Basket : le maire de Cholet menace d’interdire des matchs de championnat

Face à un protocole sanitaire qu’il trouve « absurde », Gilles Bourdouleix a décidé d’interdire l’accès à la salle de basket de Cholet pour les équipes adverses qui ont au moins un joueur positif au Covid-19.

 Bien que testé positif au Covid-19 quelques minutes avant le début du match de l’Asvel à Cholet, le Villeurbannais Norris Cole (à gauche) a joué 40 secondes.
Bien que testé positif au Covid-19 quelques minutes avant le début du match de l’Asvel à Cholet, le Villeurbannais Norris Cole (à gauche) a joué 40 secondes. AFP/Loic Venance

Les ennuis s'accumulent au dessus des paniers. Le 18 septembre, quelques heures avant le coup d'envoi de la finale de la Coupe de France féminine, les clubs de Bourges et de l'Asvel mettaient la Fédération française devant le fait accompli et refusaient de disputer ce match à l'Accor Arena à Paris en raison de nombreux cas de Covid-19 dans leurs rangs. Dimanche, l'Asvel a de nouveau été au cœur d'une polémique en laissant jouer - à peine 40 secondes - lors d'un match du championnat de Jeep Elite à Cholet un joueur testé positif.

Le club assure avoir pris connaissance du résultat à « quelques minutes du coup d'envoi ». « L'information a été transmise immédiatement à la LNB et notre staff a, conformément à la réglementation sportive, sorti ce joueur inscrit comme titulaire sur la feuille de match, au premier arrêt de jeu », explique le communiqué du club de Tony Parker.

Mais le mal était fait pour Gilles Bourdouleix, maire de Cholet. Ce dernier a donc décidé de « porter plainte pour mise en danger de la vie d'autrui contre le coach de l'Asvel ( NDLR : Fred Fauthoux ), qui a mis le joueur sur le parquet, contre le joueur ( Norris Cole ), contre le club et contre la Ligue de basket ( LNB ) ». Une action rarissime que l'édile assume. Il pointe du doigt « l'absurdité des protocoles sanitaires » qui s'appliquent dans les différents championnats sportifs en France et n'exclut pas de poursuivre également le ministère des Sports qui valide ces mesures.

« C'est surréaliste dans le contexte sanitaire actuel, poursuit Bourdouleix, par ailleurs avocat dans le civil. Je ne comprends pas pourquoi on oblige, dans la population, des cas contact à rester chez eux pendant une semaine et qu'on laisse des joueurs sur les terrains alors qu'ils se sont entraînés avec des cas positifs. Même le Premier ministre a été isolé une semaine à Matignon après avoir appris que le directeur du Tour de France (NDLR : Christian Prudhomme, qui est par ailleurs le beau-frère de Bourdouleix ), avec qui il avait passé une après-midi dans la voiture, avait été testé positif. Le sport est traité différemment. C'est uniquement une histoire d'argent. Mais dans dix ans, on se moquera totalement que des championnats de foot, de rugby ou de basket aient été bouleversés, en revanche les morts du Covid seront toujours au cimetière. Il faut savoir quelle est la priorité. »

Lui le sait. « Si j'apprends qu'un club adverse a un cas positif parmi ses joueurs, je prendrai un arrêté pour interdire l'entrée de la salle, prévient le maire de Cholet depuis 1995. C'est dans mon pouvoir et c'est une décision d'intérêt public. L'objectif est que ces joueurs soient isolés pendant 7 jours jusqu'aux tests suivants. Ça bouleversera peut-être le calendrier du championnat mais c'est mieux que de voir des gens contaminés. C'est une situation dangereuse. J'irai jusqu'au bout. »

Selon les règlements, c'est à l'Agence régional de santé (ARS) de désigner des cas contacts après avoir été informé d'un cas positif. Le club de Cholet, lui, pourrait perdre le match par forfait en cas de non accueil d'un adversaire dans sa salle. « Il devra trouver une autre salle », explique la LNB qui, après 4 journées de Jeep Elite, a déjà dû reporter 10 matchs pour raisons sanitaires.