Basket : «Il y a de grosses craintes que la saison soit perturbée», confie Léo Westermann

Même s’il est impatient de retrouver les parquets avec son club turc du Fenerbahçe, qui débute l’Euroligue ce vendredi, l’international français ne cache pas son appréhension face à la situation sanitaire.

 Avec le confinement, « On a dû s’adapter et faire une reprise crescendo », confie Léo Westermann, qui débute l’Euroligue ce vendredi.
Avec le confinement, « On a dû s’adapter et faire une reprise crescendo », confie Léo Westermann, qui débute l’Euroligue ce vendredi. AFP/Jean-François Monier

Il n'est sans doute pas le Français le plus connu du grand public mais, pour les spécialistes du basket, Léo Westermann est l'un des Tricolores les plus réputés sur la scène continentale. Champion de Serbie avec le Partizan Belgrade (2013, 2014), de France avec Limoges (2015), de Lituanie avec le Žalgiris Kaunas (2017, 2019), de Russie avec le CSKA Moscou (2018), l'international tricolore de 28 ans vise désormais le titre en Turquie avec le Fenerbahçe Istanbul. Une mission retardée en raison de l'annulation du championnat la saison dernière pour raisons sanitaires. Avec son club, Westermann jouera aussi les outsiders en Euroligue qui débute ce vendredi.

Quel est votre état d'esprit avant de reprendre la compétition ?

LEO WESTERMANN. Rester cinq mois sans le moindre entraînement collectif et sans disputer de compétition n'est pas simple. On a dû s'adapter et faire une reprise crescendo. Le corps a besoin de se réhabituer au rythme du sport de haut niveau. On a vécu une situation exceptionnelle.

Comment avez-vous vécu le confinement ?

On a été le dernier championnat à s'arrêter. Après l'annonce, je suis resté en Turquie, mon fils Milan est né pendant cette période. On se sentait bien à Istanbul. On pouvait sortir sauf le week-end où tout était fermé. Je suis rentré en France début juin après avoir reçu le passeport de mon fils.

Le basket vous a-t-il manqué ?

Evidemment mais honnêtement, pendant le confinement, j'ai rapidement basculé sur autre chose. Pour une fois, j'avais la chance de profiter de ma famille, de ma fille (NDLR : Mila, bientôt 5 ans). Je sais maintenant qu'être prof est un sacré métier (sourire)… Ce sont des moments rares. J'ai vraiment apprécié.

Et maintenant ?

Tout le monde a faim, de basket et de sports de manière générale. Moi le premier. Revoir du basket à la télé, avec la NBA, fait énormément de bien. J'ai vraiment hâte que tout reprenne en espérant que ce soit possible. C'était très agréable de retrouver les partenaires. Dans le club, il y a eu beaucoup de changements, des joueurs et le coach (Igor Kokoskov, champion d'Europe avec la Slovénie en 2017) qui a été le premier européen à entraîner en NBA. Tout le monde est très excité. Même si le budget a un peu diminué, il y a beaucoup d'attentes et des objectifs élevés.

Craignez-vous que la saison soit de nouveau perturbée par la situation sanitaire ?

Il y a des grosses craintes qu'elle le soit. Moins pour le championnat turc, qui a repris le 26 septembre, car il est déjà prévu que l'on joue la phase aller à huis clos et toutes les mesures sont très respectées ici. Mais j'ai un peu plus peur pour l'Euroligue.

C'est-à-dire ?

On voit certains pays comme Israël qui se reconfinent. En France ou en Espagne, les taux de propagation du virus augmentent. Il y a des cas positifs dans de nombreuses équipes. Ça va être très compliqué à gérer même si on est testé régulièrement, jusqu'à 3 fois par semaine, avant chaque match.

Les salles turques sont réputées pour leur ambiance. Cela doit être étrange de jouer à huis clos ?

C'est particulier d'entendre les chaussures grincer sur le parquet, la moindre petite chose, les échos. Ce ne sont pas des sensations que les joueurs aiment entendre au basket. Je ne sais pas comment ça va se passer mais certains clubs vont être pénalisés et c'est un vrai casse-tête pour l'Euroligue. Mais on n'a pas le choix.

Fallait-il reprendre ?

Bien sûr, c'est un énorme business qui ne concerne pas que les joueurs ou les coachs, mais qui a un impact sur beaucoup de personnes et d'emplois. Partout, les gens ont repris le travail pour l'économie du pays, on devait aussi reprendre.

Les Jeux de Tokyo doivent se tenir l'été prochain - avec le risque que les joueurs NBA ne puissent pas les disputer - y pensez-vous ?

Ce n'est pas une obsession mais les Jeux sont dans un coin de ma tête… Ça fait quelques années que je ne suis plus appelé en équipe de France (sa 28e cape remonte à l'Euro 2017) mais je reste prêt si l'occasion se présente. Je joue dans un grand club et je travaille tous les jours pour m'améliorer.