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Voici les plus belles photos d’animaux de l’année

Les prix de la 56e édition du Wildlife Photographer Of The Year, le plus prestigieux concours de photographie de nature au monde, seront annoncés ce mercredi.

 «L’Etreinte» est la grande gagnante du 56e prix Wildlife, organisé par le Natural History Museum de Londres.
«L’Etreinte» est la grande gagnante du 56e prix Wildlife, organisé par le Natural History Museum de Londres. Sergey Gorshkov/Wildlife Photographer of the Year 2020

Les résultats de la 56e édition du Wildlife Photographer Of The Year, le plus prestigieux concours de photographie de nature au monde, seront annoncés ce mercredi matin. Voici en avant-première le lauréat et nos trois coups de cœur.

Sensuelle tigresse

Du pur plaisir. Cette tigresse qui frotte sa joue contre l'écorce d'un sapin de Mandchourie est désormais une star. Sa photo, titrée « l'Etreinte » que nous vous présentons en exclusivité, est la grande gagnante, du 56e prix Wildlife, organisé par le Natural History Museum de Londres. Le cliché, signé du Russe Sergey Gorshkov, est le fruit d'une sacrée dose de patience, comme souvent dans l'art de la photo animalière. Sergey Groshkov a installé un piège photo en janvier 2019 face à ce grand sapin. Après avoir écumé la forêt pour y dénicher des traces, il espérait qu'un tigre de Sibérie s'y colle pour y laisser le marquage de ses glandes odorantes. Problème, dans le parc national du Léopard, dans l'extrême-est de la Russie, les proies sont rares et les territoires de chasse immenses pour les quelque 500 à 600 félins qui y vivent. Ce n'est donc pas avant le mois de novembre suivant qu'il a pu réaliser le portrait de cette étreinte magnifique en pleine nature.

Les guêpes normandes

«Le Conte des deux guêpes» (à gauche : la guêpe ammophile des sables, à droite, la guêpe coucou). /Frank Deschandol/Wildlife Photographer of the Year 2020
«Le Conte des deux guêpes» (à gauche : la guêpe ammophile des sables, à droite, la guêpe coucou). /Frank Deschandol/Wildlife Photographer of the Year 2020  

Rien à voir avec la tigresse de Sibérie qui dégage tant de puissance. Le Français Frank Deschandol, lauréat dans la catégorie « Comportement : invertébrés » a, lui, capturé plein cadre des spécimens bien plus petits, deux espèces différentes de guêpes. Une guêpe coucou et une ammophile des sables. Cette dernière pond des œufs qu'elle ravitaille en chenilles tandis que la première, en véritable parasite, n'a qu'une idée en tête : s'incruster dans son terrier pour y pondre à son tour. Ses propres larves ont alors un festin tout trouvé avec la progéniture de l'ammophile. C'est près de sa maison en Normandie, dans une friche industrielle, que Frank Deschandol a repéré ses deux modèles alors qu'elles étaient sur le chemin de leur nid… commun pour le plus grand malheur de l'ammophile.

Cherchez l'erreur

«Show business». /Kirsten Luce/Wildlife Photographer of the Year 2020
«Show business». /Kirsten Luce/Wildlife Photographer of the Year 2020  

Alors que toutes les photos sélectionnées nous plongent en pleine nature, celle-ci se pose d'emblée comme une intruse. Un ours polaire au pelage blanc immaculé fait le beau face à une dresseuse en costume de patineuse. La main levée, elle lui fait faire un numéro. Pour prévenir tout danger, l'animal sauvage a la gueule muselée par du grillage. Une image « choquante », peut-on lire dans le commentaire du Wildlife. Primée dans la catégorie « photojournaliste de nature », elle est réalisée par l'Américaine Kirsten Luce dans un cirque russe qui s'est arrêté à Kazan, dans le Tartarstan (Russie). On apprend qu'il s'agit en fait d'une ourse sauvage capturée à l'âge de 2 ans, toujours au travail 18 ans plus tard quand ce cliché a été pris. La photo fait écho à l'actualité française alors que le gouvernement vient d'annoncer la fin de l'exploitation des animaux sauvages dans les cirques ambulants.

Un nez, un cap, une péninsule

«Méditation»./Mogens Trolle/Wildlife Photographer of the Year 2020
«Méditation»./Mogens Trolle/Wildlife Photographer of the Year 2020  

Mogens Tolle photographie les primates depuis cinq ans. Ce Danois est récompensé pour son portrait incroyable de nasique réalisé à Bornéo. Les paupières – bleues — closes, le jeune mâle à la fourrure auburn semble en pleine méditation, indifférent à son long nez. Cet appendice, qui aurait fait passer Cyrano de Bergerac pour un petit joueur, est sa marque de fabrique. Et quoi de mieux qu'une pose de profil pour le mettre en valeur ? Pourquoi est-il si long et le deviendra d'ailleurs encore plus en vieillissant au point de pendouiller ? L'appendice sert notamment d'ampli quand son propriétaire crie, ce qui est loin d'être son cas au moment du déclenchement. Les nasiques sont si paisibles, voire apathiques qu'ils sont facilement chassés. L'espèce est donc menacée, comme beaucoup de celles qui sont immortalisées par les photographes du Wildlife.

La tigresse et les 99 autres plus belles photos présentées cette année au concours sont à retrouver dans le livre « Wildlife Photographer of the year », disponible dès ce mercredi (Ed. Biotope, 34 euros)