Violences conjugales : la ligne 3919 accessible 24H/24 «d’ici juin»

Cet élargissement doit notamment bénéficier aux femmes vivant dans les départements et territoires d’outre-mer (actuellement gênées par le décalage horaire avec la métropole).

Le marché public pour désigner l’opérateur de la ligne d’écoute 3919 pour les femmes victimes de violences conjugales est annulé.
Le marché public pour désigner l’opérateur de la ligne d’écoute 3919 pour les femmes victimes de violences conjugales est annulé. Patrick ALLARD/REA

Les horaires de la ligne d’écoute 3919 pour les femmes victimes de violences conjugales seront élargis « d’ici juin » pour passer à une ouverture 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. L’annonce a été faite ce samedi sur Franceinfo par la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno.

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Cet élargissement, qui doit notamment bénéficier aux femmes vivant dans les départements et territoires d’outre-mer (actuellement gênées par le décalage horaire avec la métropole), avait été annoncé au moment du Grenelle contre les violences conjugales, fin 2019. La ligne doit également devenir accessible aux personnes sourdes ou ayant des troubles du langage.

Pour mener à bien cette réforme, le gouvernement avait expliqué qu’il allait « nationaliser » le 3919, et en conséquence avait lancé fin 2020 un appel d’offres pour sélectionner l’opérateur devant le gérer à l’avenir.

La protestation de la Fédération nationale Solidarité femmes (FNSF)

Cette procédure avait été vivement critiquée par des associations de défense des femmes, et notamment par la Fédération nationale Solidarité femmes (FNSF), qui a créé et gère le 3919 depuis 1992 et craignait d’en être évincée. Devant l’ampleur de la polémique, le gouvernement a finalement annoncé le 25 janvier qu’il consentait à « interrompre » l’appel d’offres. Le cabinet d’Elisabeth Moreno avait alors expliqué qu’il allait « étudier […] toutes les options sur la manière de continuer à faire vivre et à améliorer le 3919 ».

« On pense que l’extension du 3919 peut fonctionner avec une subvention, car c’est une mission d’intérêt général, dans le cadre d’une convention pluriannuelle d’objectifs (CPO) comme c’est le cas actuellement », assurait en novembre dans nos colonnes la directrice générale de la FNSF. Elle dénonçait l’approche « mercantile » du gouvernement, donnant la priorité selon elle à la quantité des appels traités plutôt qu’à la qualité de l’écoute des femmes en détresse.