Jeux olympiques : un village des médias conséquent dès 2024

L’idée d’un village des médias, qui faisait débat depuis quelques semaines, a été actée. Selon nos informations, les travaux se feront en deux phases, entre 600 et 700 logements seront disponibles dès 2024.

 Le Bourget aura bien son village des médias, destiné notamment à héberger les journalistes et techniciens durant l’événement.
Le Bourget aura bien son village des médias, destiné notamment à héberger les journalistes et techniciens durant l’événement. Paris 2024 / Luxigon / DPA

L'affaire est donc entendue. Durant les Jeux olympiques de 2024, Le Bourget aura bien son village des médias, destiné notamment à héberger les journalistes et techniciens durant l'événement. L'accord a été évoqué lors du CA du comité d'organisation des JO (Cojo), ce mercredi matin.

Le sujet cristallisait les tensions entre les élus de Seine-Saint-Denis et les organisateurs des JO depuis quelques semaines. Une grande partie sera construite pour 2024, alors que les élus ont obtenu des garanties de l'Etat afin que le reste soit bâti juste après les Jeux. Concrètement, la partie « basse » du village (celle située au pied de la gare de la Tangentielle nord, près du futur site olympique du tir) et la moitié de la partie « haute » (le long de l'aire des Vents) seront prêtes en 2024. Ceci représenterait entre 600 et 700 logements.

Une école, une crèche et un gymnase dès la première phase des travaux

Les détails ne sont pas encore dévoilés. Selon nos informations, tous les équipements publics seront réalisés en phase 1 : une école, une crèche, un gymnase (qui sera financé dans le cadre du plan de relance économique lié à la crise du Covid-19 et non dans le cadre des JO), la requalification de voirie, la passerelle (a priori piétonne, même si certains élus de Dugny aimeraient qu'elle serve aussi aux bus et aux voitures) enjambant l'autoroute A 1 et reliant Dugny et Le Bourget.

La phase 2 des travaux débutera après les Jeux, avec un financement hors maquette JO. Un engagement de l'Etat obtenu après que Michel Cadot, le délégué interministériel aux jeux olympiques (DIJOP), a réuni l'ensemble des acteurs autour de la table il y a quelques jours.

« Le village est sauvé, réagit Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis. J'en avais fait notre ligne rouge à travers deux aspects. D'une part, l'héritage au service des habitants et la fierté de la célébration des Jeux. C'est pour ça que, pour nous, cette idée de village des médias était essentielle. Il était aussi essentiel que la première phase des travaux soit conséquente. Ce à quoi le travail mené avec le DIJOP Michel Cadot a permis d'arriver. » Des dernières réunions pour finaliser le projet auront lieu ces prochains jours.

Le stade aquatique et le volley quittent le 9-3

Afin d'économiser 400 millions d'euros sur son budget (3,8 milliards d'euros), le comité d'organisation (COJO) a entamé une revue de projet, visant à modifier notamment la carte de sites. Deux structures temporaires disparaissant de Seine-Saint-Denis (le stade aquatique pour la natation course transféré à la Défense Arena et le volley), la question du village des médias se posait.

D'autant que les organisateurs n'y étaient plus franchement favorables et proposaient un village réduit à son maximum, soit 300 logements (il y en aura finalement près du double dès 2024). Les élus étaient donc montés au créneau. « Ça fait des années que nous répétons que sur le secteur Dugny–Le Bourget–La Courneuve, il existe un vrai pôle de développement, rappelle Stéphane Troussel. Actuellement, on a un alignement des planètes sur ce secteur avec la rénovation du musée de l'air, l'extension du Parc des expositions, l'arrivée de lignes de métro et du tram à Dugny. Celui-ci ne pouvait pas arriver au milieu de nulle part, un nouveau quartier avait tout son sens à cet endroit. Bien entendu, la dynamique des jeux, c'était l'occasion de faire aboutir cette idée-là. On a mené cette bataille pour cranter les choses, ce n'était pas un caprice d'élus. Il fallait que ce quartier voit le jour de manière conséquente dès 2024, avec des infrastructures afin qu'il ne s'agisse pas d'une cité-dortoir, mais d'un vrai lieu de vie. Ce en dépit de la nécessité de faire un certain nombre d'économies. »

Le rugby arrive au Stade de France

Le dossier du village des médias sera validé lors du conseil d'administration de la société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo, dont le budget est de 3,2 milliards d'euros), prévu le 13 octobre. Le projet d'un site pérenne en Seine-Saint-Denis qui servira durant les JO à l'escalade sera aussi acté.

Sauf nouveau changement, le département accueillera les épreuves de tir (sur le terrain des essences), le water-polo, le plongeon et la natation synchronisée (au futur centre aquatique construit à Saint-Denis), l'athlétisme et le rugby (au stade de France) et l'escalade (a priori au Bourget).

En outre, cette fois en phase héritage, le département récupérera deux bassins de natation (ceux du stade aquatique de La Défense Arena) pour les réimplanter ainsi que, même si les discussions sont toujours en cours, la rampe de skate (l'épreuve olympique se déroulera à la Concorde).