Basket : cinq choses à savoir avant la reprise du championnat

Stoppée en mars dernier en raison de la crise sanitaire, la Jeep Élite rouvre ses portes ce mercredi soir avec Nanterre contre Bourg et Boulogne-Levallois en déplacement à Monaco.

 Désormais coaché par TJ Parker (en blanc), l’Asvel Lyon-Villeurbanne se présente comme le grandissime favori au titre de champion de Jeep Élite
Désormais coaché par TJ Parker (en blanc), l’Asvel Lyon-Villeurbanne se présente comme le grandissime favori au titre de champion de Jeep Élite AFP

Enfin ! Au repos forcé depuis le mois de mars en raison de la pandémie, le Championnat de France reprend ses droits ce mercredi soir avec deux matchs avancés de la 2e journée : Boulogne-Levallois se déplace à 19 heures à Monaco pour un choc entre prétendants au titre et Nanterre accueille Bourg à 20 heures. Commencer par des rencontres de la 2e journée est le symbole d'une saison qui s'annonce chaotique et incertaine en raison de la crise sanitaire.

Les Metropolitans veulent jouer les trouble-fêtes

Les départs soudains du président Boris Diaw et de l'entraîneur Fred Fauthoux - parti respirer l'air de l'Euroligue à l'Asvel - en l'espace de quelques jours au printemps dernier n'ont visiblement pas entamé l'appétit de Boulogne-Levallois. Avec un budget annoncé de 7,4 millions d'€ (juste derrière les 11,8 m d'€ de l'Asvel), les Metropolitans ne cachent pas leurs ambitions de jouer les épouvantails et de décrocher un titre. Pour succéder à Fauthoux sur le banc, le club a recruté pour deux saisons le Slovène Jure Zdovc, champion d'Europe en 2013 avec Limoges et coach réputé sur la scène européenne. Il sera aux manettes d'un groupe qui se connaît déjà avec 6 joueurs déjà présents l'an dernier.

Parmi les recrues phares, on peut noter l'arrivée du Bosnien Miralem Halilovic (ex Orléans, meilleur marqueur de Jeep Élite la saison dernière) - blessé, il sera absent au moins 6 semaines - et de l'ailier international français Lahaou Konaté. « On aura une équipe pour lutter face aux meilleurs, nous confiait en juillet l'ex-Nanterrien qui évoluait la saison dernière en Espagne. On est des compétiteurs donc on espère gagner des titres. On sait que l'Asvel a un beau projet mais celui de Boulogne-Levallois est aussi ambitieux avec une nouvelle salle prochainement (d'ici 2023) et la volonté de jouer en Euroligue. »

Nanterre part dans l'inconnu

Il ne parle pas de l'impatience de retrouver les parquets ni de l'adrénaline des compétitions. À quelques heures de la reprise de la saison, Pascal Donnadieu ne cache pas sa méfiance, ses craintes et son « angoisse de ne pas être prêt » et un sérieux problème d'équité avant de commencer le championnat. Le coach de Nanterre n'a pas été épargné par les soucis durant la préparation. Sur les huit matchs au programme, le club n'a pu en disputer que deux en raison de cas positifs dans ses rangs ou ceux de ses adversaires.

Il y a quelques jours Nanterre a vécu un nouveau coup dur avec la blessure pour toute la saison de l'ailier Lucas Dussoulier, « notre meilleur joueur lors de notre premier match de préparation » dixit Donnadieu. « On part dans l'inconnu, on n'a aucun repère, poursuit le coach. On a enchaîné les mauvais scénarios. On ne peut pas être prêt au niveau du jeu. Il y a eu de telles différences dans les préparations. Bourg a par exemple pu jouer ses huit matchs de préparation… Certains joueurs n'ont qu'un ou deux entraînements collectifs. » Difficile dans ces conditions d'évaluer la qualité du groupe et son potentiel malgré un recrutement malin. Le club, dont le budget est en baisse et avoisine les 4,4 millions d'€ (13e sur 18 de Jeep Élite), a ainsi signé deux anciens de la maison - le meneur Chris Warren, champion de France en 2013, et l'intérieur Brian Conklin - et le meneur Dwight Buycks, MVP du championnat en 2013. Le capitaine Isaïa Cordinier, l'un des meilleurs Français la saison dernière, aura à cœur de confirmer sa montée en puissance.

