Présidence du CNOSF : au comité olympique, la guerre a déjà commencé

Si tous les candidats ne se sont pas encore fait connaître, des tractations ont déjà lieu entre certains dirigeants afin de préparer, en juin, la succession de Denis Masseglia à la présidence du CNOSF.

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 Denis Masseglia ne peut pas se représenter, mais œuvre depuis quelque temps pour désigner son successeur.
Denis Masseglia ne peut pas se représenter, mais œuvre depuis quelque temps pour désigner son successeur. AFP/François Guillot

Ces derniers mois, plusieurs élections fédérales se déroulent dans une tension extrême. Le Comité national olympique et sportif français pourrait, à son tour, tanguer, secoué par des guerres intestines. Atteint par la limite d'âge, le président sortant Denis Masseglia ne peut pas se représenter, mais œuvre depuis quelque temps pour désigner son successeur. Toutes les tentatives de réunions des présidents de fédérations souhaitant échanger sur le sujet (sans forcément la présence de Masseglia) ont été tuées dans l'œuf.

Le président sortant n'a pas sourcillé lorsque deux premiers candidats — Patrice Martin et Emmanuelle Bonnet-Ouladj — se sont déclarés, l'organisation du CNOSF faisant que les personnes issues des fédérations non olympiques (comme Patrice Martin) ou affinitaires (comme Emmanuelle Bonnet-Ouladj) ont moins de chances de l'emporter. Et il est d'usage que les fédérations olympiques se serrent les coudes. Leur candidat — Michel Vion — était tout désigné. Le patron du ski français avait commencé à rassembler, avant finalement de reculer, il y a un mois. Denis Masseglia a alors enclenché le plan B : Brigitte Henriques, vice-présidente de la fédération de football. « Il a fait du Denis, en décidant tout seul dans son coin », peste un proche.

«Il fait sa tambouille»

L'officialisation du renoncement de Michel Vion dans l'Equipe, lundi, précipite les événements. D'autant que dimanche, un autre candidat fait savoir qu'il pourrait être intéressé : Nicolas Hénard, double champion olympique et actuel président de la Fédération française de voile. Selon nos informations, Denis Masseglia aurait tenté de l'en dissuader. Nouvelle accélération des événements lundi matin avec la candidature de Brigitte Henriques qui fuite. Celle-ci ne confirme rien lors du congrès du CNOSF qui a lieu l'après-midi (elle devrait officialiser ce jeudi lors du CA). La situation s'est tendue, certains commençant à reprocher à Denis Masseglia un manque de concertation et de considération des fédérations non olympiques. « Il fait sa tambouille », souffle un dirigeant.

Les candidats ont jusqu'à la fin avril pour se faire connaître, les élections étant programmées fin juin. Si les quatre candidatures se confirment (l'ex-judoka Thierry Rey qui avait fait part de son intérêt pourrait finalement renoncer), les candidats offriront des profils différents, susceptibles de permettre un véritable échange sur la question du sport, à trois ans des Jeux à Paris. Emmanuelle Bonnet-Ouladj, co présidente de la FSGT, très intégrée dans les quartiers populaires, défend notamment la pratique du sport pour tous. Brigitte Henriques est marquée football féminin, Patrice Martin, multi champion de ski nautique, peut permettre d'ouvrir le sujet de la place des fédérations non olympiques au CNOSF. Nicolas Hénard joue, quant à lui, la carte olympique.

Reste à savoir si le débat aura vraiment lieu. Car visiblement, certains n'en ont pas vraiment envie.