JO de Tokyo : le patron du Comité d’organisation va démissionner après des propos sexistes

Yoshiro Mori a déclaré que les femmes avaient du mal à parler de façon concise, ce qui a provoqué un scandale au Japon comme à l’étranger.

 Agé de 83 ans, Yoshiro Mori devrait présenter sa démission le 12 février.
Agé de 83 ans, Yoshiro Mori devrait présenter sa démission le 12 février. AFP/Kim Kyung-Hoon

Le boss des JO au Japon l'été prochain va quitter son poste. Le président du comité d'organisation des Jeux olympiques de Tokyo 2020, Yoshiro Mori, s'apprête à démissionner après le tollé provoqué au Japon comme à l'étranger par ses propos sexistes tenus la semaine dernière, ont rapporté ce jeudi des médias japonais.

Plusieurs grands médias nippons, citant des sources proches du dossier, ont affirmé que Yoshiro Mori, 83 ans, avait informé des responsables de sa volonté de démissionner et de l'annoncer lors d'une réunion des organisateurs de Tokyo 2020 vendredi. Le service de presse des JO n'était pas disponible dans l'immédiat pour commenter ces informations.

Yoshiro Mori, un ancien Premier ministre japonais connu pour ses dérapages verbaux, a déclaré la semaine dernière que les femmes ont des difficultés à parler de manière concise, ce qui est « embêtant ». Il s'était excusé maladroitement le lendemain, tout en excluant initialement de démissionner.

Critiqué par des sponsors

Une avalanche de critiques avait suivi. Même des sponsors des JO, habituellement discrets, sont montés au créneau ces derniers jours, comme le géant automobile Toyota, affirmant eux aussi que les remarques de M. Mori étaient contraires à l'esprit olympique et aux valeurs qu'ils soutiennent.

Dans un premier temps, après les excuses de M. Mori, le Comité international olympique (CIO) avait jugé l'affaire close. Puis, il a estimé mardi que ses propos étaient « complètement inappropriés », alors que les réactions étaient de plus en plus vives.

Ce scandale est une nouvelle épine dans le pied des organisateurs de Tokyo-2020, qui peinaient déjà à raviver l'enthousiasme pour les Jeux (23 juillet-8 août 2021), reportés l'an dernier à cause de la pandémie, alors que le contexte sanitaire mondial demeure préoccupant.

Des athlètes comme la star japonaise du tennis féminin Naomi Osaka, des volontaires des JO, des élus de l'opposition parlementaire au Japon ou encore des membres du personnel d'ambassades à Tokyo ont tous protesté de diverses manières ces derniers jours après l'affaire Mori. La maire de Tokyo, Yuriko Koike, a aussi accentué la pression mercredi en annonçant qu'elle comptait ne pas assister à une réunion de toutes les parties prenantes des JO prévue plus tard ce mois-ci.

Une pétition en ligne pour dénoncer ses propos

Lancée il y a une semaine, une pétition en ligne invitant les responsables des JO à ne pas rester les bras croisés dépassait ce jeudi les 146 000 signatures. Les organisateurs de Tokyo 2020 ont prévu de se réunir vendredi pour « exprimer leurs avis sur les remarques de M. Mori » et discuter de leurs « futures initiatives » en matière d'égalité des sexes, selon un communiqué publié mercredi.

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Selon les chaînes de télévision japonaises TBS et NTV, l'ancien joueur de football Saburo Kawabuchi, 84 ans, pourrait être nommé à la place de M. Mori. M. Kawabuchi a joué un rôle clé dans les années 1990 pour développer le football professionnel et populariser ce sport au Japon. Il occupe par ailleurs actuellement la fonction symbolique de maire du Village olympique de Tokyo-2020.