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Boxe : Duhaupas se dit «touché dans son cœur et son âme», après avoir été balayé par Yoka

Terrassé par la puissance de Tony Yoka dès les premières minutes de son combat, Johann Duhaupas a sans doute dit adieu à la boxe ce vendredi. Avec tristesse.

 Tony Yoka à droite n’a laissé aucune chance vendredi à Johann Duhaupas, terrassé dès la première reprise.
Tony Yoka à droite n’a laissé aucune chance vendredi à Johann Duhaupas, terrassé dès la première reprise. AFP/Franck Fife

Il est descendu du ring les larmes aux yeux, triste et abattu, ce vendredi soir à Paris - La Défense Arena. Saoulé trop rapidement par la puissance des coups de Tony Yoka. KO debout, désespéré : Johann Duhaupas avait imaginé tous les scénarios possibles avant d'affronter le champion olympique dans ce qui était le duel franco-français le plus attendu de ces dernières années. Soutenu par une grande partie des 5000 spectateurs, « Le Reptile » pensait pousser son jeune rival dans ses derniers retranchements pour ce « 12 rounds » qui devait être un des derniers combats de sa brillante mais trop anonyme carrière.

L'arbitre a-t-il arrêté trop tôt ?

Mais Johann Duhaupas n'a tenu qu'une minute et demie, arrêté par l'arbitre alors que le combat venait à peine de commencer. Sur une première frappe de Yoka, il a mis un genou à terre puis un deuxième quelques secondes plus tard. C'était un de trop. « Je me suis fait cueillir à froid en voulant jouer sur la longueur. Yoka a accéléré et je me suis fait surprendre. Je vous garantis pourtant que je suis loin d'être KO. J'étais debout très rapidement et je pouvais continuer », regrettait l'Abbevillois après l'assaut rapide, trop rapide.

L'arbitre a-t-il arrêté le combat trop tôt ? Au bord du ring, c'était l'impression à chaud. À la télé, les images sont plus terribles pour le malheureux qui titube vraiment. « Je ne sais pourtant pas pourquoi l'arbitre arrête, dit encore le Français. Je me relève tout de suite, ça se voit, non ? Mais la décision est déjà prise. » Et il est trop tard.

« J'ai envie de reprendre une vie normale et active »

Boxeur très respecté par son milieu, attachant par sa personnalité mais trop méconnu du grand public durant ses 20 ans de carrière, Duhaupas était pour la première fois dans la lumière ces derniers jours. À déjà 39 ans. Ces projecteurs, Yoka les attire et ceux qui le défient en profitent. Mais pour Duhaupas (44 combats, 38 victoires, 7 défaites), l'ombre l'a réenveloppé aussi vite qu'elle était partie. « C'est la première fois que je prends un KO si rapide, note-t-il amèrement. Ça met un coup au moral à un mec comme moi qui a toujours voulu montrer qu'il était un dur. Je suis touché dans mon cœur, touché dans mon âme. C'est la pire des fins que je pouvais espérer. Jamais je ne l'avais cauchemardée celle-là, jamais… »

« Je pense que c'est la fin »

Un échec dont il aura du mal à se remettre alors qu'il avait avoué la veille n'avoir jamais aussi bien préparé un combat. « Je pense que c'est la fin, soupire l'ancien tourneur dans une usine de plastique. Je vais en parler avec mes équipes parce que là je réagis à chaud. Mais je pense réellement que j'ai fait mon temps. Il faut savoir s'arrêter quand le moment est arrivé. Je vais maintenant m'occuper de ma famille. J'ai envie de reprendre une vie normale et active. »

La soirée de vendredi était donc comme une passation de pouvoir au sommet de la hiérarchie des lourds en France. Tony Yoka a vaincu le vieux lion courageux et n'en déplaise à ses détracteurs, le champion olympique a montré qu'il était un très bon boxeur et le boss dans l'hexagone. Maintenant, il doit le montrer au monde entier et il aura pour ça le soutien de son adversaire malheureux. Après s'être longtemps cherchés sur les réseaux sociaux, les deux hommes sont tombés dans les bras l'un de l'autre, preuve d'un respect non feint.

« Tony a montré face à un ancien challenger mondial, moi en l'occurrence, qu'il était efficace. Je lui souhaite bonne route pour la suite. Je lui souhaite d'être champion du monde car malgré tout ce qu'on a pu se dire, l'attachement entre nous est réel », a terminé le vaincu, parti noyer son chagrin parmi les siens.