupas
Tony Yoka et son adversdaire malheureux, Johann Duhaupas AFP/FRANCK FIFE

A peine le temps de monter sur le ring que Tony Yoka en est redescendu pour lever les bras. Le champion olympique des poids lourds a battu Johann Duhaupas au premier round par arrêt de l'arbitre ce vendredi à la Paris Défense Arena. Une victoire expéditive riche d'enseignements pour celui qui poursuit sa conquête du titre de champion du monde.

Vous attendiez-vous à une victoire aussi rapide ?

Tony Yoka. J'ai beaucoup travaillé pour préparer cette soirée. Je m'attendais à un combat très très dur. Je sais que face à Johann Duhaupas, je passais un premier gros test et je ne m'attendais pas à gagner au premier round. La tactique était de le tester d'entrée en envoyant des coups très lourds pour voir comment il réagissait. Au final, j'ai trouvé l'ouverture.

Êtes-vous pleinement satisfait ?

Je suis content du combat, content d'avoir pu battre Duhaupas au premier round, ce que personne n'avait jamais fait. Johann est un grand champion que je respecte énormément.

Vous avez eu le temps de tout donner ?

Oui, c'était puissance maximale. Johann, s'il se relève et se motive, c'est un autre combat. Je n'ai pas voulu lui laisser cette chance.

N'êtes-vous pas frustré de gagner aussi vite ?

Si, car on fait trois mois de préparation. J'ai couru des 400 mètres en pagaille, j'ai fait plein de rounds de prépa mais c'est aussi grâce à ça que j'ai gagné dès la première reprise. Donc, tout cela a été très utile.

Qu'apprenez-vous d'un combat aussi expéditif ?

J'apprends que je frappe fort, que je suis capable de mettre à terre un opposant comme Duhaupas, ce que même Deonté Wilder n'a pas réussi à faire. Je prends confiance en moi au fil des combats et je pense qu'il est temps de passer à la vitesse supérieure.

Les critiques vont dire que vous avez battu un boxeur de 39 ans…

Mais c'était un gros combat. En France, on ne connaît pas la boxe, on ne connaît que le foot. Quand Klitschko a boxé Joshua, il avait 41 ans et qui avait crié au scandale ? Foreman avait 45 ans quand il est devenu champion du monde, et alors ? Chez les lourds, on arrive à maturité tardivement. Moi, je n'ai que 28 ans.

Des sifflets ont accueilli votre entrée dans la salle : les avez-vous entendus ?

Je n'y ai pas prêté attention. Je connais le public, il est dur, il attend énormément de moi et cela fait plaisir d'avoir du soutien pour un combat franco-français.

Un autre poids lourd français est venu vous provoquer sur le ring, Raphaël Tronché. Comment l'avez-vous reçu ?

Pfff… Je ne le calcule pas. Cela fait deux ans qu'on essaye de monter ce combat. Johann (Duhaupas) est un grand champion, il a baroudé. Tronché, il n'a rien fait. Moi, j'ai essayé de faire grandir la boxe en France pour donner sa chance à tout le monde et on me crache dessus. J'ai boxé Johann, je ne vais pas descendre pour boxer Tronché.

Que pouvez-vous promettre pour les mois à venir ?

Beaucoup de combats si les mesures sanitaires le permettent. S'il faut boxer à huis clos, on boxera à huis clos mais il faut que je continue à boxer en faisant 5 ou 6 combats avant l'été prochain pour pouvoir viser autre chose l'année prochaine.

En France ou aux Etats-Unis ?

Les deux. Le Covid-19 nous a obligés à rester en France mais les frontières vont se rouvrir. Je vais aussi pouvoir boxer en Angleterre. Il faut juste attendre.

Vous avez de cibles ?

Plusieurs : maintenant je peux regarder vers l'avant pour viser des tops mondiaux. Je monte en puissance et je gagne en confiance. Même si j'aurais préféré tester mes limites. On me demande tout le temps si j'encaisse, si je suis fragile.