AbonnésSports

Basket : «J’ai vraiment hâte que le vaccin arrive», avoue Boris Diaw

L’ancien capitaine de l’équipe de France est le parrain de la 19e édition des Journées de l’arbitrage. A l’occasion de sa visite dans nos locaux, il en explique les raisons et livre son regard sur la crise sanitaire.

 L’ancien basketteur Boris Diaw se confie notamment sur sa relation avec les arbitres durant sa carrière et de ce qu’ils représentent.
L’ancien basketteur Boris Diaw se confie notamment sur sa relation avec les arbitres durant sa carrière et de ce qu’ils représentent.  LP/Philippe Lavieille

Ponctuel, il est arrivé, ce mercredi matin, dans les locaux du Parisien - Aujourd'hui-en-France avec une minute d'avance sur l'horaire prévu. Confiné chez lui, en Gironde, l'ex-international français Boris Diaw (38 ans, 247 sélections) a eu le droit de quitter son domicile quelques jours pour défendre la cause des Journées de l'arbitrage, dont il est le parrain. Avant de poursuivre son marathon médiatique avec un passage aux Grosses Têtes sur RTL et au Moscato Show sur RMC, l'ancien champion d'Europe (2013) et NBA (2014), d'ordinaire discret sur ses engagements, est revenu sa relation avec les arbitres et sur la situation sanitaire qui affecte le sport.

Vous êtes une personnalité discrète, pourquoi avez-vous accepté d'être le parrain des Journées de l'arbitrage ?

BORIS DIAW. Pour mettre en avant, notamment auprès des jeunes, les valeurs de respect qu'on doit avoir envers les arbitres et mettre en lumière leur rôle essentiel. Sans joueurs il n'y a pas de match, mais sans arbitres non plus. Il ne faut pas oublier que c'est une mission d'intérêt général et de service public.

Comment vous comportiez-vous avec les arbitres ?

Gamin, quand je me faisais siffler, ça me faisait surtout rire mais après, quand tu deviens pro, tu prends les choses plus à cœur. Il peut y avoir des conséquences sur ta carrière, sur ton prochain contrat. Mais dans l'ensemble, j'ai toujours eu de bonnes relations avec les arbitres. Je suis rarement de mauvaise foi, normalement je reconnais toujours quand je commettais une faute (il sourit).

La fonction est souvent décriée. Pourquoi ?

C'est humain. Il y a un enjeu, quand tu joues c'est pour gagner donc tu peux t'énerver si tu penses qu'il y a une erreur. Mais tu ne gardes pas d'animosité. Personne ne prend que des bonnes décisions, que ce soit un joueur ou un arbitre. Parfois tu es bon, parfois tu ne l'es pas. Il n'y a rien de méchant.

Auriez-vous fait un bon arbitre ?

Il n'est pas trop tard (rires). Autant je ne peux plus être un bon joueur, autant je pense pouvoir m'en sortir en tant qu'arbitre.

Vous dîtes que l'arbitre a une mission d'intérêt général, qu'en est-il du sportif ? On a vu que votre ami Tony Parker avait pris la parole pour défendre le sport français affecté par la crise sanitaire…

Oui c'est bien que certains prennent la parole, cela permet de faire avancer les choses. C'est important. Tony l'a fait pour défendre son club ( NDLR : l'Asvel Lyon Villeurbanne ) et le sport en général. Quelqu'un comme Kylian Mbappé m'impressionne par sa maturité et je le vois bien défendre des causes. Il serait très bien. Mais je ne suis pas aussi connu qu'eux et je n'ai pas d'appétence pour ça. Si quelque chose me déplaît ou me séduit je le ferai à ma façon, sans que ce soit médiatisé. Mais je n'ai rien prévu pour le moment.

La situation du sport en France vous inquiète-t-elle ?

Bien sûr, il y a les conséquences sur le sport mais aussi sur toute la société. Tous les secteurs et tous les corps de métier souffrent aujourd'hui avec cette pandémie. C'est bien que des ambassadeurs de chaque corps de métier se manifestent et soient entendus. Je suis issu du monde sportif mais j'ai une vision plus large aussi. C'est une crise globale mais je ne pense pas avoir une légitimité pour prendre la parole.

Comment vivez-vous ce nouveau confinement ?

Comme tout le monde, je prends mon mal en patience. J'essaie d'en profiter pour me rendre utile. Mais c'est une privation de liberté, de mouvements. J'avais prévu que mon après-carrière me permette de voyager, de découvrir des choses, d'aller où je veux quand je veux. Ce n'est pas possible actuellement. Je ne peux même pas naviguer sur mon bateau. C'est interdit. J'ai vraiment hâte que le vaccin arrive. Cela pourrait permettre de retrouver une vie plus normale et de vivre des JO ( NDLR : à Tokyo l'été prochain ) apaisés.

Vous craigniez que les Jeux soient annulés ?

Rien ne semble pouvoir empêcher une troisième vague si ce n'est un vaccin. Avec le nombre d'athlètes et de pays qui participent aux JO, c'est forcément un sujet délicat. J'aimerais aussi revoir du public dans les stades. J'ai assisté à un match de foot à Bordeaux, c'est très bizarre. Tu as l'impression d'être à un entraînement, tu entends tout… C'est horrible. Le public fait partie du jeu. En tant que sportif, on préfère être avec un public bouillant qui siffle contre nous que sans.

Quatre jeunes Français participent à la Draft NBA ce mercredi soir. Que représente ce moment ?

Ça me rappelle de vieux souvenirs maintenant. Tu as des papillons dans le ventre (sic), tu attends que ton nom sorte, tu es dans le stress pendant les heures qui précèdent. Après, tout va très vite. Ils vont basculer rapidement dans un autre monde. Leur vie va changer d'un coup. Mais quelle vie !