Athlétisme : Rose Loga, la nouvelle prodige du marteau

A seulement 18 ans, la jeune athlète figure déjà parmi les athlètes françaises les plus prometteuses dans sa spécialité. Elle sera l’une des attractions du Meeting du Val-d’Oise, ce samedi à Eaubonne.

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 Rose Loga, ici en 2018, a lancé son marteau à 71,09 m il y a deux semaines, record de France juniors à la clé.
Rose Loga, ici en 2018, a lancé son marteau à 71,09 m il y a deux semaines, record de France juniors à la clé. Icon Sport/Aleksandar Djorovic

Ne parlez surtout pas d'elle comme d'une des possibles futures stars de l'athlétisme français. Rose Loga est bien trop modeste pour y croire. Ou alors l'athlète de 18 ans cache tout simplement son jeu… La Chartraine, qui s'entraîne à Eaubonne depuis trois ans et demi, sera l'une des attractions du Meeting du Val-d'Oise, ce samedi. Si elle reconnaît avoir du mal à se projeter, cela ne l'a pas empêché de lancer son marteau à 71,09 m il y a deux semaines, record de France juniors à la clé, pas très loin de celui d'Alexandra Tavernier (75, 23 m), la n° 1 française de 27 ans, vice-championne d'Europe en 2018.

« Quelle surprise de battre ce record ! J'en étais capable, mais pas à ce moment-là. J'avais déjà franchi un palier il y a un an aux Championnats de France juniors. Franchement, je ne m'y attendais vraiment pas », commente Loga qui a seulement découvert l'athlétisme à 12 ans.

Plus grande que les autres (elle mesure maintenant 1 m 77), elle est déjà la plus forte dans tous les sports scolaires. Remarquée dès l'âge de 9 ans, elle finit par pratiquer l'athlétisme trois ans plus tard à l'ACLAM, chez elle à Chartres. Dans les catégories de jeunes, on commence par le triathlon, qui combine une course, un saut, et un lancer. Elle choisit le 50 m, le triple bond… et le poids. « Je me débrouillais, surtout en sprint, raconte-t-elle. Un jour, j'essaie le marteau par hasard et je fais 32 m. En soi, c'était plutôt pas mal. » Ce n'est surtout pas très loin du record départemental. Elle s'entraîne pendant l'été et lance à 56 m en octobre. Sa spécialité est trouvée.

«Il y a beaucoup de bienveillance autour de moi»

En septembre 2017, elle rejoint le pôle d'Eaubonne. « Le bon environnement est important pour la performance, assure-t-elle. Mon entraîneur (NDLR : Baptiste Lacourt) s'occupe parfaitement de moi. Les autres athlètes sont plus que des copines et des copains, je les considère plutôt comme ma seconde famille. Il y a beaucoup de bienveillance autour de moi. » Douée physiquement, la médaillée de bronze aux Championnats de France Elite 2020 a dû travailler son mental. Elle se souvient ainsi de son stress démesuré lors de sa première compétition avec le maillot bleu de l'équipe de France : « C'était en Hongrie rappelle-t-elle. J'arrivais avec le 5e record, et je finis 16e ! En rentrant, j'ai commencé des séances de préparation mentale. Mon stress est désormais positif. En ce moment, comme il n'y a quasiment plus de compétition, je le ressens bien. » Comme le froid.

A Eaubonne ce samedi, l'étudiante en 1re année de BTS, future agente immobilière, va en effet devoir lancer en plein air quand le reste du meeting se tiendra en salle : « Ne faites jamais de lancer en hiver ! Je déteste le froid, confie-t-elle Heureusement, il y aura un chauffage extérieur, une grande première. Pour nous, les lanceurs, c'est quand même l'opportunité de faire un vrai concours de niveau national. »

Même si elle marche déjà sur les traces d'Alexandra Tavernier (qu'elle a rencontrée en stage il y a seulement un mois), Rose Loga ne veut pas brûler les étapes : « Je suis junior, et je veux en profiter d'autant qu'on ne sait pas ce qu'il va se passer. On me parle des Jeux de Tokyo. Cet été, il y a les Mondiaux Juniors en août où je peux aller chercher un podium, ce qui ne serait pas le cas au Japon. Je serai incapable de choisir ! Et puis Paris en 2024, c'est très loin, même si je commence à penser que cela peut être envisageable… »