Athlétisme : un championnat de France contrasté pour les frères Lavillenie

Les deux frères perchistes ont connu un connu un destin opposé lors des Championnats de France. Valentin, titré, a pleuré de joie, Renaud de rage.

 Miramas, dimanche 21 février. Renaud Lavillenie, ici avec son coach Philippe d’Encausse : «C’est frustrant. J’aurais dû prendre des perches plus grosses.»
Miramas, dimanche 21 février. Renaud Lavillenie, ici avec son coach Philippe d’Encausse : «C’est frustrant. J’aurais dû prendre des perches plus grosses.» AFP/Clément Mahoudeau

Les frères Lavillenie ont terminé leur concours de perche des Championnats de France, en larmes. Valentin est tombé à la renverse et a éclaté en sanglots sur la piste de Miramas (Bouches-du-Rhône), sous le coup de l'émotion de son premier titre de champion de France (5,77 m), à 29 ans. Renaud, l'aîné, a lui versé des larmes de rage, frustré d'avoir échoué à trois reprises à 5,82 m. Le Clermontois avait pourtant réalisé un début de saison tonitruant, en s'envolant au-delà des 6 m (6, 02 m), fin janvier à Tourcoing, une hauteur qu'il n'avait plus connue depuis mars 2016. Ces dernières semaines ont été un peu plus délicates à gérer pour le perchiste de 34 ans, qui n'avait notamment pas réussi à franchir la moindre barre à Val-de-Reuil, le 14 février.

A Miramas, Renaud a franchi 5,66 m, avant de faire l'impasse à 5,72 m puis 5,77 m et d'échouer à trois reprises à 5,82 m, se privant d'un 9e titre de champion de France en salle. « C'est frustrant, peste le champion olympique de 2012. J'aurais dû prendre des perches plus grosses, que je n'ai pas prises depuis cinq ans. C'est la complexité de la perche. Je suis trop en forme pour les perches que j'avais aujourd'hui. » Il est vrai que le Clermontois n'avait pas réalisé un aussi bon début de saison, avec plusieurs concours à plus de 5,90 m. « Le but c'est d'être fort à Torun (les Championnats d'Europe, du 5 au 7 mars) », assure Renaud Lavillenie.

Son petit frère, Valentin, qui avait souvent dû se contenter des médailles d'argent, peut, quant à lui, savourer son premier titre. « C'est un premier titre et je suis très, très heureux. Je suis fier de moi parce que je gagne en répondant à la bagarre. J'ai déconnecté le cerveau et posé les couilles, résume-t-il. C'est un vrai titre, tout le monde était là et j'ai gagné. Point. Je pense que cette victoire peut vraiment débloquer des choses, c'est peut-être l'élément qui me manquait depuis longtemps. » Les deux frères sont coachés par Philippe D'Encausse à Clermont-Ferrand, tout comme la révélation de cet hiver, Ethan Cormont, 20 ans, qui s'est intercalé entre les deux frères sur la deuxième marche du podium (5,72 m).