JO de Tokyo : «Une forme de quarantaine» envisagée pour les sportifs non-vaccinés

Denis Masseglia, président du comité national olympique et sportif français (CNOSF), a déclaré que des mesures sanitaires drastiques concerneraient les sportifs non-vaccinés.

 Tokyo, le 24 janvier. Les anneaux olympiques au bord de la rivière Odaiba qui traverse la capitale nippone.
Tokyo, le 24 janvier. Les anneaux olympiques au bord de la rivière Odaiba qui traverse la capitale nippone. AFP/Charly Triballeau

Réuni ce lundi, le congrès du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) devait valider la nouvelle proposition de loi sur le sport qui sera déposée mardi à l'Assemblée nationale. Il a surtout été le lieu d'une déclaration choc de son président Denis Masseglia.

Face à l'émergence de nouveaux variants au Covid-19 et à l'aggravation des situations sanitaires à travers la planète, Masseglia a confié, en visioconférence à son auditoire, que les sportifs participants aux prochains Jeux olympiques de Tokyo qui ne seront pas vaccinés devront composer avec des conditions « extrêmement difficiles ». Il a ajouté qu'ils devraient respecter « une forme de quarantaine, de quinzaine » une fois sur place au Japon et qu'« il faudra faire des tests matin et soir ». Des mesures qui pourraient avoir « un effet dissuasif », selon lui, pour ceux qui refuseraient de se faire vacciner.

A six mois du début de l'événement, prévu du 23 juillet au 8 août 2021 et déjà reporté une première fois au printemps dernier en raison de la crise sanitaire, les annonces de Masseglia, qui s'est entretenu vendredi dernier en visioconférence avec le président du CIO Thomas Bach, interpellent.

Les sportifs devront-ils respecter une quarantaine stricte à l'image de ce que vivent les joueurs de tennis actuellement en Australie pour participer au prochain tournoi du Grand Chelem ?

Contacté lundi soir, Denis Masseglia est revenu sur ses propos. « Je suis allé un peu trop vite, ce n'est pas vraiment ce que j'ai voulu dire, nous a-t-il confiés. Mais la vérité est que les sportifs qui ne seront pas vaccinés devront se soumettre aux mesures sanitaires que les autorités japonaises mettront en place. On ne sait pas aujourd'hui quel sera le contexte cet été mais il faut s'attendre à des Jeux différents. Tout ne reviendra pas à la normale d'ici là. On ne sait pas si les Jeux se feront à huis clos ou avec du public. La priorité est et restera la santé des sportifs et des Japonais. »

« Mon rôle est de convaincre les plus sceptiques… Il faut se faire vacciner »

Il nous confirme que les sportifs qui ne seront pas vaccinés devront « respecter une quarantaine dont la durée n'est pas encore connue mais durant laquelle ils pourront s'entraîner pour ne pas altérer leurs performances ». Ils devront aussi se soumettre à « une batterie de tests, peut-être tous les jours comme les handballeurs actuellement au Championnat du monde (en Egypte) ». En revanche, il confirme que le CIO ne forcera pas les athlètes à passer par la case piqûre.

Pour le président du CNOSF, le vaccin peut apporter une certaine sérénité : « J'ai pris position pour la vaccination, j'espère que tous les athlètes français seront dans cette optique-là. Les sportifs doivent aussi comprendre que le vaccin est bien pour leur entourage, pour la délégation française. Pour nos amis japonais, recevoir des athlètes et des personnes accréditées venues du monde entier exige un peu de précautions. Mon rôle est de convaincre les plus sceptiques. Si on veut être tranquille, il faut se faire vacciner. »

La campagne de vaccination n'a pas commencé au Japon

En France, près d'un million de personnes prioritaires ont été vaccinées, mais le rythme de la vaccination est extrêmement varié dans le monde, certains pays - à l'image du Japon - n'ont même pas commencé leur campagne. Cette question de la vaccination des sportifs soulève également un problème éthique.

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« Pas question que les athlètes soient prioritaires par rapport à d'autres catégories de population mais d'ici les Jeux, on peut penser qu'il y a la possibilité de les faire vacciner sans que cela ne pénalise d'autres personnes », espère Denis Masseglia. En France, la ministre des Sports Roxana Maracineanu avait dit être « en attente » d'une décision claire du mouvement sportif sur la question, « que ce soit des Fédérations internationales ou du CIO ».

La question pourrait être abordée mercredi lors de la commission exécutive du CIO… qui encourage officiellement la vaccination des sportifs.