L'Asvel veut récupérer son titre

Privé d'un doublé qui lui tendait les bras la saison dernière en raison de l'arrêt du championnat, l'Asvel semble bâti pour vivre une belle saison. Le club de Tony Parker, champion de France 2018, est le grand favori à sa propre succession. « Sur le papier, c'est l'effectif le plus fort vu en France depuis vingt à vingt-cinq ans », a affirmé Laurent Legname, l'entraîneur de Dijon, après un match de préparation contre l'Asvel. Le collectif est en effet impressionnant, construit pour les joutes intenses de l'Euroligue. Premier - et de loin - budget (11,8 M d'€) et masse salariale (3,6 M d'€) de Jeep Élite, l'Asvel a étoffé son groupe aussi bien en quantité (15 joueurs pros) qu'en qualité.

Le nombre d'internationaux français (7 avec notamment le meneur Antoine Diot, l'ailier Paul Lacombe, l'intérieur Guerschon Yabusele ou le géant Moustapha Fall et ses 2,18 m) en ferait presque une équipe de France bis. Double champion NBA avec Miami et LeBron James en 2012 et 2013, Norris Cole a quitté la Riviera et Monaco pour rejoindre cette machine de guerre. Le boss Tony Parker a confié les rênes à son frère cadet TJ qui sera épaulé par Fred Fauthoux.

Les principaux adversaires de l'Asvel dans sa course à une 20e couronne nationale se nomment Monaco - dont le coach Zvezdan Mitrovic, limogé par… l'Asvel au printemps dernier, aura soif de revanche -, Dijon, équipe surprise la saison dernière, et Boulogne-Levallois.

Le basket enfin accessible pour tous

C'est une première ! Pour la première fois de son histoire, le Championnat de France sera accessible à tous les fans de la grosse balle orange. Gratuitement. Après les années confidentielles sur Canal +, Ma Chaîne Sport ou RMC Sport, il ne sera plus nécessaire de payer un abonnement pour voir son équipe préférée. Alors que l'accès aux salles s'annonce compliqué et drastique en raison de la crise sanitaire, la Ligue de basket a fait une croix sur les 10 millions de droits télés qu'elle percevait depuis cinq ans de la part de SFR pour offrir le spectacle au plus grand nombre.

La chaîne l'Equipe diffusera un match phare par journée - le plus souvent réservé à la case du lundi soir à 21 heures avec Christophe Denis (ex coach de Paris-Levallois) aux commentaires - et un autre le sera sur le site du média le samedi. Pour compléter la diffusion, la Ligue a également annoncé mardi un accord avec la chaîne « Sport en France », accessible gratuitement sur toutes les box. Une rencontre de Jeep Élite et une de Pro B seront diffusées en clair chaque semaine. Parallèlement la LNB propose une offre OTT ( acronyme d'Over-the-top quit désigne les contenus proposés au moyen d'une connexion Internet ), qui sera disponible à partir du 1er octobre 2020, sur la plateforme LNB.TV. Tous les matchs bénéficieront de commentaires et seront également visibles en replay. Pour la Ligue, cette exposition doit attirer de nouveaux partenaires et compenser la perte des revenus liés aux droits télé.

Une reprise sous haute surveillance, à plusieurs inconnues

L'annulation du All Star Game est une preuve supplémentaire que la saison qui débute ce mercredi sera placée sous la menace du Covid. Depuis le début des préparations, tous les clubs ont été impactés, à des degrés différents. Difficile d'imaginer que les tests positifs disparaissent avec le début de la saison. La LNB a donc envisagé plusieurs scénarios pour mener à bien le championnat et désigner un successeur à l'Asvel, champion en 2019. La priorité est de finir la saison régulière, quitte à faire une croix sur les playoffs. Les 34 journées de la saison régulière devront se terminer avant la date butoir du 15 juin. Si ce n'est pas le cas, un mécanisme de ranking établi sur les résultats de ces dernières saisons sera alors mis en place pour définir un classement final.

Chaque semaine, les équipes devront réaliser des tests. Si deux cas positifs sont détectés parmi les joueurs d'une équipe, ou trois parmi la délégation, le comité sanitaire nouvellement créé sera amené à statuer sur un éventuel report de la rencontre.