Bobsleigh : les «sœurs jumelles» Margot Boch et Carla Sénéchal se prennent aux Jeux

Margot Boch, 21 ans, et Carla Sénéchal, 24 ans, qui disputent les Mondiaux ce week-end en Allemagne, veulent devenir le premier équipage féminin français à se qualifier pour les JO, l’année prochaine à Pékin…

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 La Plagne, le 30 décembre 2020. La pilote Margot Boch (à gauche) et sa coéquipière Carla Sénéchal (à droite) à l’entraînement pour les Championnats du monde de bobsleigh. Le duo s’est rencontré il y a deux ans et demi à peine.
La Plagne, le 30 décembre 2020. La pilote Margot Boch (à gauche) et sa coéquipière Carla Sénéchal (à droite) à l’entraînement pour les Championnats du monde de bobsleigh. Le duo s’est rencontré il y a deux ans et demi à peine. AFP/Philippe Desmazes

Certains les surnomment « Twin Sisters » (sœurs jumelles). Leurs coachs, eux, les ont baptisées les « couettes, couettes », un clin d'œil à leurs préférences capillaires. D'ailleurs, les louanges commencent à se tresser autour de Margot Boch, 21 ans, et Carla Sénéchal, 24 ans, qui disputent ce week-end les Mondiaux en Allemagne et incarnent la nouvelle vague du bobsleigh français.

Le duo, qui s'est rencontré il y a deux ans et demi à peine, rêve de devenir le premier équipage féminin tricolore à se qualifier pour des Jeux olympiques, l'année prochaine à Pékin. De drôles de (jeunes) dames. La première est fille de bobeur, petite-fille de bobeur et en avait assez de descendre en solo sur sa luge. « C'est quand même une histoire de famille, sourit Margot. Quand j'ai essayé, c'est venu tout seul… »

La seconde se fatiguait du carcan du tartan. « Après 16 ans d'athlétisme, j'en avais un peu marre, je me suis beaucoup blessée et je ne progressais plus vraiment, confie Carla. Je n'ai jamais dit à personne que je voulais faire du bobsleigh mais un entraîneur d'athlé m'a recommandé à Margot comme pousseuse. Elle m'a contactée sur Facebook. Et voilà ! C'était un nouveau souffle. »

Plutôt un vent de fraîcheur sur une discipline confidentielle dont les derniers exploits remontent à l'inattendue médaille de bronze du bob à quatre masculin aux JO de Nagano (1998). « Au départ, on voulait juste avancer dans notre projet sans forcément regarder derrière nous, explique Margot, étudiante en commerce. On ne se voit pas comme des pionnières. Mais les gens autour n'arrêtent pas de nous dire qu'on peut marquer l'histoire. »

«On ne gagne pas notre vie, mais on a foncé tête baissée»

Depuis l'enfance, les deux Savoyardes sont attirées par les anneaux. « En 2004, lors des JO d'Athènes, j'étais en brassière et culotte devant le miroir de la chambre de mes parents et je voulais courir comme les sprinteuses », se marre Carla. La Chambérienne se voyait Christine Arron puis Allyson Félix quand sa copine de La Plagne, ancienne gymnaste, s'imaginait en Nadia Comaneci, voire Emilie Le Pennec (or aux barres asymétriques en 2004), au gré des vidéos dévorées sur le Net. Les songes d'été sont devenus faits d'hiver.

« Nos débuts ont été difficiles, raconte Carla. On a dû se débrouiller toutes les deux pour payer notre première année. La fédé nous a demandé de faire nos preuves, puis ils nous ont suivies dans notre projet (NDLR : notamment avec une 14e place pour leurs débuts sur le circuit européen). Ensuite, on a eu des partenaires. On ne gagne pas notre vie, mais on a foncé tête baissée ! »

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Les parents de Margot ont financé l'achat d'un bobsleigh et de patins performants. Soit plus de 50 000 euros l'engin de 200 kg. « Le matériel et les réglages, c'est l'une des conditions pour réussir à avoir des médailles, glisse Carla. Après, il faut que Margot trouve les meilleures lignes et qu'on soit efficaces à la poussée. Malgré son âge, Margot se débrouille vraiment très bien (NDLR : elle vient d'être sacrée championne du monde U 23). C'est la poussée qui pêche un peu mais on est vraiment très jeunes dans ce sport. La plupart des filles ont entre 28 et 32 ans. Il faut répéter, acquérir de l'expérience. »

Schwarzenegger comme source d'inspiration…

Les « sœurs jumelles » sont à bonne école. Leurs entraîneurs Bruno Mingeon et Max Robert faisaient partie du quatuor « bronzé » à Nagano. Sans compter un atout de poids nommé… Arnold Schwarzenegger! L'ex-Mr Olympia inspire en effet l'une des demoiselles en quête d'Olympe.

« OK, je suis une fan, s'esclaffe Carla, qui doit travailler sa force. Je suis admirative de ce qu'il a fait en musculation et culturisme. » Pour rallier la Chine en 2022, la paire tricolore compte sur sa complicité au quotidien et sa capacité d'entraide. « Carla est très persévérante, lance Margot. Mais alors, elle est râleuse ! » La réplique est instantanée. « Margot est déterminée… mais têtue », lâche sa camarade d'enjeu. Bref, aucune des deux ne termine à tort…

En tout cas, la pétillante relève a les idées claires. « Dans l'immédiat, nous visons au moins un top 12 pour nos premiers Mondiaux en prenant le maximum d'informations car ce sera le même format qu'aux Jeux (NDLR : quatre descentes au lieu de deux comme elles en ont l'habitude) », analyse Margot. « On va aussi essayer de se faire plaisir car c'est comme ça qu'on fonctionne, ajoute Carla. Tout en ayant Pékin à l'esprit. C'est important de visualiser son objectif et se projeter pour arriver plus facilement à l'atteindre… »